Mommy [Xavier Dolan] Tabarnak !

Par le Bison le 27 mars 2015

Tabarnak, affichez-moi ces putains de sous-titres, je ne comprends pas encore cette nouvelle langue qu’est le québécois. D’ailleurs, je me demande si, entre-eux, ils se comprennent réellement. Un mot sur trois arrive à chatoyer mes oreilles, alors quand ce moment est Tabarnak, c’est avec sourire et jubilation que je ressens la fierté québécoise.

Xavier Dolan, je l’adore, ce gamin hyperactif qui depuis 10 ans ou presque tourne, fait de la promo, tourne, fait de la promo, tourne, sans même s’arrêter. Pour mon plus grand bonheur, je dois l’avouer. Ce petit génie biberonné à la Blanche de Chambly qui ne cesse de m’émouvoir et de me remuer les tripes.

Je te fais le speech rapidement parce que de toute façon, je me fous un peu de l’histoire. Savoir qu’elle a été réalisée par Dolan me suffit amplement. Moi, je suis fidèle aux réalisateurs et non pas aux histoires d’un soir.

Une nouvelle loi autorise les parents des enfants aux caractères difficilement supportables de les confier à des institutions publiques, type hôpital psychiatrique pour « mineurs ». C’est donc dans ce contexte que je découvre cette ravissante femme et mère de famille, Anne Dorval (aussi fidèle au réalisateur que moi), dans la banlieue de Montréal, et ce gamin troublé et hyperactif, avec des accès de violences inouïes y compris envers sa mère, Antoine Olivier Pinon.

Entre ces deux personnes, il y a de l’amour fusionnel. Beaucoup, peut-être même trop. Avec toujours cette peur chez l’enfant qu’un jour sa « mommy » ne l’aime plus. Parce qu’il a trop de rage en lui, parce qu’il a trop d’incompréhension dans sa tête. Et il cache sa fragilité justement par des accès de violences physiques et verbales. Grossièreté des mots où Tabarnak revient à chaque phrase, j’adore. Impuissance et désarroi. L’équilibre est fragile. Je ne t’ai pas encore parlé de cette voisine, Suzanne Clément (toujours aussi fidèle au réalisateur que moi) qui ne semble pas à sa place dans son mariage, mais qui s’ouvrira petit à petit au gamin en lui donnant quelques cours.

Les larmes ne sont pas loin, mais avec une rage omniprésente, me demandant tout au long du film comment réagir face à une telle situation, comment aider les uns et les autres. « Mommy » n’a pas eu la palme d’or à Cannes, seulement le prix du jury (« ! »). Et alors, moi je veux bien lui décerner ma palme, même si l’objectivité n’a pas beaucoup de prise avec moi quand je regarde les films de Dolan que j’entends des Tabarnak à chaque phrase ou que je rêve de blanche de Chambly ou autre eau bénite brassée de l’autre-côté de l’Atlantique.

Et puis, ça me donne envie de te parler du patrimoine national du Québec et de te chanter Céline Dion : J’irai chercher ton cœur si tu l’emportes ailleurs
Même si dans tes danses d’autres dansent des heures
J’irai chercher ton âme dans les froids dans les flammes
Je te jetterai des sorts pour que tu m’aimes encore…

Une sacrée belle histoire d’un amour entre une mère et un fils. Dois-je y mettre de mon bémol : Xavier Dolan a décidé de filmer au format 1:1. A l’heure où toutes les télévisions sont en 16/9ème, un écran carré laisse beaucoup de place aux bandes noires. Mais bon, c’est son choix, je m’y suis fait, mais n’ai pas compris véritablement l’intérêt. Mais, tabarnak, quel putain de grand film !

« Mommy » [2013], TABARNAK !

un Tabarnak de merci à CineTrafic pour cette première opération DVDtrafic !

14 commentaires
  1. 28 mars 2015 , 5 h 45 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Ah ben Tabarnak!

    Qu’est-ce que j’ai adoré ce film! Je me souviens être sortie de la salle avec la gorge nouée et l’envie de pleurer, pour fondre en larmes une fois rentrée chez moi. Comme quelque chose qu’on retient en soi sans trop savoir pourquoi… C’est là que j’ai senti le génie de Dolan, à sa manière de nous placer constamment face à des émotions opposées et extrêmes qui laissent en nous juste assez de fragilité pour qu’on se dise, je fais quoi maintenant avec tout ça? Ce à quoi il répondrait, Tabarnak débrouillez-vous, moi j’ai fait mon travail! Quel salaud, j’en suis complètement folle…

    « D’ailleurs, je me demande si, entre-eux, ils se comprennent réellement »
    ptdrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr
    On a tété le même biberon de BdC et pris notre bain chaque soir dans l’EB de la garderie Unibroue, tu parles qu’on se comprend!!! Pourquoi, tu trouves qu’on a un « accent »??? :D

    Quel sacré billet TABARNAQUEMENT bon!

    • 28 mars 2015 , 12 h 15 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Non, ne me dis pas que t’as pas besoin des sous-titres ! T’as un débit pareil ? Je comprends mieux pourquoi la cave à Chambly diminue aussi rapidement !!

  2. 28 mars 2015 , 6 h 57 min - manU prend la parole ( permalien )

    Quel film, Tabarnak ! Quel moment formidable j’ai passé, entre rires et larmes ! Un sacré moment d’émotions….
    Des films comme ça, j’en redemande ! Esprit !

    Le format ne m’a pas gêné, au contraire. J’ai trouvé qu’il accentuait le côté angoissant de la situation de ce trio. Et puis quand tout va mieux que l’écran s’élargit, comme une bouffée d’oxygène, pour mieux se rétrécir à nouveau…
    Le plus étonnant reste pour moi que certains spectateurs ne se sont pas rendu compte du changement de format…

    Bref, un Tabarnak de film, esprit !!! :D

    • 28 mars 2015 , 12 h 13 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Sur grand écran, le format carré passe peut-être mieux. Il m’a fallu bien 5 minutes pour comprendre que cela ne servait à rien que je règle ma télé :) .
      Mais putain, quel tabarnak de film !!! :) Esprit !

  3. 28 mars 2015 , 7 h 27 min - Princécranoir prend la parole ( permalien )

    Encore un spectateur subjugué par le petit prodige de la Nouvelle France ! Personnellement, quand j’entends Dolan, j’ai envie de sortir mon Will Smith & Wesson. Par deux fois il a réussi à m’attirer dans sa toile hystérique : d’abord un peu par hasard pour « j’ai tué ma mère », et j’en suis sorti en me disant que mon aventure avec le Xav aura (heureusement) été de courte durée. Puis, sur l’insistance d’une critique enjouée, je m’y suis recollé, volontairement cette fois, pour « Laurence anyways » (il faut dire qu’il s’était pour l’occaz déguisé en Melvil Poupaud). J’en suis sorti irrité au plus haut point. Maintenant quand on me parle de chant Dolan (qui pousse même à fredonner du Goldman, c’est dire le pouvoir insidieux de ce petit gars-là !), je suis à deux doigts de monter dans les tours :-(

    • 28 mars 2015 , 12 h 12 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      totalement subjugué à crier au génie ! et puis chanter du Céline Dion ne te ferait pas de mal ! :)

    • 28 mars 2015 , 13 h 57 min - Princécranoir prend la parole ( permalien )

      Plutôt sombrer avec le Titanic !

    • 28 mars 2015 , 14 h 24 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      J’te comprends… C’est pas si mal le Titanic. Au moins sous l’eau, on l’entend moins (du moins, je l’espère)

  4. 28 mars 2015 , 14 h 40 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Ben je me sens seule, triste et démunie face à vous !!!! :(

    Je suis la seule à ne pas connaitre Dolan ! Jamais vu un de ses films … tssss

    Alors mise à part te dire que ton billet me donne plus qu’envie de découvrir ce film et ce réalisateur…

    Mais je peux chanter Céline si tu veux ….

    Pour que tu m’aimes en cooooo OOOOOORRRE ….

    • 28 mars 2015 , 14 h 48 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Tiens, c’est pas des gouttes de pluie que je sens suinter sur mon visage. Célinnneee, sors de ce corps !!!

  5. 28 mars 2015 , 19 h 07 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Heu, jamais vu ses films, mais si tu me promets d’arrêter de chanter du Dion, je veux bien faire un effort et télé****** le film ;)

    • 28 mars 2015 , 22 h 42 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je rêve son visage, je décline son corps
      Et puis je l’imagine habitant mon décor
      J’aurais tant à lui dire si j’avais su parler
      Comment lui faire lire au fond de mes pensées ?

      Mais comment font ces autres à qui tout réussi ?
      Qu’on me dise mes fautes, mes chimères aussi
      Moi j’offrirais mon âme, mon cœur et tout mon temps
      Mais j’ai beau tout donner, tout n’est pas suffisant

      S’il suffisait qu’on s’aime, S’il Suffisait D’Aimer
      Si l’on changeait les choses un peu,
      Rien qu’en aimant donner
      S’il suffisait qu’on s’aime, S’il Suffisait D’Aimer
      Je ferais de ce monde un rêve, une éternité

      ;-)
      Une Chouffe ?

  6. 29 mars 2015 , 16 h 11 min - dasola prend la parole ( permalien )

    Bonjour le Bison, oui, c’est un grand film car Anne Dorval est une grande actrice, elle est géniale. Elle « crève » l’écran.Elle aurait mérité tous les prix existants: césar, oscar, etc. En revanche, la conclusion n’est pas satisfaisante, selon moi (et je ne suis pas seule à le penser). Bonne après-midi.

    • 29 mars 2015 , 19 h 10 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Elle mériterait d’être vu dans d’autres films que ceux de Xavier Dolan…

Ajouter un commentaire

PS: XHTML est autorisé. Votre adresse mail ne sera jamais publié.

S’abonner aux commentaires par le flux RSS