Méfiez-vous des Enfants Sages [Cécile Coulon]

Par le Bison le 16 juin 2015

Catégorie : 3 étoiles, Europe

La jeune Lua déteste le chocolat noir. C’est son droit le plus naturel alors que moi j’aime bien le laisser fondre sur ma langue.
Une petite ville du sud des États-Unis, trop propre et trop bourgeoise pour elle où les filles sont plus du genre à avoir des gosses avant un permis de conduire. Elle s’y ennuie et pourtant depuis petite elle multiplie les petites magouilles entre camarades de classes pour agrémenter son argent de poche comme d’autres multiplient les petits pains. Un père, scientifique qui ramène du travail à la maison, travail qui ressemble à une grosse araignée toute poilue, d’ailleurs quand tu auras fini ce livre tu fouilleras attentivement ton tiroir à culottes pour vérifier que Popeye, cette grosse araignée ne s’y cache pas, d’ailleurs c’est à partir de ce moment où l’araignée s’est enfui de sa boite en carton que la petite Lua a commencé à voir le monde différemment comme si une araignée squattait son plafond, une mère pas très présente ni très aimante, Lua voit ses jours défiler seule, livrée à elle-même et bien décidée à ne pas rester sage.

« Alors Dieu, ou Jésus, je vous ai toujours confondus de toute façon, prends tes cliques et tes claques, retourne là d’où tu viens, enlève-moi cette couronne à la con et trouve-toi des fringues propres. Cherche un taf, un vrai, fais-toi à manger le soir en rentrant, regarde la télé ou fais des mots croisés, appelle tes potes de la Cène et organise un barbecue avec merguez et sauce piquante, et surtout, ne me dis plus ce qui est bien ou mal, n’essaie pas de me montrer le chemin, parce que vu tout ce que tu as fait dans ta longue vie d’Éternel, il n’y a pas de quoi être fier. Vraiment pas. »

That’s where we wanna go to get away from it all…

Les Beach Boys font sentir leur « good vibrations », Lua s’émancipe au regard des rencontres, Eddy ce voisin paumé avec qui elle s’entend bien, comme un grand frère ou un vrai père, J.F. qui ne roule pas en décapotable comme un autre et qui pour un sanglier et un malheureux doigt en moins a raté sa vie de pianiste. Ils vont, ils viennent, ils meurent et Lua perd la foi avec ce vieux barbu ou ce hippie à la couronne en épine. Les vibrations ne sont pas aussi bonnes, en final, dans cette vie de merde qui attend les ados de cette ère. Une vie triste et cynique, pour cette jeune auteure clermontoise, mais si proche de la réalité. Avec « Méfiez-vous des enfants sages », son second roman si je ne me trompe pas, Céline Coulon a réussi à capter mon attention. Pour un livre déstructurant ma lecture. Une première partie pour laquelle je me suis repris à deux fois – dommage pour un roman aussi court – tant je semblais absent, une seconde prometteuse où je retrouve la voie, une troisième captivante qui me donne la foi. Le parcours de cette adolescente ne me laissera donc pas indifférent, et même si depuis je me méfie de ces grosses bestioles exotiques toutes poilues, il me restera toujours les Beach Boys pour effacer de mon esprit cette araignée au plafond.

« Méfiez-vous des enfants sages », D’oh un donut’

Challenge Lire sous la Contrainte – Session 22, d’un livre à l’autre.

14 commentaires
  1. 17 juin 2015 , 21 h 34 min - Philippe D prend la parole ( permalien )

    Merci pour cette participation à mon challenge. Je ne connais pas du tout ce livre. Bonne fin de semaine.

    • 17 juin 2015 , 22 h 05 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Un été sans contrainte, ça va faire du bien :)

  2. 17 juin 2015 , 22 h 37 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Au prime à bord ce n’est pas le livre vers lequel je me jetterai.. Au second abord je lis la 4ème de couverture… et au troisième abord après avoir lu ton billet je suis curieuse…

    Moi aussi j’adore laisser fondre le chocolat, d’ailleurs en écrivant ce com, j’en ai plein la bouche du chocolat ! ;-)

    Une éternité que je n’avais écouté les Beach Boys, un avant gout des vacances, sea, sex and sun …. !

    Chris très très très sage ! ;-)

    • 18 juin 2015 , 8 h 55 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      et au troisième abord après avoir lu ton billet je suis curieuse…

      Je pense que c’est par curiosité, effectivement, que l’on se tourne vers ce bouquin

      Moi aussi j’adore laisser fondre le chocolat

      Encore un de tes trucs sexuels…

      sea, sex and sun

      Je suis loin de la mer et pas très soleil ;-)

      Chris très très très sage !

      Qu’est-ce qu’il ne faut pas lire !

    • 18 juin 2015 , 11 h 50 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      « Je suis loin de la mer et pas très soleil »

      Pas très folichon vers chez toi !

      Tu veux une corde ? ;-)

    • 18 juin 2015 , 13 h 41 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      C’est pour ça que je mise tout sur le sex !

  3. 18 juin 2015 , 19 h 39 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Pas de grosse bibitte à poils dans mon tiroir à culottes, mais depuis que j’ai dormi sur un hamac entourée de tarentules, j’ai aussi « commencé à voir le monde différemment »!!! Ark, Tabarnak…
    Un donut avec ça? :D

    • 19 juin 2015 , 9 h 11 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Un esprit tordu commencerai aussi à voir ton tiroir à culottes différement !
      Heureusement que je ne suis pas cet esprit… Ark, Tabarnak… :)

  4. 18 juin 2015 , 20 h 53 min - Sido de Errances immobiles prend la parole ( permalien )

    Ooooohhhh, les Beach Boys… plus doux et sensuels que l’écriture acérée et sans concession de Cécile Coulon !

    • 19 juin 2015 , 9 h 07 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Sea, Sex & Surf… La Plage et les Boys. La musique pour commencer l’été. L’écriture de Cécile, j’y reviendraias, certaineemnt. Par curiosité, toujours.

  5. 23 juin 2015 , 20 h 09 min - Une ribambelle prend la parole ( permalien )

    Les enfants trop sages c’est effectivement comme un silence de cathédrale quand les enfants sont dans les parages : méfiance, méfiance, un truc se trame et nous saute à la figure sans tambour ni trompette, par surprise.
    Les araignées ne me gênent pas mais faudrait pas qu’elles soient trop velues ou énormes. Il faut que je puisse leur filer un coup de savate sans que ça fasse trop crrrrrrac.

    • 23 juin 2015 , 20 h 20 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Bien grosse et bien velue, un spécimen d’Amazonie ou d’Océanie. Mais elle est encore plus dangereuse quand elle s’aventure au plafond…

  6. 11 juin 2016 , 17 h 14 min - Marie-Claude prend la parole ( permalien )

    Je suis plongée dedans, me dépatouille comme je peux. La première partie déroute, puis après, on s’y retrouve. J’entame ce soir la troisième et dernière partie.
    Ce qui me frappe, outre le style de Coulon et la mygale, ce sont les membres en moins (le doigt, l’oeil).
    À suivre…

    • 11 juin 2016 , 20 h 00 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      J’te sers un Jim Beam pour finir cette troisième partie, la meilleure. Il te faut bien ça pour éloigner les araignées de l’esprit.

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