Trafiquants de Beauté [Zoé Valdés]

Par le Bison le 2 décembre 2014

Un jour, une femme, une île. Un mardi, une brune, Cuba. Pas de Cuba Libre ! Mais une Cubanero, FUERTE, bière blonde à boire en compagnie d’une brune (pourquoi pas). Du soleil, de la moiteur, de la sueur même dans les draps ou sur une plage. Des débats littéraires et des ébats. 14 nouvelles, taille variable, intérêt variable, comme le tour de poitrine des putes cubaines, ou le tour de taille des femmes de cette île. Des histoires écrites entre La Havane et Paris, pour cette exilée cubaine vivant dans notre contrée, loin de son soleil, de sa mer, de ses racines. Des histoires de femmes, de fesses et de politique. Totalement incorrectes et complètements cubaines. Les histoires et les fesses. Quand à la politique ? … Silencio ! El Commandante passe à la télévision entre deux soap-opéras à l’eau-de-rose. Écoutons-le avant de se faire emprisonner. Et interdiction de faire la sieste, même crapuleuse.

« Aujourd’hui elle voulait essayer d’être comme elle, une petite pute cultivée, saine et bon marché, comme celles que le Commandant plébiscitait dans ses discours. Ce qui n’empêchait pas les descentes de police à leur encontre.

- A propos d’éjaculation, je suis experte dans l’art de faire jouir avec la bouche. Je prends cher parce que je suis militante et que le risque politique est plus grand. Si on me surprend à tailler une pipe à un étranger, on me mettra en taule à Nouvelle-Aurore. »

Qu’il est doux de se plonger dans cet océan bleuté, une eau si azurée qu’elle n’en parait irréelle. Cuba, comme un paradis artificiel. La beauté du ciel, des plages, des femmes. Mais autour de toutes ces beautés, règne un sentiment de nostalgie et de profonde tristesse. Parce que Cuba est une terre sans espoir, une île où la vie ne se projette pas, subissant les flots incessants des discours d’un chef au cigare arrogant. Il n’est plus question de vivre mais survivre. La carte postale idyllique faite de soleil et de palmiers avec une belle femme en bikini allongée sur une longue plage de sable fin devient une toile de fond où le désespoir se noie dans le regard sombre de cette cubaine.

Armando's Rhumba by Chick Corea on Grooveshark

Alors que tu sois lolita ou pute, trafiquant d’armes ou de beautés, laisse de coté ton cigare pour d’autres jeux, décapsule une Cubanero muy fresca y FUERTE et respire cet air chaud, moite et humide de Cuba. L’atmosphère de ces nouvelles apporte le soupçon d’exotisme qui te fera troquer tes santiags contre une paire de tongs. Car, ce sont les doigts de pieds en éventail qu’une sublime brune, au sang chaud et passionnée, viendra t’apporter cette bière cubaine. Sur un air de rumba. Deliciosa. Hasta Siempre. Hasta la muerte, Commandante.

« Seigneur, ce que j’ai soif, tout d’un coup ! Elle poussa la porte vitrée du café Floridita, le bar-restaurant préféré de ce jouisseur nommé Hemingway. Le chasseur vient lui barrer le chemin du comptoir. Dis donc, ma poule, tu n’as rien à faire ici. Parle pour toi, mon trésor. J’ai du flouze pour payer. Et elle brandit sous le nez du gorille un billet de vingt dollars tiré de son soutien-gorge. Je veux boire un daïquiri. C’est pas un crime, petit père ? Bien sûr que non, si t’as de quoi payer, y’a pas de lézard, mulata. Je ne suis pas une mûlatresse, mon ange, je suis brune. C’est du pareil au même selon toi ? Tu es aveugle ou quoi ? Ce videur ne manque pas de culot, je lui balancerais bien une baffe qui le laisserait paraplégique. »

« Trafiquants de Beauté », dos Cuba Libre, por favor, Commandante.

11 commentaires
  1. 2 décembre 2014 , 22 h 32 min - manU prend la parole ( permalien )

    « l’art de faire jouir avec la bouche. »

    Il suffit finalement de peu de chose pour me convaincre de lire un livre… ;)

    • 2 décembre 2014 , 22 h 46 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Et au final, c’est si peu de chose… Mais cela provoque tant de bien et d’émotion…

    • 2 décembre 2014 , 22 h 57 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      « l’art de faire jouir avec la bouche. »
      Wahou, j’adore l’art de rien ;-)

  2. 2 décembre 2014 , 23 h 05 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    « Car, ce sont les doigts de pieds en éventail qu’une sublime brune, au sang chaud et passionnée, viendra t’apporter cette bière cubaine. Sur un air de rumba. Deliciosa. »

    Et est ce que tu crois que moi j’aurai droit à un delicoso hombre moreno, au sang chaud et passionné, qui viendra m’apporter cette bière cubaine ?

    Ya pas d’raison… zut alors !!! :-)

    felicitacion por tu billete commandante Bisonte !

    Et bien fraîche… la bière … j’entends ! ;-)

    • 2 décembre 2014 , 23 h 10 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Et est ce que tu crois que moi j’aurai droit à un delicoso hombre moreno, au sang chaud et passionné, qui viendra m’apporter cette bière cubaine ?

      Ya pas d’raison…

      Je suis sur qu’il doit bien exister quelque part. Faut juste le trouver, te déshabiller et il viendra naturellement à toi, comme attirer par un certain regard ou un certain art (de rien)

      Et bien fraîche… la bière …

      Là-bas, on dit muy fresca !

    • 2 décembre 2014 , 23 h 22 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      « art (de rien)… »

      Tu crois pas si bien dire ;-)

      Je ris ….. :D

  3. 4 décembre 2014 , 11 h 11 min - phil prend la parole ( permalien )

    Il existe des pays où il fait bon vivre a croire ….
    Et des femmes qu’on se doit de plus écouter surtout quand elles sont expertes !!!

    • 4 décembre 2014 , 13 h 52 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      moi, j’écoute toujours religieusement les expertes, surtout dans leur art.

    • 4 décembre 2014 , 18 h 21 min - phil prend la parole ( permalien )

      ouai précise bien féminin parceque Mister Professor Pelmont … tu as oublié …
      et ajoutons que tu as quelques critères esthétiques, car il me semble ne pas t’avoir vu écouter religieusement les savantes choses d’une Pr de biologie animale …

  4. 9 décembre 2014 , 21 h 01 min - Ribambelle prend la parole ( permalien )

    Tu fais une cure de Zoé on dirait.

    • 10 décembre 2014 , 12 h 50 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      une cure qui se limite à 2, pour l’instant. Il m’en reste encore un. Mais vais patienter pour celui-là. Ne pas abuser du Cuba libre.

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