Un Océan d’Amour [Lupano - Panaccione]

Par le Bison le 3 juin 2015

Catégorie : 5 étoiles, Europe

« ce livre ne contient que des idées pêchées au grand large par Wilfrid Lupano, selon des techniques artisanales respectueuses de l’environnement culturel, et mises en boîte à la sardinerie graphique Panaccione, Milan, Italie(Union Européenne). »

Le chapeau hautement ridicule sur la tête, la grosse bretonne, fière de l’être (ridicule ou bretonne ?), experte en dentelle ou crochet (ou est la différence) et en crêpes au beurre salé aime son petit bonhomme, un petit breton (genre commandent Cousteau mais en taille mini), marin pêcheur depuis sa plus tendre enfance qui déteste les sardines en boite que sa grosse bonne femme lui donne pour son déjeuner en mer. Mais bon, on sent que derrière cette boite de sardines, se cache un grand amour, celle de deux êtres qui sont prêts à traverser des océans pour se retrouver. Un océan d’amour, même.

Cargo de nuit, trente-cinq jours sans voir la terre. Pull rayé, mal rasé, on vient de débarquer. Et voilà que ce mastodonte des mers, le genre tueur de requins-et-autres-espèces-protégées et qui n’en a rien à foutre des autres marins ou de l’océan même, embarque le pauvre petit chalutier de mon ami breton. Oui, entre temps, il est devenu mon ami, parce qu’en quelques cases et vagues, j’ai perçu toute la bonté et l’intelligence dans son âme (et que j’attendais patiemment la prochaine escale pour faire la tournée des bars et des putes de la Rue de la Soif).

Trente-cinq jours de galère et deux nuits pour se vider la nuit te suit change de port et je te raconte à peine toutes les péripéties de mon ami le petit breton sur les vagues et les galères de cet océan d’amour, de la pêche illicite, des mouettes rieuses (mais où est Gaston Lagaffe ?), des déchets humains, des pollutions maritimes, des pirates, du sang, de la gerbe, du sel, des poissons, de la contrebande, de la mer et Cuba. Fidel e(s)t l’amour d’un breton et d’une bretonne. Un amour incommensurable aussi grand qu’un océan sans vague.

Ingrédients: océan (eau, sel, détritus), amour (eau de rose, baiser, mariage), sardines, mouettes, crêpes, homard, bigoudènes endeuillées, sauce (aventure, suspense, second degré, drame sentimental, rebondissements absurdes, gags désopilants), Che Guevara (0,5%) arôme artificiel de vierge Marie.

Il y a tant à dire sur un roman graphique sans parole. La force même de ce silence qui permet d’entendre le ressac de la mer. J’avance sur ce quai humide. La sueur brule comme l’acide, l’enfer va commencer. Bières chaudes et narguilés. Une sirène au loin, le vent qui s’engouffre, les mouettes deviennent folles, et un marin disparu. Mort ? L’attente est insupportable. Aller à Cuba, et fumer le cigare en compagnie de putes cubaines en bikinis multicolores.

Garanti sans dauphins, sans textes ni onomatopées.
Peut contenir des traces de pictogrammes.

« C’est beau, c’est émouvant, c’est tendre… et sans une seule syllabe », disait une amoureuse du Beaumes-de-Venise en ouvrant sa boite de sardine Connétable sous le soleil iodé d’un vent de tempête venu lui réchauffer l’âme saline. Mais cette machine dans ma tête, machine sourde et tempête, leitmotiv, nuits secrètes, tatoue mon âme à son dégoût.

« Un Océan d’Amour », à consommer de préférence avant que l’océan ne fasse plus rêver.

17 commentaires
    • 5 juin 2015 , 8 h 39 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      ça dépend si Rio Mare est péché de façon « éthique »…

  1. 4 juin 2015 , 21 h 12 min - manU prend la parole ( permalien )

    J’ai adoré !
    Il faut absolument que j’en parle aussi !! :)

  2. 4 juin 2015 , 21 h 46 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Tu retranscris très bien ce que j’ai oublié d’écrire et ce que j’ai ressenti très fort : L’amour entre ces deux êtres improbables, et cette émotion, cette bonté dans le regard de ce bonhomme. Et puis sa femme et l’amour quelle dégage par sa corpulence, sa poitrine généreuse et ses crêpes bretonnes. Elle sépare les océans à la recherche de son BB d’amour. C’est très beau !
    Plus qu’une BD un coup de cœur.

    Et j’ai adoré la mouette qui suit l’histoire … très belle idée !

    « …L’alcool est mon allié
    L’amour il faut payer… »

    Qu’est ce que j’ai pu danser sur ce cargo de nuit :D

    • 5 juin 2015 , 8 h 40 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Une magnifique histoire d’amour et de mer. Ça tombe bien j’aime la mer et j’aime faire l’amour…

      Et ce cargo de nuit donne des envies de chalouper et même de chavirer !!

  3. 4 juin 2015 , 22 h 45 min - Sido de Errancesimmobiles prend la parole ( permalien )

    Je tourne autour depuis un moment, va falloir que je plonge !

    • 5 juin 2015 , 8 h 37 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Attention à la marée noire, au cargo, aux pirates et aux requins.

  4. 4 juin 2015 , 23 h 07 min - Léa Touch Book prend la parole ( permalien )

    Il me fait très envie ! Je le vois partout :) !

    • 5 juin 2015 , 8 h 37 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Magnifique histoire, magnifiques dessins. Il est partout et c’est mérité.

  5. 5 juin 2015 , 11 h 31 min - phil prend la parole ( permalien )

    Hey bibison tu reprends du service?
    Remet ton pompom, prend ton pot de peinture, le pinceau en main …

    • 5 juin 2015 , 13 h 33 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Laisse mon pompon tranquille, c’est pour les Dames !

    • 5 juin 2015 , 13 h 49 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      C’est vrai tu as un pompon ???? ;-) Je peux le toucher ?

      Je ne me souviens plus la signification de ce symbole !
      Tiens je vais regarder !

    • 5 juin 2015 , 13 h 51 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      Ca porte chance de toucher le pompon rouge :D

    • 5 juin 2015 , 14 h 20 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      pas simplement le toucher, il faut le caresser avec amour… et désir lubrique pour voir la chance se porter à toi…

  6. 10 juin 2015 , 1 h 26 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Déjà avec un titre pareil… quand on me parle de la mer et de l’amour, j’ai déjà l’âme qui frétille, comme une envie de petits éclats de grandes émotions, « garantis » sans paroles parce que finalement l’amour s’exprime aussi autrement…

    Tes « ingrédients » donnent soif de sel et de mer, d’amour et de vertige…

    « …Cuba. Fidel e(s)t l’amour d’un breton et d’une bretonne ». Tabarnak, j’aime trop! ;-)

    • 10 juin 2015 , 9 h 02 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Le titre, l’amour, la mer tout est beau pour faire frétiller l’âme.

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