Laurence Anyways [Xavier Dolan]

Par le Bison le 29 septembre 2015

Laurence Alia, Fred Belair, un jeune couple insouciant dans le Québec des années 80. Lui, professeur de lettres universitaires, aspirant à être poète-écrivain, elle réalisatrice. Une existence déjantée et libre, entre pétards et verres de vin. Un soir, dans une voiture, la pluie, la fumée d’un joint et cette révélation. Tous les cris les S.O.S. Un besoin, le courage de le dire. Laurence s’est toujours senti femme (oui, avant il faut que je te dise qu’au Québec, Laurence est un prénom masculin) au fond de lui. Courage de le dire, courage d’aller de l’avant. Le lendemain, il s’habille en femme. D’abord, un peu de maquillage, puis les tailleurs cintrés. Subir le regard des autres, sentir le mépris sur son épaule ou la curiosité comme un objet de foire, un freak échappé du cirque ambulant.

Le film s’étire en longueur, pari risqué qui m’émerveille sur presque trois heures à suivre l’histoire de ce couple hors norme qui voudrait juste être commun. Coup de gueule, coup d’amour, coup de blues. Le droit à la différence, à vivre normalement selon son propre ressenti en faisant fi du regard des autres. D’une puissance visuelle et musicale surprenante, totalement kiffant. On aime ou on s’emmerde, moi je prends mon pied à entendre le langage puritain de Suzanne Clément en version originale. Tabarnak, j’avais déjà vu ce film à sa sortie en 2012. J’avais pris une claque. Je viens de le revoir. Je viens de me prendre une seconde de putain de claque. Ça fait mal. C’est une révolte, sir. Non c’est une révolution. Mais ça fait sacrément mal, hostie de câlice !

Notre société actuelle n’a guère de place pour les marginaux, ces êtres différents ! Elle se donne bonne conscience oui, parfois, mais elle rejette le plus souvent ce qui ne rentre pas dans la normalité ! La NOR MA LI TE au nom de qui de quoi ? J’aurai été certainement le premier à regarder mon prof, un sourire aux lèvres, dans ce couloir de lycée. Certes, mais les temps changent. Sans rien connaitre de sa vie, de sa souffrance, petit esprit que j’étais ! Car est-il réellement marginal ? Il se sent même pas différent, il est juste une femme enfermée dans un corps d’homme. Pas de quoi en faire un être anormal. Tu rentres dans le rang ou tu crèves. Et si les temps changeaient réellement et qu’une autre alternative soit possible – mes cinq minutes d’utopisme. Maintenant, j’applaudis – posant même ma pinte du Yukon pour ne pas la renverser – pour saluer le courage de cette homme ou cet femme, comment dois-je l’appeler. Simplement Laurence, non ?

Melvil Poupaud, formidable.Un grand rôle.

Nathalie Baye, dans une apparition presque trop secondaire et…

SUZANNE CLÉMENT !

Putain, je rêverais d’emmener Suzanne Clément sur l’Ile au Noir. Qu’elle me fasse visiter ces parcelles de neige et de glace en jurant à tout vent des putains de tabarnak d’hostie de câlice tel un bachibouzouk de capitaine Haddock hurlant aux baleines son manque de bières du Yukon. Elle a l’air d’avoir un putain de sacré de caractère et elle me plait bien comme ça, chiante et aimante, chiante et bandante. Tabarnak d’ostie de crisse de câlice, quelle putain de nana cette brune. A en tomber éperdument amoureux, foi de Yukon.

« Laurence Anyways » [2012], pour que tu m’aimes encore.

Un Dolan sans Céline Dion n’est plus tout à fait un Dolan…

9 commentaires
  1. 30 septembre 2015 , 1 h 44 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Crisse de câlisse d’hostie d’sacrament, quel Tabarnak d’excellent film!!! Qu’est-ce que je l’aime ce Dolan!

    Il a le don de nous secouer les tripes! Ben oui, c’est quoi la normalité? Ça veut dire quoi être marginal? Par rapport à qui, par rapport à quoi? Il emmerde les préjugés et le mépris pour valoriser le courage et le droit à la différence. Il pointe du doigt ce tabarnak de voyeurisme dont l’humain s’abreuve Et avant tout il démontre que rien n’altère l’amour.

    Melvil Poupaud est extraordinaire et Suzanne Clément d-é-l-i-c-i-e-u-s-e!!! Et oh tabarnak, cette scène dans le resto, DIVINE, un putain de sacré de caractère comme tu dis, on en redemande, elle est juste parfaitement diabolique!

    Viens là Dolan que j’t’embrasse les pieds, t’es un génie!…

    • 30 septembre 2015 , 8 h 47 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Extraordinaire film de Dolan – une fois de plus – qui plus que nous les secoue nous les remue ces tabarnak de tripes. Quel réalisateur courageux, quel fabuleux conteur… Et Suzanne Clément d-i-v-i-n-e. Une putain de nana.

  2. 30 septembre 2015 , 20 h 47 min - manU prend la parole ( permalien )

    Quel film ! Quelles performances d’acteurs !

    Et Suzanne Clément ! Ah, Suzanne Clément ! Que je l’aime dans ce film ! Elle est formidable, belle, talentueuse… Je suis en amour « là » !

    Et la scène du resto ! Mémorable ! Jubilatoire ! :D

    J’adoooooooooooooooooooooooooooooore ! ;)

    • 30 septembre 2015 , 20 h 54 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      « Là »!!!!!!!!!! Ptdrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr

    • 30 septembre 2015 , 22 h 41 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Hey, moi je suis « là » aussi !

  3. 30 septembre 2015 , 21 h 15 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Second film de Dolan que je regarde et je suis restée scotchée sur mon canapé durant 3 heures.
    La scène du resto jubilatoire OUI mais dramatique AUSSI. j’ai pleuré comme c’est pas permis de toute cette vérité dans ses cris, ses mots.

    Autre scène que j’ai adoré : 1er jour où il arrive « en femme » dans sa classe, tous ses élèves le regardent surpris … Le Silence…….. Moi j’attends devant mon écran télé, que va t’il se passer ? quand une une élève lève le doigt et prend la parole … Tabarnak ce moment est GRANDIOSE !

    Une claque ce film, un grand moment et ce Dolan, si jeune, Joder un Génie !

    Moi Laurence, CET femme, CETTE homme, je l’aime d’amour, et tant pis pour les coups de poing dans la gueule et les coup de couteau dans le dos…

    AIMER, c’est être au delà des préjugés… C’est garder sa ligne de mire même si tout le monde te tourne le dos.

    J’ai adoré ce film poignant et j’adore ton billet. Tu as raison Suzanne Clément que je découvre pour la première fois, une sacré paire de couille cet Nana … elle a du chien bordel !!!

    Et puis dernière chose et je laisse la place ;-) :

    Fade to Grey de Visage… nostalgie quand tu nous tiens ! Au lycée j’avais fait une chorégraphie pour le cours de danse et c’est cette chanson que j’avais choisi. :D

    J’ai recherché ton coeuuuuurrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr,
    Si tu l’empoooooooortes ailleuuuuurrrrrrrrrrrrrrsssssssssssssssssss

    :D

    • 30 septembre 2015 , 22 h 45 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      je suis restée scotchée sur mon canapé durant 3 heures.

      Glace vanille sirop d’érable ?

      une sacré paire de couille cet Nana…

      Quel talent, tu as !
      Mais c’est vrai qu’elle a du chien dans ce film.

      nostalgie quand tu nous tiens !

      Dis, tu peux nous refaire la chorégraphie de Fade to Grey et nous l’a posté sur youtube ?

      J’ai recherché ton coeuuuuurrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr,
      Si tu l’empoooooooortes ailleuuuuurrrrrrrrrrrrrrsssssssssssssssssss

      Céline sort de ce corps !!

  4. 1 octobre 2015 , 21 h 46 min - princecranoir prend la parole ( permalien )

    Bon bah j’vous laisse entre fans de cette tête à claques de Dolan (pis m’casse les gosses c’t'homme-là t’sais), moi je préfère la « nouvelle amie » d’Ozon.

    • 1 octobre 2015 , 21 h 57 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je ne demande qu’à voir la nouvelle amie d’Ozon. J’aime bien l’ouzo et l’ozon. Beaucoup même, dans ses premiers films (et même ses derniers, à part Ricky). Mais Dolan a un truc en plus, peut-être l’accent québécois.

Ajouter un commentaire

PS: XHTML est autorisé. Votre adresse mail ne sera jamais publié.

S’abonner aux commentaires par le flux RSS