La Consolation des Grands Espaces [Gretel Ehrlich]

Par le Bison le 15 mai 2011

Après être parti au Dakota pour élever des bisons avec Dan O’brien, j’ai été tenté de m’enfuir vers le Wyoming pour élever des moutons. Berger, un métier qui pourrait me convenir ? La solitude, la nature des Grands Espaces et l’alcool… 3 ingrédients pour réussir parfaitement son isolement.

« Si la plupart des bergers alcooliques ne boivent que lorsqu’ils sont en ville, certains font des réserves avant de monter dans les collines. Un jour qu’il transportait des vivres pour un berger, John retourna son camion. Au milieu du désastre, il découvrit, dans les affaires du bonhomme, une cargaison de bouteilles en parfait état. « C’est pour la cuisine ! protesta le type. – Quel tambouille tu veux faire avec ça ? » s’exclama John en sortant 20 litres de vodka. »

A la suite d’un deuil, Gretel Ehrlich a tout quitté pour s’installer dans le Wyoming. Elle espère y trouver un endroit où son chagrin et sa peine puissent s’exprimer, un endroit où elle pourra se recueillir et se consoler de cette profonde tristesse. Elle devient donc bergère, accompagne les troupeaux, côtoie bergers et cow-boys, parcoure les grandes pleines du Wyoming et du Montana. Plus essai que roman, ce livre offre la possibilité de vivre par procuration quelques instants anodins d’une vie banale de cow-boy ou de berger. Une écriture, une lecture proche de la nature qui m’a totalement immergé dans ces grands espaces, la consolation en moins. Car de la douleur de Gretel, il n’en n’est presque pas question. Au milieu de cet espace, elle ne l’oublie peut-être pas, mais elle revit, tout simplement. Elle découvre une nouvelle façon de vivre au milieu des herbes, à un autre rythme basé sur celui de ses moutons, sur celui des saisons et du chant des oiseaux.

« J’ai passé des heures dans un pick-up qui montait à un campement, à l’aube, sans qu’aucune parole ne soit échangée ; j’ai connu des repas où les seuls mots prononcées étaient : « Merci, m’dame » marmonnés à la fin du dîner. Le silence est profond. Plutôt que des paroles, c’était un regard que l’on partage. Observé avec intensité, le monde se transforme. Le paysage fourmille de détails, et sur le fond de ce décor, le moindre geste se détache avec une précision presque douloureuse. L’atmosphère entre les gens est tendue. Les jours se déroulent, baignés de leur propre musique. Les nuits deviennent hallucinations, les rêves des prémonitions. »

J’aime le silence, ce silence lourd et pesant qui vous enferme dans une profonde solitude. « La Consolation des Grands Espaces » n’est pas une lecture à mettre dans toutes les mains. Certains vont s’ennuyer ferme, bailler aux corneilles devant ce spectacle si barbant en compagnie d’un troupeau de moutons incapable de faire autre chose que brouter ou bêler. Pour ma part, c’est tout le contraire. J’ai envie de découvrir cette vie, de m’échapper de mon urbanisme grisâtre moribond, de m’isoler et me sentir perdu au milieu de la nature, d’arrêter de courir derrière un métro bondé pour préférer courir derrière une brebis. Je rêve du Montana, du Dakota, du Wisconsin, du Wyoming et parfois du Kentucky. J’ai envie de devenir éleveur de bisons mais je pourrais débuter ma reconversion vers une nouvelle « carrière » comme gardien de moutons, histoire d’appréhender ces territoires sauvages au climat si rude et austère.

Le Wyoming et la Consolation des Grands Espaces, vus de la Nouvelle-Calédonie.

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Après être parti au Dakota pour élever des bisons avec Dan O’brien, j’ai été tenté de m’enfuir vers le Wyoming pour élever des moutons. Berger, un métier qui pourrait me convenir ? La solitude, la nature des Grands Espaces et l’alcool… 3 ingrédients pour réussir parfaitement son isolement.

« Si la plupart des bergers alcooliques ne boivent que lorsqu’ils sont en ville, certains font des réserves avant de monter dans les collines. Un jour qu’il transportait des vivres pour un berger, John retourna son camion. Au milieu du désastre, il découvrit, dans les affaires du bonhomme, une cargaison de bouteilles en parfait état. « C’est pour la cuisine ! protesta le type. – Quel tambouille tu veux faire avec ça ? » s’exclama John en sortant 20 litres de vodka. »

A la suite d’un deuil, Gretel Ehrlich a tout quitté pour s’installer dans le Wyoming. Elle espère y trouver un endroit où son chagrin et sa peine puissent s’exprimer, un endroit où elle pourra se recueillir et se consoler de cette profonde tristesse. Elle devient donc bergère, accompagne les troupeaux, côtoie bergers et cow-boys, parcoure les grandes pleines du Wyoming et du Montana. Plus essai que roman, ce livre offre la possibilité de vivre par procuration quelques instants anodins d’une vie banale de cow-boy ou de berger. Une écriture, une lecture proche de la nature qui m’a totalement immergé dans ces grands espaces, la consolation en moins. Car de la douleur de Gretel, il n’en n’est presque pas question. Au milieu de cet espace, elle ne l’oublie peut-être pas, mais elle revit, tout simplement. Elle découvre une nouvelle façon de vivre au milieu des herbes, à un autre rythme basé sur celui de ses moutons, sur celui des saisons et du chant des oiseaux.

« J’ai passé des heures dans un pick-up qui montait à un campement, à l’aube, sans qu’aucune parole ne soit échangée ; j’ai connu des repas où les seuls mots prononcées étaient : « Merci, m’dame » marmonnés à la fin du dîner. Le silence est profond. Plutôt que des paroles, c’était un regard que l’on partage. Observé avec intensité, le monde se transforme. Le paysage fourmille de détails, et sur le fond de ce décor, le moindre geste se détache avec une précision presque douloureuse. L’atmosphère entre les gens est tendue. Les jours se déroulent, baignés de leur propre musique. Les nuits deviennent hallucinations, les rêves des prémonitions. »

J’aime le silence, ce silence lourd et pesant qui vous enferme dans une profonde solitude. « La Consolation des Grands Espaces » n’est pas une lecture à mettre dans toutes les mains. Certains vont s’ennuyer ferme, bailler aux corneilles devant ce spectacle si barbant en compagnie d’un troupeau de moutons incapable de faire autre chose que brouter ou bêler. Pour ma part, c’est tout le contraire. J’ai envie de découvrir cette vie, de m’échapper de mon urbanisme grisâtre moribond, de m’isoler et me sentir perdu au milieu de la nature,Après être parti au Dakota pour élever des bisons avec Dan O’brien, j’ai été tenté de m’enfuir vers le Wyoming pour élever des moutons. Berger, un métier qui pourrait me convenir ? La solitude, la nature des Grands Espaces et l’alcool… 3 ingrédients pour réussir parfaitement son isolement.

« Si la plupart des bergers alcooliques ne boivent que lorsqu’ils sont en ville, certains font des réserves avant de monter dans les collines. Un jour qu’il transportait des vivres pour un berger, John retourna son camion. Au milieu du désastre, il découvrit, dans les affaires du bonhomme, une cargaison de bouteilles en parfait état. « C’est pour la cuisine ! protesta le type. – Quel tambouille tu veux faire avec ça ? » s’exclama John en sortant 20 litres de vodka. »

A la suite d’un deuil, Gretel Ehrlich a tout quitté pour s’installer dans le Wyoming. Elle espère y trouver un endroit où son chagrin et sa peine puissent s’exprimer, un endroit où elle pourra se recueillir et se consoler de cette profonde tristesse. Elle devient donc bergère, accompagne les troupeaux, côtoie bergers et cow-boys, parcoure les grandes pleines du Wyoming et du Montana. Plus essai que roman, ce livre offre la possibilité de vivre par procuration quelques instants anodins d’une vie banale de cow-boy ou de berger. Une écriture, une lecture proche de la nature qui m’a totalement immergé dans ces grands espaces, la consolation en moins. Car de la douleur de Gretel, il n’en n’est presque pas question. Au milieu de cet espace, elle ne l’oublie peut-être pas, mais elle revit, tout simplement. Elle découvre une nouvelle façon de vivre au milieu des herbes, à un autre rythme basé sur celui de ses moutons, sur celui des saisons et du chant des oiseaux.

« J’ai passé des heures dans un pick-up qui montait à un campement, à l’aube, sans qu’aucune parole ne soit échangée ; j’ai connu des repas où les seuls mots prononcées étaient : « Merci, m’dame » marmonnés à la fin du dîner. Le silence est profond. Plutôt que des paroles, c’était un regard que l’on partage. Observé avec intensité, le monde se transforme. Le paysage fourmille de détails, et sur le fond de ce décor, le moindre geste se détache avec une précision presque douloureuse. L’atmosphère entre les gens est tendue. Les jours se déroulent, baignés de leur propre musique. Les nuits deviennent hallucinations, les rêves des prémonitions. »

J’aime le silence, ce silence lourd et pesant qui vous enferme dans une profonde solitude. « La Consolation des Grands Espaces » n’est pas une lecture à mettre dans toutes les mains. Certains vont s’ennuyer ferme, bailler aux corneilles devant ce spectacle si barbant en compagnie d’un troupeau de moutons incapable de faire autre chose que brouter ou bêler. Pour ma part, c’est tout le contraire. J’ai envie de découvrir cette vie, de m’échapper de mon urbanisme grisâtre moribond, de m’isoler et me sentir perdu au milieu de la nature, d’arrêter de courir derrière un métro bondé pour préférer courir derrière une brebis. Je rêve du Montana, du Dakota, du Wisconsin, du Wyoming et parfois du Kentucky. J’ai envie de devenir éleveur de bisons mais je pourrais débuter ma reconversion vers une nouvelle « carrière » comme gardien de moutons, histoire d’appréhender ces territoires sauvages au climat si rude et austère.

d’arrêter de courir derrière un métro bondé pour préférer courir derrière une brebis. Je rêve du Montana, du Dakota, du Wisconsin, du Wyoming et parfois du Kentucky. J’ai envie de devenir éleveur de bisons mais je pourrais débuter ma reconversion vers une nouvelle « carrière » comme gardien de moutons, histoire d’appréhender ces territoires sauvages au climat si rude et austère.

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