Shamal [Gong]

Par le Bison le 25 mai 2015

Daevid Allen s’en est allé. Mais le Gong continue de sonner. Différemment, certes. D’ailleurs les deux époques du groupe ne sont pas comparables sur le plan musical. 1975, Gong délaisse son univers psychédélique et drogué – quoique pour ce dernier point, j’ai encore des doutes. La musique se prélasse plus dans une fusion jazz-rock progressive. T’ai-je déjà parlé de Canterbury ? Non, à qui sait attendre… Parce qu’il y a aussi de cet esprit made in Canterbury, même si Steve Hillage semble déjà avoir bouclé ses valises pour une carrière solo.

Un disque à te rendre fou. Non pas qu’il y ait une furiosité telle qui te ferait perdre tout sens à la raison. Mais il y a cette alchimie indéfinissable qui fait marteler tes sabots sur le parquet du vieux bar poussiéreux dans lequel le jukebox crache cette musique d’un autre temps. Finis les délires d’une douce fumée chatoyant les naseaux, la musique s’inscrit dans l’ethnologie, avec des rythmes se faisant par moment mélodies chinoises, par d’autres tangos argentins. Un long voyage en passant par l’Angleterre de Canterbury.

Et si la première écoute te déroute, toi qui cherchais un p’tit bout de pétard sous le lit, la seconde te procurera quelques sensations de lévitation. En direct d’un ashram himalayen, tu sentiras le vent souffler entre les pics enneigés. Et je ne te raconte pas ce qui tournera dans ta tête lors d’une tierce écoute où tu auras cette étrange sensation de flotter au-dessus des nuages. J’ai dit étrange ? Bizarre, pourtant, il n’y a rien de surprenant à voler en apesanteur au-dessus de son canapé.

Daevid Allen est donc parti. Steve Hillage a pris également son billet et en voie de transit. Mais que reste-t-il au groupe qui a fait sa notoriété au début des années soixante-dix. Déjà à la production, un batteur qui selon Rock & Folk à défaut d’être un très grand batteur est un excellent producteur (je te renvoie donc au « Rock Bottom » de Robert Wyatt). Oui, pour ceux qui ne l’auraient pas encore deviné, Nick Mason des Pink Floyd ; ce qui explique par moment cette ambiance lunaire et extatique. Et puis surtout il y a la sublime prestation – ou performance – au sax’ ténor, sax’ soprano, flute, flute de bambou et gong de Didier ‘Bloom’ Malherbe, ce même qui sévira quelques années plus tard au sein du trio Hadouck !

Je te le dis, comme ça, brut et sans fioriture enrobée de chocolat noir, au bout de la quatrième écoute, cet album devient une putain de tuerie !

« Shamal » [1975], le préquel du Shamanimal.

12 commentaires
  1. 25 mai 2015 , 18 h 07 min - Une ribambelle prend la parole ( permalien )

    J’en ai écouté un morceau sur Youtube, c’est très reposant ton affaire. Tous ces petits gling, glong etc ça me fait penser aux trucs en alu, en bambou ou en je ne sais quoi que l’on met aux portes et qui tintent quand tu entres chez quelqu’un.

  2. 26 mai 2015 , 22 h 19 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    J’ai mis la version longue sur youtube et je n’ai pas eu besoin de 4 écoutes, une seule m’a suffit pour te dire que j’aime beaucoup l’extrait que tu nous proposes. De toute façon pour ma part dès que la basse est au devant de la scène ainsi que le saxo j’adore…

    Et puis un saxophoniste du nom de Didier Malherbe … :)

    • 27 mai 2015 , 17 h 13 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Une écoute pour toi te suffit. :)
      Mais c’est aussi parce que tu ne connais pas le Gong de ses débuts, totalement psychédélique, carrément free, furieusement déjanté. Moi, cet album m’a dérouté par rapport à leurs méfaits d’antan. J’ai eu besoin de l’apprivoiser avant.

  3. 27 mai 2015 , 17 h 39 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Tabarnak! Ça « gong » joliment cette musique, j’adore! (Bon ok, quel mauvais jeu de mots…) :D

    Un beau mélange de jazz-rock. Et puis quel plaisir de savoir que Nick Mason est derrière tout ça…

    C’est vrai que voler en apesanteur au-dessus de son canapé (surtout s’il est marron), c’est tout à fait normal ^^

    • 27 mai 2015 , 17 h 44 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Ah, voilà enfin quelqu’un qui veut léviter… Je n’attendais que ça pour proposer un second extrait !

  4. 27 mai 2015 , 20 h 07 min - phil prend la parole ( permalien )

    quand y ‘a même ne serait-ce qu’un bout de Pink Floyd derrière, ca ne peut qu’être bon !

    • 27 mai 2015 , 22 h 53 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Toujours à vouloir voir un p’tit bout… Quel obsédé, ce Phil ! Et en plus par derrière…

    • 28 mai 2015 , 0 h 19 min - phil prend la parole ( permalien )

      et le petit je le mets au bout moi !

  5. 27 mai 2015 , 20 h 08 min - phil prend la parole ( permalien )

    le percolation dans gaseuse tu connais ?

    • 27 mai 2015 , 22 h 56 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      je vois bien la pochette, mais je ne crois pas l’avoir écouté.

      On m’apprends que Gazeuse date de 1976, dans un esprit encore plus jazz que Shamal, avec le même Malherbe du Hadouck sans le trio et en plus le bassiste du plus grand groupe de rock français (non je ne parle pas de Ange mais de Magma)… Vu comme ça, ça doit être également un putain d’album…

    • 28 mai 2015 , 0 h 25 min - phil prend la parole ( permalien )

      bon ok puisque tu me le demandes si gentiment :

      de koi te donner un apercu et une jouissance auditive mon bibi, laisse-toi transporter par ces bonnes percus, c’est cadeau… et c’est de circonstances

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