Des Nouilles aux Haricots Noirs [Lee Hae-Jun]

Par le Bison le 12 mars 2015

Regarde la beauté de ce fleuve Han qui traverse si majestueusement la mégalopole Séoul avant de se jeter dans la mer Jaune et de séparer le pays en deux. Une lumière presque magique, des néons qui illuminent toute la nuit les ponts qui traversent grandement ce fleuve. Et puis un soir, pauvre monsieur Kim, accablé par les dettes, se jette dans le fleuve, espérant mettre ainsi fin à son déshonneur.

Il se réveille. Aie. Mauvais pont, sombre karma. Même pas capable de réussir son suicide. Un loser. Les pieds dans le sable, il regarde la rive, hébété et hagard. Il a juste échoué sur une petite île déserte, la vue des hauts buildings coréens à une centaine de mètres à peine. Moment improbable que la détresse de cette homme incapable de retrouver la civilisation et qui fou de rage, après la batterie à plat de son portable, déchire ses nombreuses cartes de crédits que tout cadre dynamique doit avoir dans notre société de consommation.

D’ailleurs de l’autre côté du fleuve, il y a cette folle, les cheveux en bataille le regard hagard et fatigué. 3 ans qu’elle n’a pas mis les pieds en dehors de sa chambre et qui ne (sur)vit que virtuellement. Une véritable hikikomori. Elle observe cet homme à demi-nu avec son appareil-photo télescopique entre deux clichés de la lune, comme si c’était un extra-terrestre pervers.

La romance à la coréenne, deux naufragés de la société qui se trouvent et qui vont nouer petit à petit une relation. Lui par des messages dessinés sur le sable, Elle par des bouteilles lancées au fleuve. C’est presque beau, c’est presque romantique, c’est une belle histoire en tout cas qui donne une importance primordiale dans la survie des uns et des autres à des nouilles aux haricots noirs. L’espoir dans un sachet en poudre. Le début du film donne du ton humoristique avec quelques gags incongrus sur la survie d’un homme en milieu pas vraiment hostile. Note pour plus tard : si l’envie me prend de sauter d’un pont, penser à regarder tous les épisodes de « Lost », cela pourra toujours servir un peu. Et ne pas oublier son briquet quand on ne sait pas faire de feu avec deux bouts de bois. Mais plus l’histoire avance, et plus le film plonge dans cette romance, cette rencontre improbable et qui en est presque loufoque : un Robinson Crusoé asiatique et une hikikomori à casque. Et de cet amour, renaitra deux nouvelles vies, à n’en pas douter. J’en aurais presque versé ma larme… Quand je pense qu’il suffirait d’un pédalo en forme de canard géant pour que ces deux marginaux se rejoignent et mangent ensemble des nouilles aux haricots noirs.

manU, adepte du bento et des ramen lyophilisés… « une histoire décalée, touchante et dépaysante, comme seul le cinéma asiatique sait nous en offrir. On suit avec intérêt et un certain amusement le destin de ces deux êtres en marge de la société. Le retour à la nature, Les limites du virtuel, la solitude autant de thèmes traités avec humour, tendresse et poésie. »

« Des Nouilles aux Haricots Noirs » [2009], une fable mi-ironique, mi-onirique.

15 commentaires
  1. 13 mars 2015 , 14 h 18 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Deux naufragés de la société et des bouteilles à la mer…

    C’est beau, c’est cruel, tendrement ironique et finalement tellement vrai !

    J’ai beaucoup aimé ce film et mes larmes ont coulé …

    Faire du feu sans allumette ni briquet !
    Rien de plus facile !

    Chris la scout ;-)

    • 13 mars 2015 , 14 h 22 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      J’ai beaucoup aimé ce film et mes larmes ont coulé …

      Parce que tu es une sentimentale des rencontres dans un bus, un quai de gare ou un tarmac d’aéroport.

    • 13 mars 2015 , 14 h 23 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      1/ Des brindilles bien sèches
      2/ Une grosse branche bien sèche fendue en deux
      3/ Un bout de bois bien taillé
      4/ et deux mains qui frictionnent avec énergie (le bout de bois j’entends)

      Tout est dans l’art et la manière

      Je donne des cours d’espagnol et d’allumage de feu ;-)

    • 13 mars 2015 , 14 h 37 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      deux mains qui frictionnent avec énergie un bout de bois bien taillé…
      Hum… Hum… On ne devait pas s’ennuyer dans les camps scouts d’Andalousie…

  2. 13 mars 2015 , 19 h 11 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Franchement parfois, quand je vois à quel point toute cette société de consommation me dégoûte, j’aurais juste envie de me retrouver en marge, naufragée sur une île. Avec rien d’autre que quelques bouts de bois (encore faut-il savoir les allumer…), un bol de nouilles aux haricots noirs et un beau sauvage à « demi-nu », à l’état brut, mal rasé et qui sent le bonheur! En mode survie on dit qu’il n’y a rien de mieux pour se tenir au chaud que de se coller nue en cuillère. Je serais prête à un tel dévouement……….
    Et surtout, après que le hasard du destin m’aurait fait croiser sa route, cesser de jeter des bouteilles à la mer, que personne ne me retrouve plus :D

    Romance, beaucoup de tendresse, larmes en vue, nouvelle vie et rencontre improbable. Je dois me mettre ce film sous la main…

    Je pars allumer le feu!

    • 13 mars 2015 , 19 h 41 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      moi, je fournis le sauvage nu.
      Mais pas de poche, pas de briquet.
      Alors faudra bien astiquer le bout de bois !

    • 13 mars 2015 , 23 h 48 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      Tiens « se coller nue en cuillère » je ne connaissais pas cette expression ^^ C’est jolie, ça me plait bien !!!

      Tu as raison, moi aussi je suis de plus en plus dégoutée de cette société de consommation. Comme des envies de « m’évaporer », comme dirait l’autre !

    • 14 mars 2015 , 0 h 01 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      « moi, je fournis le sauvage nu.
      Mais pas de poche, pas de briquet. »

      Tu auras un décapsuleur au moins pour la Mandrin ????….. :D

      Parce que sinon on risque de te perdre !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    • 14 mars 2015 , 1 h 56 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      Je ne savais pas que se coller en cuillère était une expression d’ici… ^^

      Pour la Mandrin, un vrai mâaaaale devrait pouvoir nous décapsuler ça avec ses dents! Mais ne nous faisons pas trop d’illusions Christina, il ne sais même pas « allumer » le feu avec deux bouts de bois…
      J’espère au moins pour nous qu’il a d’autres atouts! :D

    • 14 mars 2015 , 11 h 46 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Homme sauvage à la pêche, Femme au feu !

  3. 13 mars 2015 , 20 h 00 min - manU prend la parole ( permalien )

    Si je ne l’avais pas déjà vu, après t’avoir lu, je me précipiterais !

    Euhh sinon, « deux mains qui frictionnent avec énergie le bout », ça se passe où ? On peut s’inscrire ? Il reste des places ? ;)

    • 13 mars 2015 , 20 h 11 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Il reste des places ?

      Je ne sais pas mais en tout cas, il y a deux dames qui se disent spécialistes de la friction du bout de bois à deux mains…
      A croire qu’il n’y a que ce passage du film qui intéressent ces dames…

    • 13 mars 2015 , 23 h 58 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      Je vais t’expliquer ou ça se passe moi… attends un peu ! Espèce de Wolverine !

      Et puis l’autre qui ose se la rappliquer de son nuage G34.3 …

      Et ça veux partir sur une île déserte tsssss j’te jure !!!

      ;-)

    • 14 mars 2015 , 1 h 58 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      Le Wolverine d’Afrique qui a du poil!!! mdrrrrrrrrrrrr
      Rahhhhhhhhhhhh Le cri de la bête!!!

  4. 14 mars 2015 , 11 h 15 min - manU prend la parole ( permalien )

    Crôaaaa !!! :D

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