Dvorák, Elgar: Cello Concertos [Jacqueline Du Pré]

Par le Bison le 16 février 2015

Deux concertos pour violoncelle sur une même galette. Le classique, toujours aussi rare sur ces plaines, mais de plus en plus fréquentes dans mon univers musical. Comme l’envie de me sentir enveloppé par une douce lumière chaude et enivrante. L’effet de la musique classique sur moi. Mais aussi le besoin de l’écouter plusieurs fois avant d’être bousculé par cette musique, avant qu’elle m’emporte au-delà de la raison sur un océan de passion et de sensualité. Et question sensualité, le violoncelle est l’arme absolue. Et Elgar aussi.

Je ne me lasse pas de ce premier adagio, maîtrisé par les cordes envoutantes de cette toute jeune violoncelliste, si jeune à l’époque et à la vie si douloureuse par la suite. Lorsque je l’écoute, mon corps est pris de frissons, de soubresauts infimes qui me transcendent, me bouleversent, m’émeuvent. Jacqueline, sa musique si érotique, si bandante, que j’en ai envie de faire l’amour tout de suite, sur le carrelage blanc et froid de la cuisine. Peut-être ai-je une passion débordante pour les femmes qui écartent les cuisses.

N’y a-t-il pas plus érotique que le violoncelle ?

Elgar me met dans un tel état que je décline toute responsabilité sur ma fougue ou ma sauvagerie. Note pour toi : ne pas mettre un disque de Jacqueline Du Pré ou la musique d’Edward Elgar sous peine que je t’arrache de suite tes vêtements.

« Je la pris par la main et, en silence, nous marchâmes jusque chez moi. Elle n’avait pas peur, ne manifestait pas la moindre réticence. Son silence intérieur se lisait comme un poème.

Je ne voyais rien, je n’entendais rien, je flottais dans le courant qui nous poussait toutes les deux à travers la ville.

Je la fis entrer. Elle se déshabilla, laissant ses vêtements légers tomber sur le sol, et, quelques secondes plus tard, je me retrouvai nue face à elle. Je sentis ses lèvres contre les miennes, sa langue si douce, et je plongeai dans ses yeux ouverts.

Je la couchai doucement sur le lit, j’embrassai son cou, ses aisselles où couraient trois ou quatre poils délicats. J’enfouis ma tête dans son ventre souple qui ne m’opposait pas la moindre résistance et enfin je m’approchai de son sexe et m’en abreuvai tandis qu’il jouait avec ma langue comme une fontaine de jasmin.

Antoni Casas Ros – Enigma »

Edward Elgar, Antonín Leopold Dvořák, au choix. Sacré choix mais pourquoi choisir d’ailleurs… Question qui ne se pose même pas. Et ce, même si en ce moment, je suis plus sensible à Sir Edward. Peut-être simplement parce que je l’ai écouté plus, peut-être aussi grâce à ses variations Enigma et de ce qu’elles véhiculent en moi à chaque écoute. Et puis, il y a LA Jacqueline, quand même, accompagnée de son homme chef d’orchestre, Daniel Barenboim. Deux enregistrements de choix, Elgar 1965 avec Sir John Barbirolli et le London Symphony Orchestra, Dvorák 1970 avec Daniel Barenboim et le Chicago Symphony Orchestra. Voilà pour les données techniques de ce disque sublime.

« Dvorák, Elgar: Cello Concertos » [1965 - 1970], adagio moderato, allegro moderato, passionnata moderato

10 commentaires
  1. 16 février 2015 , 11 h 20 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Je partage ton enthousiasme pour le violoncelle et je comprends tes « émois » Quand je vous dis que c’est l’éclectisme même notre ami des grandes plaines.

    • 16 février 2015 , 12 h 20 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      je ne sais pas si c’est l’éclectisme.. mais les émois sur les grandes plaines, oui !

  2. 16 février 2015 , 11 h 30 min - Une ribambelle prend la parole ( permalien )

    En tant que violoncelliste (enfin qui ne joue plus) ça me fait plaisir d’en entendre dès le matin. Et que dire de ce concerto ; il suffit de fermer les yeux et se laisser transporter.

    • 16 février 2015 , 12 h 23 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Se laisser transporter de la Tamise au Danube…

    • 16 février 2015 , 13 h 26 min - Ribambelle prend la parole ( permalien )

      Dernier morceau joué au violoncelle : concerto numéro 1 de Kabalevsky (si ma mémoire est bonne). ça me fiche le bourdon d’y repenser. J’aimais tellement ce morceau.

  3. 16 février 2015 , 15 h 03 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Lundi matin, 6h30.
    Je m’apprêtais à me lever, quand…
    …en passant au ranch, j’ai entendu un adagio superbe et l’érotisme d’un violoncelle.
    Une envie de rester sous la couette, sous la chaleur d’un frisson, enivrée par cette musique. Et loin d’un carrelage froid de cuisine (tabarnak!)
    Et puis… j’ai aussi lu un passage de Casas Ros. Et une touche poétique du Bison qui « emporte au-delà de la raison sur un océan de passion et de sensualité ».
    Toujours cette même envie de jouer du majeur (engelure ou non) non moderato sur la gamme des émotions fortes.
    Dur dur le réveil sous ces notes enflammées qui t’enveloppent corps et âme.
    Lundi matin, 8h30, retour à la réalité. Avec une musique qui me suivra toute la journée jusqu’à épuisement du doigté…

    • 16 février 2015 , 18 h 35 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      je n’ose t’imaginer sous la couette enflammée…
      Mon cœur n’y résisterait pas bien que le majeur en soit déjà tout émoustillé.

  4. 17 février 2015 , 18 h 34 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Il est vrai qu’une femme qui joue du violoncelle est très sensuelle et érotique. Je connais peu cet instrument et cette musicienne.

    Moi je suis une adepte et une amoureuse du violoncelle de Rostrospovich et du Prélude de Bach cello suite n°1. Je ressens la même chose lorsque l’archet caresse les cordes :
    « … mon corps est pris de frissons, de soubresauts infimes qui me transcendent, me bouleversent, m’émeuvent. » Comme je te comprends !

    Ton lien, justement, va me permettre d’élargir mon horizon restreint de musique classique.

    Un destin tragique et cruel pour cette violoncelliste, d’autant plus par sa maladie qui a dû la priver peu à peu de son don.

    Merci de mettre si joliment à l’honneur, cette musicienne : Jacqueline du Pré

    • 17 février 2015 , 18 h 41 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Moi je suis une adepte et une amoureuse du violoncelle de Rostrospovich et du Prélude de Bach cello suite n°1.

      Je ne connais pas encore… J’ai tant à apprendre qu’à mon vieil âge, je ne sais si je pourrais connaître un jour. Par contre, je suis sur de trouver plus érotique la façon dont tient Jacqueline son instrument entre ses cuisses que Mstislav.

  5. 18 février 2015 , 17 h 27 min - dasola prend la parole ( permalien )

    Bonjour le Bison, très joli hommage à une grande musicienne disparue tragiquement trop tôt. Quelle « connerie » la maladie invalidante qui l’a empêchée de jouer. Bonne fin d’après-midi.

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