In The Court Of The Crimson King [King Crimson]

Par le Bison le 12 novembre 2014

Rien de bien nouveau ici.

Juste un truc vieux de Mathusalem, aussi ancien qu’un 69 sur un 33 tours.

1969, King Crimson lance son cri de ralliement au monde frénétique de la schizophrénie transcendantale. Je ne t’apprends rien et tu le connais également par cœur, ce disque sur lequel tu as roulé ton premier joint, ressenti l’extase d’une première pipe ou bu ta première Chimay. Bref, un moment unique, un monument classique, ce disque. Culte tant par sa musique que par sa pochette effrayante.

Elle me fait peur cette pochette. Terrifiante. On dirait mon portrait en train de chanter les variations harmoniques de Christian Vander et son légendaire Magma. Hypnotisante. Comme une musique interstellaire venue d’une autre galaxie sonique. Parce que le premier opus vient d’ailleurs, du 21ème siècle. Ce groupe était en avance sur son temps. « 21st Century Schizoid Man ». Le cri perçant de Greg Lake qui déchire la mélodie. Une rumeur urbaine dira qu’il portait une camisole blanche au moment de l’enregistrement qui s’est fait dans un lieu si hospitalier que les murs étaient peints tout en blanc mat, des barreaux aux fenêtres et des néons blafards illuminant de longs couloirs insonorisés. A cette exhortation sonore s’ajoutent une guitare furieuse et surtout des saxos totalement incontrôlables et imprévisibles.

Le choc donc de ce premier morceau. Totalement novateur, complètement déjanté, parfaitement incontrôlé. Une telle harmonie s’écoute sans compter, même 45 ans après. La suite est plus classique. Le côté furieux est mis de côté, les mélodies se font douces et chaloupées. Il est temps de faire tourner (non, pas le disque), et d’apprécier la saveur du joint. Douce fumée, Sweet Smoke. Un petit rappel, un petit regard en arrière. Ces deux albums sont à mettre au même niveau. L’un ne va pas sans l’autre. Et réciproquement. De toute façon, si tu possèdes Sweet Smoke, tu possèdes King Crimson. Et inversement. Une évidence, une obligation.

La fumée tourne autour de toi, de ton majeur et de tes sentiments. Ton esprit s’évade dans des rêves bucoliques, des désirs fous. Le second effet est encore plus fort que la furie du début, oubliée depuis au moins six taffes. Mais, bon, je ne vais pas m’étendre sur le sujet – tu serais capable d’en profiter pour me déshabiller -, parce que toute personne de plus de 41 ans un quart possède forcément ce disque. Et indubitablement, tu continues à l’écouter, encore et encore, en débouchant une bouteille de Merlot.

Je résume, si nécessaire. Un premier morceau hallucinant et torturée, la suite d’une force tranquille et mystique. Et comme j’apprécie les déchainements de saxo du début qui me donne envie de déchirer tous tes vêtements, j’adore presqu’encore plus les titres suivants, tout en douceur, en mélancolie et en atmosphère, si propice à caresser ce corps nu chaloupant devant moi.

Merde, j’ai plus de Merlot. Je débouche un Brouilly.

« In The Court Of The Crimson King » [1969], l’œil hagard et la luette vibrante.

23 commentaires
  1. 13 novembre 2014 , 8 h 02 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Là mon Bison tu touches à l’essentiel, ITCOTCK est une date, une pépite, un fondamental, un y a le avant et le après,etc… je l’ai évidemment, en K7,un vestige. Chantons ensemble trois berceuses « three lullabies in an ancient tongue in the court of the Crimson King ».
    Sweet Smoke, je me rappelle, c’était surtout un bel outil de demo hi-fi dans les magasins.
    Si possible,pour Epitaph,attendons un peu,car c’est souvent plus dead que live.
    Signé 21st century schizoid Eeguab :)

    • 13 novembre 2014 , 8 h 37 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Si possible,pour Epitaph,attendons un peu

      J’ai surtout une tendresse particulière pour l’enfant de la lune…

  2. 13 novembre 2014 , 9 h 05 min - Ribambelle prend la parole ( permalien )

    Dès potron minet ça fait du bien d’entendre cela. Le son des cordes, j’adore (tout comme le son d’une trompette dans une église). Le synthé un peu moins.
    Je ne connaissais même pas. Shame on me. Heureusement que le Ranch me fournit un peu de culture musicale.

    • 13 novembre 2014 , 14 h 56 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Et si tu as la curiosité d’écouter le premier titre de l’album – 21st Century Schizoid Man – ça fait aussi du bien dès le poitron-jacquet. On va dire que ça peut faire office de réveil !

  3. 13 novembre 2014 , 17 h 12 min - Princécranoir prend la parole ( permalien )

    Mmmh, du King Crimson à gorge et narine déployées, j’en avalerais jusqu’au bout de la nuit ! Bon, évidemment, Greg Lake ressemble un peu aujourd’hui à une version bouffie de Francis Lalanne mais c’est pas grave ! J’en Fripp encore ! Call me moonchild svp…

    • 13 novembre 2014 , 22 h 08 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Lalanne frise un peu moins ? Me semble-t-il… mais je maîtrise pas très bien les données capillaires… Pas mon domaine de prédilection.

    • 14 novembre 2014 , 17 h 55 min - Princécranoir prend la parole ( permalien )

      C’est vrai, c’est plutôt moi qui frise quand j’entend ses chansons…

  4. 13 novembre 2014 , 18 h 33 min - phil prend la parole ( permalien )

    Merci Bibison,
    Merci de me faire prendre 20 ans en pleine figure …
    Le brouillard en moins …

    • 13 novembre 2014 , 22 h 09 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      20 ans !
      Tu te rajeunis… mais t’as raison, tant que t’arrive à lever le coude, t’es bon pour le service !

  5. 13 novembre 2014 , 19 h 30 min - manU prend la parole ( permalien )

    Hey pas mal du tout Man ! Je vais délaisser un peu Heidi !
    Sinon, les joints et la Chimay jamais essayés mais la pipe j’adore… ;)

    • 13 novembre 2014 , 19 h 55 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      La pipe !!!! mdr !!!!!! Que tu me fais rire !!! Alors toi :D Je te félicite pas ! ;-)

    • 13 novembre 2014 , 22 h 18 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Sinon, les joints et la Chimay jamais essayés mais la pipe j’adore…

      Je reconnais que joint et pipe ne vont pas de paire.
      Mais tu devrais essayer pipe et Chimay, et je suis sûr que tu pourrais prendre ton pied…

    • 14 novembre 2014 , 12 h 26 min - phil prend la parole ( permalien )

      s il faut quelqu’un pour pipe, suis la et vous prête la mienne si jamais!

  6. 13 novembre 2014 , 20 h 06 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Peux tu me dire quel est le ou la déjantée, qui peut avoir, en même temps, dans sa discothèque : Vander, Crimson et Sweet smoke ??? et pourquoi pas Spectrum aussi ? Da da da ….

    Quand j’écoute Epitaph…. Wahou… Je glisse et je fonds ….

    Un choix de Maître … Je m’incline…!

    ;-)

    • 13 novembre 2014 , 22 h 19 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Un choix de Maître … Je m’incline…!

      le prends pas mal, n’aie pas peur, mais j’aime bien quand tu t’inclines !
      ;)

    • 14 novembre 2014 , 20 h 08 min - manU prend la parole ( permalien )

      Je me demande bien pourquoi ce n’est jamais devant moi qu’on s’incline… :(
      Les grenouilles sont incomprises… ;)

    • 14 novembre 2014 , 22 h 02 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Parce qu’elles attendent toujours que la grenouille se transforme en prince charmant. Il y a l’espoir de cette transformation qui les font patienter…
      Tandis qu’un vieux bison, il est comme il est et elles ne peuvent plus rien y faire, seulement se soumettre au désir.

    • 15 novembre 2014 , 18 h 31 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      CrÔA ;-)

  7. 13 novembre 2014 , 20 h 45 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    N’ayons pas peur des mots : TABARNAK!

    Je l’imagine trop bien cette scène. Un bison affalé sur son canapé marron, une bouteille de Brouilly pas trop loin, la luette dans tous ses états, un majeur qui s’émoustille, un nuage de fumée et de sentiments. Hooooou…..

    Greg Lake et THE King Crimson, Monsieur nous offre des grands morceaux de Musique! Ça c’était de la musique… Coup de cœur pour la basse de Lake.

    Tabarnak…

  8. 12 février 2015 , 11 h 07 min - Nio prend la parole ( permalien )

    Immense disque. Mais la carrière du groupe de Robert Fripp comporte par là suite aussi des moments incroyables. Je me souviens avoir découvert ce premier disque au lycée à la fin des années 90, j’étais en pleine période rock progressif au lieu d’écouter des choses plus basiques de cette décennie (ah si j’ai vécu Nirvana). Par la suite j’ai dévoré la discographie de plusieurs groupes (dont Yes, Genesis ou King Crimson) avant de revenir progressivement à des choses supposément plus simples en musique.

    Sweet Smoke me disait bien quelque chose, la radio FIP avait diffusé une de leurs chansons un soir. J’avais noté le titre sur un bout de papier mais sans y revenir, merci pour le rappel donc. :)

    • 16 février 2015 , 13 h 08 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      j’étais en pleine période rock progressif au lieu d’écouter des choses plus basiques de cette décennie (ah si j’ai vécu Nirvana).

      J’ai eu aussi longtemps une grande période rock progressif. D’ailleurs, j’y suis encore dedans. Nirvana, je les ai découvert aussi à cette époque, et j’avoue que maintenant, j’aime encore plus. Signe d’un grand groupe, peut-être aussi grâce à sa période éphémère.

      Yes, Genesis ou King Crimson

      King Crimson, je n’y reviendrais pas. Des 3, cela reste cependant le moins connu dans ces grandes plaines.
      Genesis, époque exclusive de Peter Gabriel. Magnifique, splendide, intemporel. De la grande musique, du bon son, le rock progressif sans concession !
      Ah, Yes. J’ai eu une longue période Yes. Beaucoup d’albums. J’écoute moins, cela a un tout petit peu vieilli. Mais quel plaisir de dépoussiérer un de leurs vieux albums des années 70. J’adorai et j’adore toujours !!!

      Sweet Smoke me disait bien quelque chose

      Un grand album mais une disparition trop rapide. Dommage, parce qu’il y avait pas mal d’inventivité et de mélange des genres.

      Enfin, ça me fait plaisir de croiser la route d’un nouvel amateur de rock progressif.

  9. 17 février 2015 , 16 h 16 min - niolynes prend la parole ( permalien )

    Je pense que quelque part le rock progressif ne vieillit pas trop. Il témoigne d’une époque pour certains groupes mais sa complexité fait qu’on y revient constamment. J’écoute moins Genesis ou King Crimson actuellement (quoiqu’un petit « RED » ne fait jamais de mal) mais je reste fidèle à Yes. Je m’en réécoutais à grosses doses (homéopathiques ?) le mois dernier. ;)

    • 17 février 2015 , 16 h 24 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      La fidélité dans YES ! Chapeau-bas. Tu mérites toute mon estime. Ils sont peu nombreux.

Ajouter un commentaire

PS: XHTML est autorisé. Votre adresse mail ne sera jamais publié.

S’abonner aux commentaires par le flux RSS