Le Restaurant de l’Amour Retrouvé [Ito Ogawa]

Par le Bison le 31 août 2015

Catégorie : 4 étoiles, Asie

Suite à une rupture amoureuse, Rinco perd en plus de son petit copain indien l’usage de la parole. Les mots ne sortent plus, les sons non plus. Silence, seul le bruit du tofu s’élevant de la marmite bouillonnante se fit entendre.

Piteuse, un sentiment d’échec, elle retourne dans son village natal, sans un sou, auprès d’une mère qui l’a souvent ignorée au cours de ces années d’enfance vécues ensemble. Il ne lui reste que cette jarre contenant la saumure de sa grand-mère, jetez un petit navet nouveau dedans et quelques jours après il fondra tout seul dans votre bouche, ses saveurs explosant votre palais.

« A l’exception de mon amoureux, il m’est impossible de regarder en face quelqu’un manger un plat préparé par mes soins. Pour moi, cet acte est encore plus tétanisant que de me faire longuement examiné à la loupe l’intérieur du sexe ou la pointe des seins. »

Un roman à la japonaise, tout en pudeur et en altruisme, dont celle de cuisiner pour les autres avec juste une touche d’amour pour pimenter et relever n’importe quel plat. Je ne te raconte pas ce premier curry que la petite a mijoté. Toutes mes papilles étaient en éveil. Des odeurs divines s’échappaient de chaque page tournée. Un roman qui vaut un aussi bon repas dans une petite auberge de campagne, l’addition pourra bien attendre, je fais ma digestion en regardant le clair de lune. Prendre son temps à la dégustation de chaque bouchée, entre chaque plat, c’est comme vivre des moments intenses de vie et de bonheur.

L’histoire est réduite à sa simplicité extrême comme un bouillon que l’on réduit également pour en faire ressortir une multitude de saveurs. Chaque plat concocté, mijoté ou rôti est un assemblage divin de parfums qui transporte le corps et l’âme entre ces deux montagnes, deux mamelles enneigées où se déverse un nuage de lait empli de bonheur et de passion. Sensualité, sexualité même, là-bas, on mange pour se souvenir, pour se trouver ou même se retrouver, pour câliner ou pour mettre la main dans la culotte de la fille d’à-côté, celle qui te fait fantasmer depuis la plus tendre des enfances lorsqu’elle te suçote goulûment les doigts. Il faut bien que je rajoute une poudre d’épices romantiques dans le bouillon, une pincée de sel aphrodisiaque et quelques gouttes de jus du bonheur dans la marmite. Surtout dans un roman où les sentiments sont si beaux et si purs, et son écriture presque trop féminine.

« L’amour n’a pas besoin d’artifices, alors j’ai simplement ajouté une pincée de sel. »

Le mot de la faim reviendra donc à Chris qui  se nourrit d’une pincée de sincérité, un zeste de passion, une bonne dose d’amour et de désir pour un livre qui se savoure et vous laisse une douce et délicate saveur sur le palais !

« Le Restaurant de l’Amour Retrouvé », le shabu-shabu de l’amour.

Participation 8. Adalana et son challenge

Écrivains japonais d’hier et d’aujourd’hui.

18 commentaires
  1. 1 septembre 2015 , 0 h 38 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Incroyable! On aurait voulu poster ce billet le même jour et presqu’à la même heure qu’on n’y serait pas arrivés! :D
    Ce roman est une petite merveille, on s’y sent tellement bien, il coule aussi onctueusement qu’un coulis de chocolat fondant et on en redemande. Une écriture, comme tu dis, tellement féminine, douce, pleine d’amour…
    Merci encore ma belle Cristina pour cette délicate saveur sur le palais <3

    • 1 septembre 2015 , 8 h 36 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Incroyablement tabarnakois même !

      Un coulis de chocolat fondant ? Tabarnak, j’aurais pensé plutôt à du sirop d’érable…

    • 1 septembre 2015 , 9 h 57 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      Mais de rien ma Blonde tout le plaisir était pour moi !

      Euh ….. Blonde c’est pour Nad hein ! Va pas tirer des plans sur la comète pour cher Bison ;-)

      Je me ferai bien un S’more au chocolat noir dégoulinant et ses marshmallows somptueux d’onctuosité :D

    • 1 septembre 2015 , 13 h 00 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      désolé madame,
      mais moi faut que je fasse attention à ma ligne !

      et arretez de vous donner du plaisir entre blondes, ça m’excite !

    • 2 septembre 2015 , 3 h 50 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      Plus de sirop, l’érablière est à sec… Tu t’imagines toi manquer de bière? Ben voilà, c’est le désastre…
      Alors je reporte ma soif de sucreries dans le chocolat fondant…

    • 2 septembre 2015 , 3 h 54 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      Tabarnak!!! Un S’more au chocolat noir dégoulinant. Orgiaque!!! Avec pleins de marshmallows collants! Hummmmmmmmm!!!!
      Cuit sur un feu de bois à la belle étoile, on ne s’en remet pas! :D

    • 2 septembre 2015 , 9 h 44 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      J’ai ni feu de bois, ni belle étoile. Mes S’more doivent en perdre en saveur…

  2. 1 septembre 2015 , 10 h 02 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    « Prendre son temps à la dégustation de chaque bouchée, entre chaque plat, c’est comme vivre des moments intenses de vie et de bonheur. »

    Cette phrase me tue… parce que c’est exactement ça ! Un repas cuisiné avec Amour c’est vivre un moment intense de vie de bonheur et de partage.
    Merci pour cet hommage rendu à ce livre… Ça me rend heureuse pour la journée…

    Vivre d’amour et d’eau fraîche, j’en suis la preuve incarnée … lolll ;-)

    • 1 septembre 2015 , 10 h 04 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      PS : Chapeau pour le bouchon … je m’incline… j’adore :D

    • 1 septembre 2015 , 13 h 01 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      La photographie de bière est tout un ART. Il y a des années d’expériences derrière moi sur ce thème d’une richesse jamais tarie.

  3. 1 septembre 2015 , 11 h 54 min - Belette2911 prend la parole ( permalien )

    Hahahaha, j’adore la capsule de Duvel posée dans la rose que tient la petite main !! :D

    Pour le reste, je ne suis pas fan de la Duvel et je n’ai jamais lu de roman japonais… les mangas, ça compte ou pas ?? :lol:

    • 1 septembre 2015 , 13 h 16 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      j’adore la capsule de Duvel posée dans la rose que tient la petite main !

      Je revendique ma qualité d’artiste de photographie de bières. Par conséquent, tu peux t’incliner aussi…

      je ne suis pas fan de la Duvel et je n’ai jamais lu de roman japonais

      Comment est-ce possible ? Je parle de ta non-fanattitude envers la Duvel… Je ne me considère pas non plus dans la catégorie fan. D’ailleurs le meilleur dans la Duvel dans son verre Duvel, c’est bien la qualité de la mousse si blanche et si pétillante. Et je te l’accorde, de fait, ce n’est plus la bière qui interpelle maais sa mousse. C’est pour cette raison, que la Duvel ne doit se boire que DANS un verre Duvel !

  4. 3 septembre 2015 , 21 h 20 min - Une ribambelle prend la parole ( permalien )

    Ouh je sens qu’il va me plaire celui-ci :-)
    Merci du tuyau.

  5. 3 septembre 2015 , 21 h 20 min - manU prend la parole ( permalien )

    « L’histoire est réduite à sa simplicité extrême comme un bouillon que l’on réduit également pour en faire ressortir une multitude de saveurs. »

    Belle image !

    « Quelques gouttes de jus du bonheur »… Mais encore ?? :D

    • 3 septembre 2015 , 22 h 26 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      mais encore une bien belle image, je trouve…

  6. 10 septembre 2015 , 15 h 11 min - phil prend la parole ( permalien )

    Le silence après une rupture, … c’est peut être mieux ainsi !!

    • 11 septembre 2015 , 9 h 20 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      avant, après, pendant… je suis un adepte du silence en toute occasion…

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