Famous Melodies [Joachim Kühn]

Par le Bison le 27 septembre 2015

Catégorie : 4 étoiles, Jazz & Silence

La dernière fois que j’avais embarqué avec ce teuton légèrement barré musicalement, c’était avec son compatriote Michael Wollny pour des envolées lyriques de haut vol. Solo. Un piano lui suffit. 11 histoires d’amour et de fluides qui m’entraînent dans un enchantement béat. En solo, moi aussi. Seul face à ma choppe de Paulaner, oubliant le mur de Berlin, l’agression de Battiston ou la chevauchée des Walkyries. Une Paulaner rend amnésique. Alors que le piano rend extatique.

Un moment de douceur, une chevauchée à travers la Bavière transformée en l’occasion par de hautes plaines poussières, quelques cavalcades, folle fougue au lyrisme romantique – effet Lili Marleen. La musique s’étend, je m’étends, et laisse planer ses doutes et ses mystères au-delà des nuages sans frontières. Elle est loin de l’image du fou furieux que je me faisais, de cet être à la crinière en bataille fouettant les touches de son clavier, dans un esprit si libéré à en casser les murs dressés contre le cloisonnement politique des hommes. J’y trouve de l’amour, de la douceur, une caresse musicale à t’hérisser le poil, noir ou gris d’ailleurs, peu importe la couleur, face à une musique si chaude que le climat en devient humide surtout par les nombreuses caresses prodiguées par des mains expertes et une certaine gymnastique de doigts, majeur compris.

Et quelques notes de piano suffisent à habiller l’ambiance d’une lumière tamisée, la flamme de la bougie vacille au souffle de l’onde et de ma respiration contenue par l’émotion de ces caresses divines, laisse tomber la cristalline, prends une bibine, je peux t’appeler Lili, tu te déshabilles, les nuits sans Joachim, j’inspire ce bonheur fugace de cette nuit, une mélopée sous les étoiles, Aubade qui s’effeuille langoureusement… la fin du concerto, de ces deux corps enivrés, pris entre la passion des notes, des fluides et de la Paulaner, respire le bonheur.

impossible de trouver un extrait de cet album, Lili Marleen ou Barbara Song…

alors, il ne me reste que la Paulaner à te jouer…


« Famous Melodies »[1996], ich liebe dich, Lili Marleen

7 commentaires
  1. 28 septembre 2015 , 14 h 07 min - phil prend la parole ( permalien )

    Paulaner hummmm
    L’agression de Battiston ! Hé bé ! faut remonter là !!
    C’est pas la belle Hélène au piano, mais il captive aussi !

    • 28 septembre 2015 , 14 h 27 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Un pouvoir moins sensuel, moins érotisant que celui qu’exerce la belle Hélène sur mon esprit – ou mon âme. Mais bon, avec une Paulaner… ou deux…

  2. 28 septembre 2015 , 14 h 37 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Je ne connaissais pas ce Kühn… et voilà un Free que j’aime, disons abordable à mes pauvres oreilles incultes, d’ailleurs très proche de Keith, ne trouves tu pas ?

    J’aime jusqu’à la dernière note ultime.

    Merci Bibi :D

    Une Paulaner 50 cl !!!!! Mazette ! ;-)

    • 28 septembre 2015 , 15 h 08 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      50 cl c’est ce qu’il faut pour commencer à apprécier le piano free de Joachim qui est nettement plus déluré que Keith sur l’ensemble de sa carrière. Trop poli, le Keith.

  3. 28 septembre 2015 , 23 h 30 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Quelle magnifique pièce musicale, ce Kühn semble habité d’une vraie passion! Après, je remarque que s’il n’y a pas le doigté sensuel de la belle Hélène pour érotiser ton âme, il y a quand même une « gymnastique de doigts » non négligeable, majeur compris, pour titiller ton esprit. Tout ça dans une « musique chaude et un climat humide ». De toute évidence une « musique de chambre »…………

    • 29 septembre 2015 , 9 h 51 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      C’est du bon ce Kühn. Parfois un peu trop fou dans sa tête, mais c’est ce qui a de bon dans la musique, cette folie douce qui empare les musiciens. Les doigts sont le prolongement de l’âme et se libère de toutes les contraintes de l’esprit. Libérés, délivrés, ils virevoltent sur les touches noires et blanches comme les miens qui danseraient sous les jupes des filles.

    • 29 septembre 2015 , 12 h 22 min - phil prend la parole ( permalien )

      sacré toi !
      Tu ne manques pas de doigté !

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