Pieces of a Man [Gil Scott-Heron]

Par le Bison le 6 novembre 2014

La révolution ne sera pas télévisée, Brother. L’hymne d’un peuple noir contre une certaine Amérique blanche. Déclinée façon poème lors du premier album, Small Talk at 125th and Lenox, avec bongos et congas, cette chanson majeure de Gil Scott-Heron s’enrichit ici d’une musique avec basse, batterie et flûte. Mais la vigueur est toujours présente, la rage d’un peuple refusant de se voir ghettoïsé dans des cités de plus en plus délabrées et abandonnées par la pensée dirigeante bien trop blanche.

Outre, cet aspect si revendicatif et politique, elle marqua l’histoire de la musique en s’inscrivant comme l’un des titres précurseurs du rap et son phrasé rapide et chaloupé.

On. Off. Il est temps d’éteindre mon poste de télévision, de prendre ma guitare et de l’éclater contre le tube cathodique. Allume la radio. Un café noir. Black trombone, sonotone. On me l’a chouré à la sortie du Subway. Huggy me file un bon tuyau. Direction la 43ème rue pour un receleur. Pas de trombone à me fourguer, mais un saxo et une flûte ayant appartenu à Hubert Laws. Inconnu à mon bataillon. Encore un noir, encore un drogué. Musique soul, musique jazz et groove funky. De la musique ancrée Black ‘n Blues, couleur chaude et sensuelle qui n’a pas à pâlir devant un Marvin Gaye, que je pourrais écouter au coin d’un feu de cheminée ou dans un roman en compagnie de Hap’ et Leonard. Même si ces derniers sont texans, les cités noires de l’East Texas n’ont rien à envier à Harlem sur le plan de la drogue, de la violence et du racisme.

Je ne suis pas un habitué de cette ambiance tamisée de soul et de groove, plus habité par mes souleries nocturnes. Mais rencontrer « Lady Day et John Coltrane » est toujours une agréable sensation, fraîche et suave. Un parfum dans la nuit. Un amour, une femme, des étoiles. Et le ‘Trane. Une musique pour la nuit, une musique pour caresser son corps.

Gil Scott-Heron, je l’avais déjà croisé à l’angle de la 125ème et Lenox. Une rencontre éphémère, trop brève pour sentir sa rage et le voir sortir ses tripes. J’aurais pu sortir mon Canon, pour prendre des photos de la rue, des bouts de moi dans ce monde. Mais qui cela intéresserait des bouts de moi, autant aller chercher des bouts de cet homme. Le Ghetto-blaster sur les épaules, je déambule sur cette musique alors même porté par la brise new-yorkaise, chaude d’un soir d’automne et puante d’une vie de pisse. Brian Jackson, pianiste et co-compositeur de la majorité des titres, est également une inconnue sans équation pour moi. Seul Ron Carter, le contrebassiste, semble avoir eu mes faveurs aux côtés de Miles Davis, Herbie Hancock, Wayne Shorter, Freddie Hubbard, Billy Cobham (et son « Spectrum »).

Une ambiance feutrée, une odeur de bougies éteintes, et cette musique pour laquelle je plonge dans un sommeil ponctué par l’omniprésence de mes rêveries érotiques. Un verre de Merlot vide posé sur la table. Black Baby, le regard songeur, le sourire ravageur. Tu m’as capté, je deviens prisonnier. De toi, de ton corps, de ton âme, beauté fatale au corps couleur chocolat.

« Pieces of a Man » [1971], soulerie à Harlem.

15 commentaires
  1. 7 novembre 2014 , 18 h 04 min - Princécranoir prend la parole ( permalien )

    Cette Piece bisonesque manque cruellement à ma discothèque ! Il me faut recta combler cette lacune !

    • 7 novembre 2014 , 19 h 07 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Ce registre n’est pas légion dans ma disco non plus, ni même dans mon pick-up. Mais cette Piece vaut le coup, un indispensable de Gil Scott-Heron pour peu qu’on en veuille au moins un…

  2. 8 novembre 2014 , 13 h 47 min - PHIL prend la parole ( permalien )

    C’est sur que cela change du « Peace of mind » que je connais !!!
    Ca démarrait pourtant pareil …

    • 8 novembre 2014 , 14 h 32 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je ne connais pas ce Peace of Mind ?
      Neil Young, Black Sabbath ?…

  3. 8 novembre 2014 , 15 h 18 min - PHIL prend la parole ( permalien )

    ouuuuuuuuuuuu la t nulos !!!!
    Iron Maiden !!!
    du métal du brillant, de la gratte, du dur et c pas sur plus de 400 pages !

    • 8 novembre 2014 , 19 h 20 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      tu peux le dire, le nulos !!!
      Je n’ai jamais écouté Iron Maiden…

    • 10 novembre 2014 , 19 h 46 min - phil prend la parole ( permalien )

      alors la t impardonnable Bibison
      tu perds ta mémoire

    • 10 novembre 2014 , 20 h 15 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Pas encore Alzheimer. L’année prochaine, surement… A mon âge, cela survient sans prévenir.
      et… Je me souviens très bien de ta collection Iron Maiden ;
      Mais, à l’époque, tu ne voulais mettre sur ta platine « cassette » que Animals ou Emile Jacotey !

  4. 8 novembre 2014 , 19 h 36 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Un joli mélange black musical et très sympa !

    « .. que je pourrais écouter au coin d’un feu de cheminée ou dans un roman en compagnie de Hap’ et Leonard.  » Pourquoi Hap et léonard ? J’ai raté une étape ?

    « ghettoïsé  » !!! Tiens ce mot est dans le dico ? ou il vient tout droit de ton ranch Wahou il me plaît ce mot !!!!

    Tu attends quoi pour le remplir ce verre de Merlot tsssss !!

    • 8 novembre 2014 , 20 h 12 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Pourquoi Hap et léonard ? J’ai raté une étape ?

      Non, mais cela m’a fait pensé à ce bouquin. Les noirs, les cités misérables, la crack-house. Leonard. Juste une association d’idées et de préjugés.

      « ghettoïsé » !!! Tiens ce mot est dans le dico ?

      Du mien, je crois… Tu crois que je devrais le déposer en copyright ?

      Tu attends quoi pour le remplir ce verre de Merlot tsssss !!

      tsssss, quelqu’un m’a vidé la bouteille de Merlot… Pfff…

  5. 9 novembre 2014 , 1 h 33 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Un parfum dans la nuit. Une femme, Lady Day. Des étoiles. Un majeur. Une ambiance feutrée. Une eau bénite. Un feu de cheminée. Canapé marron, Merlot et binouze. Une soirée chargée au Ranch! A pieces of a man, un Bison imbibé de bonheur dans les ghettos Black d’Harlem :-)

    Blague à part…

    Tu nous rends là un bel hommage à Scott-Heron que je ne connaissais pas. Je n’ai pas l’habitude d’écouter ce genre de musique, mais j’ai beaucoup de respect pour ces artistes qui sont allés au bout de leurs convictions. Qui ont chanté et joué pour le peuple noir et revendiqué l’hypocrisie politique. Quand on prend le temps de bien écouter les paroles, on découvre un univers poétique chargé de messages et d’une volonté de voir les choses changer. Et ça, c’est très beau… « Yo, respect man », comme diraient mes garçons »!

    • 9 novembre 2014 , 15 h 48 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      J’aurais pensé que dans ton coin reculé, on disait juste « Tabarnak ! »

  6. 10 novembre 2014 , 20 h 19 min - manU prend la parole ( permalien )

    « Heidi
    Heidi
    Petite fille des montagnes… »

    :D

    • 10 novembre 2014 , 20 h 23 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      le comique de répétition, j’adore ! ;)

    • 11 novembre 2014 , 2 h 37 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      Oh Heidi!!! mdrrr
      Halala hidi, halala hidi
      Halala di hadi hadi haldihaha

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