Ardor [Pablo Fendrik]

Par le Bison le 2 juillet 2015

La Justicia de Los Débiles

Province de Misiones à l’extrême Nord-Est de l’Argentine. Je profite de la forêt tropicale encore luxuriante, sous une pluie chaude et salvatrice pour rapprocher deux corps nus, Gaël Garcia Bernal et Alice Braga. Kaï, jeune homme solitaire. Vania, belle qui vient de se faire kidnapper après avoir vu tuer son père par une bande de mercenaires.

Pablo Fendrik signe ici un western contemporain. Il était une fois dans l’Amazonie. Il emprunte les principaux codes du western dictés par ses prédécesseurs… 1. La caméra contemplative. Elle ne bouge pas dans tous les sens pour donner un « rythme » à faire gerber le spectateur ou à lui faire croire qu’il en est à sa troisième pinte de Quilmès. Non, elle prend son temps pour regarder, pour contempler, pour sublimer cette forêt sur le point de s’éteindre et de brûler. Elle regarde les corps sous la pluie, la poussière a été remplacée d’ailleurs par la pluie, l’ocre par un vert sublime. Le lieu est magique quasi mystique. 2. Les regards. Clint Eastwood a rajeuni et le regard du ténébreux mexicain n’est pas en reste pour faire chavirer des cœurs féminins. 3. La lenteur. Celle qui se plait dans la langueur des paysages et plonge dans les regards des héros. Plus c’est lent plus c’est bon. Bon, ok, c’est pas tout à fait vrai. Le film peine à démarrer avant de sombrer dans la violence. 4. La vengeance. Tout bon western se base sur ce bon sentiment qui fait la virilité de l’homme. Une vengeance pour l’honneur, pour une belle brune aux yeux pétillants, le corps en sueur, les cheveux noires frisant sous la pluie.

Même si « Ardor » n’est pas un film d’une ardeur torride, ce néo-western coincé entre l’Argentine, le Brésil et le Paraguay a ses charmes et ses vertus. La présence de Gaël Garcia Bernal, en premier, pour qui je ne rate aucun film. En toile de fond, le message écologique, sur la disparition de cette forêt amazonienne et de ses rares habitants originels, sert de point de départ à cette chasse à l’homme. Et puis, l’aspect mystique. Dans la forêt, les dieux des anciens indiens tentent de préserver encore le silence de ce lieu. Un jaguar rode d’ailleurs, dans cette jungle amazonienne, l’esprit des dieux certainement.

« Ardor » [2014], il était une fois dans l’Amazonie.

Merci à Bac films et sa Bac boutiquesortie du DVD (16 juin 2015) – et CineTrafic pour cette nouvelle opération DVDtrafic !

Challenge « Il était une fois dans l’ouest »

La Belette dégaine ses colts,

12 commentaires
  1. 3 juillet 2015 , 6 h 29 min - princecranoir prend la parole ( permalien )

    Deuxieme avis favorable que je lis sur la toile. Decidement, cet Ardor merite son detour argentin. Pour les vacances pourquoi pas.

    • 3 juillet 2015 , 18 h 31 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Cet Ardor mérite le détour… Un jour où il fait chaud pourquoi pas.

  2. 3 juillet 2015 , 7 h 56 min - Une ribambelle prend la parole ( permalien )

    ça me fait drôle de voir un western contemporain ; tu n’es pas tenté de comparer avec les « vieux » western ?

    • 3 juillet 2015 , 18 h 32 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je ne suis pas « vieux » western. Les cow-boys contre les indiens, John Wayne, c’est pas trop mon truc. Je suis plus Eastwood et Leone, et cet Ardor reprend plus l’atmosphère de ces derniers que de ses prédécesseurs des années 50…

  3. 3 juillet 2015 , 8 h 51 min - Belette2911 prend la parole ( permalien )

    Ahahahaha, du western du Sud !

    J’aime bien le sous-titre « la justicia de los debilles »… la justice des débiles ?? Ou des faibles ?

    Allez, je fais en sorte de ne pas oublier ton lien dans mon challenge où tirer plus vite que son ombre n’est pas nécessaire… ;)

    • 3 juillet 2015 , 18 h 34 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      C’est un joli sous-titre, la justice des faibles, ou des opprimés. Un concept qui mériterait de s’appliquer à nos jours te notre environnement.

  4. 4 juillet 2015 , 13 h 13 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Moi j’ai été élevé avec les westerns des années 50, Wayne, Mc Queen, Montgomery, Mitchum, Bronson et Cie … J’aimais beaucoup. A vrai dire, je n’en ratais pas un seul. L’imbattable au western de John Ford ou Hawks « soy yo » mais je reconnais que j’ai du mal à les revisionner car mal vieilli (ce n’est que mon propre avis bien sur)

    Tout cela pour te dire que je regarderai bien un western moderne voir un peu ce qu’il s’y passe …

    • 4 juillet 2015 , 14 h 30 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Wayne, Mc Queen, Montgomery, Mitchum, Bronson et Cie…

      ça sent La Dernière Séance :)
      Je relèv’ mon strapontin
      J’ai une envie de bailler
      C’était la dernièr’ séquence
      C’était la dernièr’ séance
      Et le rideau sur l’écran est tombé
      La photo sur le mot fin
      Peut fair’ sourire ou pleurer

  5. 4 juillet 2015 , 20 h 01 min - manU prend la parole ( permalien )

    J’ai été tellement abreuvé de westerns gamin que j’y suis devenu allergique mais je pourrais me laisser tenter par celui-ci je crois…

    • 4 juillet 2015 , 22 h 20 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Pour le beau Gaël, on se laisse tenter et même entrainer dans des westerns de la pampa…

  6. 6 juillet 2015 , 7 h 20 min - Jeanmi prend la parole ( permalien )

    ça me met l’eau la bouche, si j’ose dire !…

    • 6 juillet 2015 , 21 h 50 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      sans glaçon, alors, et sans eau aussi !

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