Petits Oiseaux [Yoko Ogawa]

Par le Bison le 7 mai 2015

Catégorie : 5 étoiles, Asie

« Thui thui thui thui thui thuiuuu… »

Tu entends cette petite musique qui vient des collines. Un moment de bonheur, simple et bucolique, le chant de cet oiseau à lunettes. Que j’aime ce chant à mon oreille. Et malgré tout qu’il m’est difficile de te parler de ce roman qui m’a profondément ému. D’une grande tristesse, mais une belle tristesse. De celle qui donne encore foi à l’espèce humaine. De celle qui prouve que certains hommes sont encore pourvus d’une âme humaine.

Ce chant d’oiseaux résume la vie de ces deux frangins, inséparables comme un couple d’oiseaux. L’ainé, lui, ne connait que le langage « pawpaw », celui des oiseaux. Il les observe, il les imite, il les aime. Il est oiseau. Le  frère cadet est le seul à comprendre le langage de son frère. De là naitra une relation quasi fusionnelle entre les deux frangins. Et il deviendra, pour une génération d’enfants, « l’homme aux petits oiseaux », même – et surtout – après la mort de son ainé. Quelle belle histoire, magnifiée par la plume de Yoko Ogawa. Si triste mais si magnifique.

Avant de commencer la lecture, je savais que cette lecture allait me bouleverser comme lorsqu’elle a bouleversé par ses gazouillis la lectrice romanaise qui s’était sentie effleurée, caressée et touchée par la grâce. C’est dans ces moments-là que j’aimerai bien être une plume. Mais dès les premières pages, je me suis retrouvé envahi par la tristesse des scènes et la mélancolie des deux frères. Putain, que c’est beau, me dis-je à chaque page tournée. Et à chaque reprise de lecture, je gardais ce même état d’esprit, enchanté et apaisé par le chant de ces petits oiseaux, aussi subtil et différent que le bruissement d’ailes des papillons ou les discussions effrénées d’une cigale.

Ce roman est si beau qu’il touche le sublime. Je ne suis peut-être pas objectif tant les histoires de Yoko bercent mes souvenirs de lecteurs, mais avec ces « petits oiseaux » j’ai eu le sentiment de toucher la profondeur de son âme et de celles de ces deux oiseaux, anonymes ordinaires dans une ville, écoutant le chant des oiseaux et suçotant une vieille sucette au goût acidulé. Quelques pages pour bouleverser mon âme, d’une intense beauté.

« Tchii tchuru tchii tchitchiru tchitchiru tchii, tchuru tchitchiru tchitchiru tchuru tchii… »

« Petits Oiseaux », en langue pawpaw.

Participation 6. Adalana et son challenge

Écrivains japonais d’hier et d’aujourd’hui.

13 commentaires
  1. 8 mai 2015 , 8 h 31 min - Une ribambelle prend la parole ( permalien )

    En voyant le titre j’ai tout de suite compris qu’il s’agissait d’un japonais.
    Ils l’ont à la médiathèque. Je vais attendre que celui qui l’a emprunté le rapporte (fin mai) et je le lirai avec grand plaisir.

    • 8 mai 2015 , 14 h 16 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Ouvre déjà la fenêtre et écoute les oiseaux…

  2. 8 mai 2015 , 9 h 30 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    J’ai ressenti cette tristesse, cette profonde solitude, cette petite souffrance tout au long du livre qui étouffe presque. Mais les mots « Plumes », les images «Papillons », le style unique d’Ogawa nous embarque dans ce lien qui unit ces deux frères.

    J’étais submergée par les descriptions de l’auteur, la pharmacie, le grillage du jardin d’enfants, ces sucettes, la sueur de la petite fille, le grillon… fascinant et pesant à la fois …

    Un très bel hommage Bibison … Je m’incline façon Geisha : mutique et émue devant tes mots.

    « tchii tchuru tchii tchuru tchru tchiru tchii »

    • 8 mai 2015 , 14 h 17 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      inclinée façon geisha, c’est moi qui vais devenir mutique et émue…

  3. 8 mai 2015 , 11 h 55 min - manU prend la parole ( permalien )

    Une fois de plus, un Bison tout en émotions…
    On en redemande !! ;)

    • 8 mai 2015 , 14 h 17 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      l’émotion en tout genre, voilà mon créneau !

  4. 8 mai 2015 , 12 h 56 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Avec Yoko Ogawa, il y a toujours la promesse d’un grand voyage intérieur. Il me faudra lire celui-ci, pour aussi arriver à « toucher le sublime » et atteindre la profondeur de son âme…

    • 8 mai 2015 , 14 h 18 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      ne touche pas trop le sublime sous peine de t’envoler dans la profondeur du ciel

    • 12 mai 2015 , 16 h 59 min - phil prend la parole ( permalien )

      Un monde qui nous sort de ce monde.
      A travers les frères, tu respires et tu vis
      Tu écoutes …
      Silence

    • 13 mai 2015 , 3 h 28 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      « Un monde qui nous sort de ce monde », c’est bien dit Phil. Quelques mots qui nous ramènent à l’essentiel et permettent de mieux respirer, de Vivre.
      En silence…

    • 13 mai 2015 , 9 h 14 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Le silence de Phil est si beau à écouter…

  5. 9 mai 2015 , 15 h 17 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    J’aime lorsque tu nous parle de ton petit oiseau qui gazouille de plaisir quand on lui caresse la plume…

    J’aimerais voler avec le petit oiseau du livre, mais vu ma PAL… je dois passer mon tour. ;)

    • 9 mai 2015 , 15 h 21 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      et moi j’aime lorsqu’on caresse mon petit oiseau…

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