Hot Rats [Frank Zappa]

Par le Bison le 23 mars 2015

Le soleil s’estompe à l’horizon pour une nouvelle nuit de beuverie et de débauche. Les portes du ranch restes grandes ouvertes et à toute heure pour accueillir les âmes perdues et tous les jeunes soixante-huitards de l’époque, ces drogués au LSD, ces sauvages qui s’éclatent en jouant un rock’n’roll cool, ces cheveux longs à la barbichette hirsute. Une invitation informelle pour Frank Zappa qui ramène enfin sa fraise et sa guitare par ici. Sans les Mothers of Invention. Ouf, cela fera moins de bouteilles de rye à sortir de la cave. Avec Captain Beefheart en personne. Ouch, va falloir que je revoie le stock de bouteilles à la hausse.

Willie the Pimp by Frank Zappa on Grooveshark

Avec « Willie The Pimp », c’est Captain en personne qui vient me parler de Willie le proxénète. Grand morceau, beau métier, proxénète. Une ambiance cinglante et une guitare virtuose qui égaie de son entrain les grandes plaines de poussière. Zappa, on y vient pas comme ça. Il faut prendre son temps, avoir la patience qu’il daigne pénétrer ton cœur. Il ne s’apprivoise pas, trop sauvage, mais il s’insinue lentement dans les interstices de ton âme avant de pouvoir te charmer et te conquérir. Parce qu’avec une telle succession de solos, la guitare te lessive le crane. Et ça fait du bien – pour faire court sur mon ressenti.

Hey mec, tu peux laisser en paix ta guitare trente secondes que je repose mes esgourdes ?

Son of Mr. Green Genes by Frank Zappa on Grooveshark

Je ne m’étendrai pas longtemps sur ce « Son of Mr Green Geenes » que certains considèrent comme le plus grand morceau de guitare du maître Zappa et du rock en général… Quoique je m’étendrai bien sur toi, belle aux longues jambes, pour partager ce moment de pure folie ou de folie pure. Vice et versa, le disque est de 69, année érotique, alors forcément, j’en suis tout retourné. Parce que ces soli de guitares sont d’une exceptionnelle virtuosité. A t’en retourner même. Le rythme totalement dément en impose, impossible d’y échapper une fois que la danse est en œuvre. Fou et répétitif, comme des vas-et-viens de bonheur qui te submergent. Une œuvre déraisonnable à écouter, mais comme la raison n’a pas de prise ici, laisse-toi aller, laisse couler cette fontaine d’émotion en toi, les cheveux en bataille et le sourire béat.

Mais pour qu’un disque soit un chef d’œuvre, il faut un chef d’œuvre à l’intérieur du chef d’œuvre. « The Gumbo Variations » est le symbole tant attendu de ce disque qui justifie à lui seul – ou à moi tout seul – l’écoute de l’album.17 minutes de folie pure ou de pure folie, comme tu veux. Dans le sens que tu veux. Le sax’ en plus. Furieux et enragé. Une puissance phénoménale. Du viril bourré de phéromones qui me met dans une hypnotique transe à en hérisser mon poil – et pas que l’poil, d’ailleurs. Surtout avec cette basse funkie où en absence de doses je deviens junkie de ce gombo.

The Gumbo Variations by Frank Zappa on Grooveshark

Quelques années plus tard, nombreux groupes de rock progressif auront piqué ces variations, avec certes beaucoup de plaisirs pour mes longues heures d’écoute, mais Zappa a eu tout le talent d’arriver le premier, tel le précurseur des sonorités pour esgourdes perdues. T’ai-je déjà parlé de Canterbury ? Non, à qui sait attendre…

« Hot Rats » [1969], et encore le coup du soixante-neuf.

8 commentaires
  1. 24 mars 2015 , 7 h 20 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Je vois que l’année 69 t’inspire du feu de Dieu !

    69 année féconde pour Zappa, pour le Rock et les chevelus de la planète :D

    Un bon album mais il faut s’accrocher, comme tous les Zappa d’ailleurs !

    Tu voudras que je te présente Carolina elle est très hard ?

    ;-)

    • 25 mars 2015 , 9 h 30 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je vois que l’année 69 t’inspire du feu de Dieu !

      Tout 69 m’inspire !

      Un bon album mais il faut s’accrocher, comme tous les Zappa d’ailleurs !

      Je confirme aussi. De nombreuses heures d’écoute d’un album de Zappa avant d’en apprécier sa substantifique moelle.

      Tu voudras que je te présente Carolina elle est très hard ?

      Une Carolina… Mais bien sur !!

  2. 24 mars 2015 , 13 h 25 min - Princécranoir prend la parole ( permalien )

    Te voilà chaud comme un rat, les quenottes aux aguets, la guitare en vrille, te voilà piégé.

    • 25 mars 2015 , 9 h 31 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Totalement HOT ! et pas que la guitare en vrille…

  3. 24 mars 2015 , 20 h 23 min - manU prend la parole ( permalien )

    Bien spécial tout ça pour mes oreilles de non initié !
    Je reviendrai voir ce que ça donne après plusieurs écoutes…

    • 25 mars 2015 , 9 h 32 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Tu as raison, il faut y revenir souvent pour initier tes oreilles.

  4. 25 mars 2015 , 2 h 01 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Ah ben Tabarnak! Ça fesse dans l’dash ton Gumbo Variations! :D

    Sinon, tu vas pas nous faire le coup de la pénurie de stock quand même?!…

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