Dr Adder [K.W. Jeter]

Par le Bison le 24 décembre 2014

Un petit papier scotché et manuscrit. Un mot doux me félicitant de cette participation et me donnant envie de visiter le site internet de leur maison d’édition ActuSf. Merci Charlotte. Ha, Charlotte, comme je suis dans un spécial « Récits de l’imaginaire », je ne peux faire fonctionner mon imagination. Mais point trop, parce que le roman du jour est comment trouver le mot juste, « SPECIAL ». Ha, ha, tordu serait plus approprié.

Je n’apprendrais pas grand-chose aux aficionados de la science-fiction en disant que ce « Dr Adder » de K.W. Jeter n’est pas une nouveauté puisqu’écrit en 1972, mais publié seulement en 1984 après l’insistance acharnée d’un certain Philip K. Dick épris de passion pour cette violence sexuelle extrême. Rétrospectivement, ce roman fait partie des novateurs du courant survolté « cyberpunk ».

« Ce livre vous prend à l’estomac. Je l’ai aimé. Je l’ai adoré. Nos censeurs vont s’égayer en poussant des hurlements quand ils l’auront lu, mais laissez-les crier. »

Philip K. Dick

Qui est donc ce Dr Adder ? Un imminent chirurgien plasticien qui modifie les organes génitaux sexuels des prostituées de L.A. à sa convenance pour son plus grand plaisir ou celui de certains détraqués profonds aux désirs totalement inavouables. Imagine une vulve mécanique. Ou la version customisée « Dents de la Mer » qui se rétracte au moment du coït, plus rapide qu’une castration chimique ! Bienvenue à L.A., un voyage qui ne sera pas de tout repos et où sévit une guerre entre bien-penseurs religieux et détraqués sexuels. Au final, c’est toujours de toute façon, les putes qui trinquent, et les marginaux qui gravitent autour.

E. Allen Limmit quitte son Phoenix natal, un peu campagnard par rapport à la civilisation qui l’attend sur ce grand boulevard de L.A., se voit confier une drôle de mission : rencontrer le célèbre Dr Adder. Première étape, arpenter le bitume en sympathisant avec quelques prostituées à l’allure modifiée. Estropiées, amputées, doubles amputées, les travaux du chirurgien se voient aisément dans la rue. Au milieu de cette rue, une guerre éclate au milieu de ces marginaux, entre les bien-pensants de l’église du télévangéliste Mox et les combattants du Front de Libération dont les membres semblent se terrer sous terre.

« Quand il ne sentit plus ses jambes, il s’écroula sur les mains. Depuis combien de temps ça dure, se demanda-t-il  horrifié. Les pieds morts, les jambes mortes, la bite morte. Encore combien de temps avant que je sois mort de partout. Il rampa au milieu des cadavres, squelettes rigides, viscères mous. Ses mains moururent. Il tomba en avant et entrevit, tout proche, le trottoir ainsi que les pieds et les jambes de passants. J’y arriverai pas, pensa t-il, paralysé de terreur, secoué de nausées, tandis que des mains dégoulinantes de sang pesaient sur sa tête qu’il s’efforçait désespérément de maintenir au-dessus de la surface de la matière gluante. Les doigts laissaient sur sa figure des traces de cette pourriture de la rue, sa peau commençant à mourir et à se décomposer. »

Mais derrière ces écrans télévisés, les messages de l’auteur sont clairs : montrer la perversion des hommes, dénoncer le pouvoir des télévangélistes. Sur fond de scènes violentes, obscures, voire pour certaines âmes dégueulasses, avec cervelles écrasées, jambes amputées et délires sous LSD. Mes incartades dans l’univers de la SF se font si rares, qu’il me manque certains codes d’accès pour pénétrer ce monde underground, mais je sais qu’avec ce Dr Adder, j’ai en face de moi un roman d’un nouveau genre et grand classique maintenant de la contre-culture cyber et punk. C’est aussi la difficulté de la SF : pénétrer ce milieu sans au préalable avoir été initié à ce monde. Mais comme je suis du genre à apprendre par expérience plutôt que par un guide spirituel, lors de mon prochain voyage à L.A. je partirai à la recherche des survivantes du Dr Adder. Toutes les dérives sexuelles, même refoulées, sont dans la libido de l’homme, et je dois bien faire partie de cette catégorie… Parce qu’il est difficile d’en parler à sa psy.

« J’croyais que mon truc c’était les doubles amputés, tu vois, la façon dont tu peux faire rouler leur p’tit cul sans jambes dans tous les sens. »

« Dr Adder », des putes amputées et des vulves mécaniques.

Une opération Masse Critique du site Babelio

en collaboration avec ActuSF.

6 commentaires
  1. 24 décembre 2014 , 13 h 04 min - manU prend la parole ( permalien )

    « [...] pour son plus grand plaisir ou celui de certains détraqués profonds aux désirs totalement inavouables. »

    Ce livre est fait pour moi !! :D

    • 24 décembre 2014 , 13 h 05 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Faut aimer aussi la SF. Mais sinon, oui, si t’es un grand détraqué sexuel, petite grenouille dépravée.

      Fait attention quand même si tu croises en chemin une vulve mécanique avec des dents d’acier…

  2. 24 décembre 2014 , 13 h 17 min - Ribambelle prend la parole ( permalien )

    Ouh là là, il y en a qui ont de l’imagination :-) . D’ailleurs, je me dis que le plus difficile n’est pas d’écrire mais de trouver l’idée d’un roman qui fasse mouche.

    • 24 décembre 2014 , 17 h 14 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Et de l’imagination, moi, j’en ai aussi pour lire celle des autres :)

  3. 25 décembre 2014 , 18 h 04 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Et bien moi je ne crierai pas !
    NOOOOOOONNNNNNNNN je ne crierai pas pour cette cause car je ne lirai pas ce livre … Dios mio, que Horror !

    Bon ok je n’aime ni la SF, ni la torture et la j’avoue que « Amputation » et « vulves mécaniques » j’ai la nausée, c’est déjà trop pour moi. Tu crois que l’auteur à un grain lol ^^ ? N’empêche que ce sont des questions que je me pose, lorsque les livres vont trop loin … Un refoulement de vos libidos certainement !! :D

    « Parce qu’il est difficile d’en parler à sa psy. »
    - Tu veux qu’on en parle ? ^^

    Dis moi, le capitaine Buzz L’éclair c’est pour adoucir l’image de ton livre ?

    Vers l’infini et l’au delà ;-)

    • 25 décembre 2014 , 18 h 46 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Dios mio, que Horror !

      L’horreur est dans la nature de l’Homme. Sa nature et surtout sa perversion ;)

      j’avoue que « Amputation » et « vulves mécaniques » j’ai la nausée

      Tu veux qu’on en parle ? Allonge-toi sur le canapé et lâche-toi…

      Un refoulement de vos libidos certainement !!

      Pas la mienne. Moi, je suis un bison à l’âme pure et je ne cautionne pas ce défoulement (là, c’est la position officielle du bison)

      Dis moi, le capitaine Buzz L’éclair

      En route vers l’infini et au-delà des perversions sexuelles !

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