Le Live : Corbeau Blanc

Par le Bison le 16 mai 2015

Ce soir, je vous quitte… Je bois quand même une Gouden Carolus avant. Et puis je regarde les corbeaux voler au-dessus de ma tête. Pourquoi j’aime cet album ? Hein ? Tu peux me le dire ? Moi, je n’arrive pas à me l’expliquer. D’ailleurs, j’ai arrêté de chercher toute raison dans mes goûts musicaux. Pourquoi l’émotion survient à tel moment ? Pourquoi ma bouteille est déjà vide ? Pourquoi je philosophe un samedi soir à me poser tant de pourquoi ? Pourquoi j’aime les corbeaux ? Hein ? Bon, OK, je crois qu’ils me donnent un peu la frousse ces corbeaux noirs. Imagine une volée de corbeaux noirs assoiffés de sang et de Carolus d’or, le regard vitreux d’un jaune illuminé, foncer sur toi et sur ta bouteille dorée. Putain, j’ai l’impression d’être dans un film d’Hitchcock. Et ça me fout les j’tons. Viens, je m’envole, le soleil se donne…

Ce soir, je vous quitte… Je sais, je l’ai déjà dit. Par contre, pour ce « Corbeau Blanc », c’est une toute autre histoire. Un poème même, une métaphore. Pourtant, je ne me serai certainement pas vu écouter, il y a quelques années en arrière, du Julien Doré. (Je vieillis, putain c’est pas beau à voir, un bison vieillissant avec ses vieux skeuds de Led Zeppelin ou de Deep Purple en train de kiffer sur une nouvelle star). Et si l’ambiance du début ressemble à un « vulgaire » morceau pop à la française, du genre mélo un homme une femme qui se rencontre sur un quai de gare, lorsque les guitares entrent en scène sur ce live, c’est tout mon sang et mon cœur qui se rebellent contre ces premiers préjugés, du genre l’homme et la femme en sueur sur un lit à baiser intensément. Une flèche en plein cœur, l’apache des grandes plaines pleines de poussière et de paumés. Lorsque les guitares stridulent de façon aussi virulente (les grillons matinaux, ce n’est rien à côté), je revoie le gamin que j’étais en train d’écouter les grands slows de ces fameux groupes hardos des années 80. Oui, il y a un peu du Still lovin’ you dans cette version, ou un peu de la Lady Starlight. A m’en donner des frissons, à me faire bander l’échine, à me faire pleurer de cette jeunesse perdue, mais à me faire jouir de ce futur retrouvé. Digne des plus grands instants des Love Songs, digne de faire frémir de plaisir majeur. Une ballade pour transpirer, et s’échanger des gouttes de sueur, pour faire craquer les boutons de son jean et coller les mains moites sur le cul de la gonzesse. I need your soul oho. Bref, je digresse mais quand j’entends le tranchant de cette guitare sur ce morceau, je revois ces bon vieux groupes de hard rock, des dinosaures d’une autre ère, cheveux bouclés au vent, venus emballer le cœur des lycéennes. Et c’est pour toutes ces raisons-là que je me suis pris d’affection pour un corbeau blanc.

Un corbeau blanc, une flèche en plein cœur, un ciel à la dérive, et je… Et puis franchement, soyons sérieux quelques instants, le temps d’une réflexion poussée. Pose ta bouteille de Carolus cinq minutes et analyse : un gars qui place « atropine » dans sa chanson mérite tout mon respect. Parce que je ne vois vraiment pas avec quoi on peut faire rimer atropine… A part Christine, vaseline, é pine… Non franchement, je ne vois pas. Respect Julien. Ne s’improvise pas poète qui veut.

De grands morceaux de concert

Pour les amoureux de la musique,

Les amoureux du live

Et les amoureux du Bison !

13 commentaires
  1. 17 mai 2015 , 10 h 53 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Je n’aurai jamais cru effectivement qu’un vieux dinosaure comme toi, adepte de Led Zeppelin, puisse être touché par Julien Doré, comme quoi tout arrive dans la vie !
    Mais il y a matière : De jolis textes, de belles métaphores, de la bonne musique servit par un gars simple, touchant et proche de son public. Un vrai auteur. J’aime beaucoup ce Live et j’ai beaucoup de regret de l’avoir manqué cet hiver !

    Ce n’est pas l’heure mais ton hamburger me fait de l’œil, tu crois que je peux croquer dedans, l’appel du ventre !

    Ce soir tu nous quittes ? Non pas encore Bibison, j’ai une Carolus au frais ;-)

    I won’t let you go ohooooo :D

    Juliiiiiiiiieeeeeeeeeeeeeennnnnnnnnnnnn !!!! ;-)

    • 17 mai 2015 , 14 h 25 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      puisse être touché

      chut, va pas le crier sous tous les toits. J’ai ma réputation de vieux dinosaure à soutenir, surtout auprès de la gente féminine…

      mais ton hamburger me fait de l’œil

      … il fond dans la bouche. L’appel de mon ventre a été le plus fort.

      j’ai une Carolus au frais

      Toi, t’es une nana à boire de la Carolus ?

      Juliiiiiiiiieeeeeeeeeeeeeennnnnnnnnnnnn !!!!

      Non, moi c’est le Bisoooooooooooooonnnnnnnnnnnnn !!!!
      Mais je comprends que je ne peux rivaliser…

  2. 18 mai 2015 , 8 h 43 min - Une ribambelle prend la parole ( permalien )

    Atropine : mutine, câline, hermine (là ça c’est compliqué à placer), radine (encore plus compliqué à placer).
    Il est très émouvant quand il chante (et même quand il parle)

    • 18 mai 2015 , 10 h 56 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      mais placer hermine et vaseline dans un même texte risque d’émouvoir trop son public…

  3. 18 mai 2015 , 17 h 49 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Voilà, j’arrive finalement à passer par le ranch en chemin vers la cabane à sucre. Ce Julien Doré est une découverte incroyable… Il a du charisme, une sensualité dans sa voix et ses mots, j’avais presqu’envie de monter sur scène avec lui pour l’entendre de plus près. Anatomie oblige, je n’irais pas jusqu’à dire que je me suis fait bander l’échine :D mais je ressors de ce 11 minutes les yeux mouillés et des frissons dans le dos. Quant à mon majeur, il s’en remet à peine… Comme tu dis, cette chanson, avec ses guitares, c’est un grand poème. Dire qu’il a transpercé le cœur d’un Bison pour arriver jusqu’à chez moi et me foudroyer à son tour. Quelle tabarnak de découverte, j’en suis toute émue de bonheur! Merci…

    Je m’envole :D

    • 18 mai 2015 , 19 h 16 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      je crois que le Julien en émue plus d’une !!!

  4. 19 mai 2015 , 19 h 03 min - phil prend la parole ( permalien )

    Oui on vieillit ! Encore un an de plus chaque année …
    Je sais pas si c’est parceque tu l’as écrit mais y’a du Scorpion, y’a un rappel de jeunesse dans ce morceau et des slows à la Christophe même si ici c’est du Julien.
    Et puis, un chanteur interprète qui comme tu dis colle atropine, ne peut que réveiller en moi les restes de pharmacognoste
    Oui un bien beau morceau que je n ‘aurais pas pensé écouter!
    Merci Bibison

    • 19 mai 2015 , 20 h 01 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Le coup du Scorpion, je l’ai ressenti de suite… J’imagine bien qu’il a levé sa première poulette sur Still Lovin’ You, alors ça a du le marquer intérieurement. Et puis, tu crois qu’il a fait biochimie en option, suivant entre deux parties de tarots des préceptes de pharmacognosie ?

    • 19 mai 2015 , 20 h 32 min - phil prend la parole ( permalien )

      Sais pas, j’étais pas assez assidu au cours pour le voir sur le banc de la fac où des collègues me perturbaient à mon insu …
      Mais lui au moins il a trouvé sa voi- !

    • 19 mai 2015 , 22 h 07 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Mouais… y’a toujours des collègues indélicats pour te détourner de la voi-… J’ai eu ce même problème. Tout ce que je voulais c’était de mener le p’tit au bout, et ben, non, y’en a toujours un pour forcer les autres à suivre de la biologie végétale… Regarde où j’en suis maintenant…

    • 19 mai 2015 , 22 h 40 min - phil prend la parole ( permalien )

      Un pt’it au bout c’est trop … paie ton Gin !

  5. 23 mai 2015 , 22 h 53 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Là, tu me scies !! J’aurais jamais cru…

    • 24 mai 2015 , 17 h 15 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Et pourtant quel bon cru, putain, cette Gouden Carolus. Qu’est que je l’aime cette Carolus d’Or !!!

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