Chamamé [Leonardo Oyola]

Par le Bison le 23 juillet 2015

« Ils ne commencent jamais.

Ils explosent.

D’un coup.

Ils sont comme ça, mes rêves.

Je ne sais pas ce que signifie dormir sur ses deux oreilles.

Je n’arrive à fermer l’œil qu’après avoir descendu une bouteille de J&B.

Et depuis que le pasteur Noé m’a arnaqué, chaque fois que je ferme les yeux, c’est la même chose.

Chaque fois.

Grosso modo.

Ils ne commencent jamais.

Ils explosent.

D’un coup.

Ils sont comme ça, mes rêves.

D’abord mes mains jointes.

Comme si je priais.

Ensuite je les écarte pour ouvrir le rideau de perles qui tintent.

J’entre au Mogambo.

Le dernier bouge de Misiones.

Le dernier bordel du pays avant de passer la frontière avec le Brésil.

J’entre dans un enfer, l’Enfer plutôt, et j’adore me vautrer dans ses flammes.

Me mettre le feu pendant que je cajole les doyennes.

Azucena, Samantha et Claudia.

Leur mettre le feu, ma fièvre, même les plus jeunes y ont droit.

Eli, Romina, la blonde Jessica et Monika avec un k.

Ça ne commence jamais.

Ça explose.

D’un coup.

Les « filles ».

Il commence ainsi, ce roman. Comme une explosion, comme une giclée de foutre. Dès la première page, tu sais que tu vas boire et baiser dans un univers de violence sous la moiteur argentine. Un road-movie-book à travers la pampa. Comme dans un rêve, mais d’une violence fracassante. Parce que Noé prêche au volant de son Arche. Une Arche conduite par « Perro ». Ces deux-là se sont rencontrés en taule et ont tabassé pas mal de paraguayens. Tatoués et déjantés avec une certaine idée de la spiritualité et un code de l’honneur toujours bafoué suivant les circonstances. La route est parsemée d’embuches, la vengeance sera au bout de la route avant d’atteindre la triple frontière avec le Brésil et le Paraguay, la violence se déchainera à chaque tournant.

Change de fréquence, Pampa FM, du rock et de la poussière. Truffé de référence aux partitions rock’nrollesque, de Guns N’ Roses à Metallica, la sono hurle, braille, déverse un flot d’inhumanité dans un monde où il ne vaudrait mieux pas avoir oublié ta machette, fidèle compagnon guidé par la main du Seigneur tout-puissant. Mais dans cette violence très sanguinolente, de beaux moments de romantisme sont évoqués, même au bordel. Quel acte d’amour n’est-ce pas que de gicler son foutre dans la bouche de la femme aimée et aimante. Des clins d’œil à la culture pop télévisuelle ou aux mateurs cinéphiles de belle blonde, de Sheriff fais-moi peur à King-Kong – le spectre est large – se rajoutent à l’ambiance visuelle, les images tournent, la poussière vole, le sang coule et le sperme gicle.

« Cette envie que j’ai de lui enlever ses vêtements.

De lui arracher son top et sa minijupe.

Savoir combien de temps encore son string et son soutien-gorge pourront tenir.

Jessica est blonde comme son homonyme, Lange, l’actrice.

La nana pour laquelle King Kong a pété les plombs.

Mon vieux m’a emmené voir ce film, un jour, avec ce singe monstrueux.

Après la projection de ce film où le roi Kong meurt après s’être mangé des rafales de balles tirées par des hélicoptères de combat, mon père m’a dit, et ça je ne l’oublierai jamais : « Manuel, tu comprends maintenant la valeur d’une blonde. »

Blonde comme une Quilmes. Tu te dois de tremper ces lèvres dans ces mots dans cette blonde. Un roman à Quilmes. Un roman qui déchainera toutes les passions les plus violentes, spasmes et éjaculations, pour une lecture plus que jouissive. Tu ne trahiras pas. Tu n’abandonneras pas ton partenaire. Tu ne coucheras pas avec sa sœur. Tu veilleras sur sa famille. Tu exploseras les flics qui ont causé sa perte. Tu baiseras bien profond ceux qui ont du pognon, jamais ceux qui n’en ont pas. Et quand ce sera ton tour de danser avec la plus moche, Guns N’Roses … tu seras aveugle et sourd-muet, comme dans la chanson de Shakira. Let’s GO ! Rock ‘n’ Roll dans la pampa. Julia, Julia…

Julia, une Quilmes ? Agenouille-toi, il faut que je te parle de cet amour que l’on ressent. Tu es la plus belle parce que Eli et Romina et Jessica sont trop vieilles, parce que la chatte d’Azucena pue la mangue et que le bordel et le foutre des autres, tu vas t’en lasser. Julia, prie le Seigneur tout puissant, accepte ma semence comme une hostie divine, abreuve-toi de mon foutre et mon âme pour purifier toutes les mauvaises actions qui règnent sur cette terre et au ciel. Amen.

« La veille du Nouvel An, je m’étais levé une minette bien plus jeune que Julia, dans un bal. On s’était bécotés. Après, on s’était un peu chauffés. Je l’avais invitée à glisser sa main jusqu’à mon entrejambe et, une fois que j’avais enfin réussi à la prendre par les épaules, je l’ai fait agenouiller. Elle avait immédiatement compris, descendu ma braguette et sorti ma queue pour me sucer.

Elle m’avait dit un truc, la bouche pleine. Un truc du genre : « Gaffe, tu me préviens… »

« Ouais, ouais… Sois tranquille… »

La bouche de cette gonzesse était un enfer.

Au moment d’éjaculer, je la tenais par les cheveux.

Un « ah Julia ! » m’avait échappé et elle m’avait regardé, consciente que j’en aimai une autre. Elle s’était relevée, les lèvres pleines de sperme. Elle m’avait donné un petit baiser et avait craché par terre avant de se barrer.

Ça, mes amis, c’était un grand moment de solitude.

Tout ce que tu perds avec un petit baiser.

Qui a le goût de ton propre foutre.

Parce que ce qu’on garde à jamais, c’est ce qu’on a perdu. »

« Chamamé », chasse à l’homme dans la pampa.

8 commentaires
  1. 24 juillet 2015 , 20 h 49 min - Une ribambelle prend la parole ( permalien )

    L’Amérique du Sud est chaude, chaude, chaude à tous niveaux visiblement.

    • 25 juillet 2015 , 14 h 43 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Il faut être chaude, chaude, chaude pour s’aventurer dans la pampa.

  2. 25 juillet 2015 , 11 h 45 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Quelle passion et violence dans tes mots ! J’en suis toute retournée !
    Que calor !

    La pampa te sied à merveille Bison.

    « Quilmes la cerveza que exige para las mujeres iguales derechos que para los hombres!
    Quilmes la sabor del encuentro !  » ;-)

    • 25 juillet 2015 , 14 h 46 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Toute retournée ! N’en dis pas plus, ça m’excite déjà trop…

      Ne me dis pas qu’en plus tu es una guapa de la pampa que bebe de la Quilmes !

  3. 26 juillet 2015 , 21 h 19 min - manU prend la parole ( permalien )

    « Queue » de foutre dans ce billet !!!… :D

    • 26 juillet 2015 , 21 h 55 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Si tu vas dans la pampa, c’est pour boire de la Quilmes et déverser ton foutre !

  4. 27 juillet 2015 , 15 h 12 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Ça gicle dans la pampa! Tabarnakkkk!
    Entre les bordels et la Julia qui s’agenouille, un Bison rêve d’aller purifier son âme en broutant l’herbe des terres d’Argentine…
    Sortez l’EB! Amen. ;-)

    • 27 juillet 2015 , 21 h 56 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Dès que je peux gicler, je ne m’en prive pas.
      C’est la vie, tabarnak !
      Et la vie dans la pampa autour des bordels argentins, ça me donne envie de purifier le tréfonds de mon âme, sur un tango de Carlos Gardel, avec une bouteille de Quilmes, et le sourire d’une brune argentine.

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