Le Live : Song to the Siren

Par le Bison le 11 octobre 2014

Je l’imagine plonger dans cette eau, mélange de bleu et de vert, maillot de bain turquoise, corps bronzé, des jambes interminables s’élançant dans les flots. Elle nage, s’envole, s’enfouit entre les vagues, le corps couvert d’écume blanche immaculée. Albatros et dauphins qui dansent autour d’elle. Le soleil qui s’endort sur son corps et plonge dans l’horizon azuré, teintant d’un orange rosé ses courbes charmeuses au milieu de mère océane. La sirène, ma sirène qui hante mes nuits et mes rêves. Et celle de Tim…

Six cordes entrent sur scène, une voix s’élève par dessus les flots de bière éventée. Il est là, seul dans ce pub, le regard mélancolique et l’âme plongé dans son verre de bière. Il l’attend pour pouvoir la prendre dans ses bras, prêt à déposer sa guitare aux pieds de cette muse océane. Cette femme aux longues jambes, au corps de sirène. Il est prêt à larguer les amarres pour la rejoindre, au milieu des eaux, là où coule la bière, là où voguent les marins en perdition. Là où Tim Buckley lui déclare ce désir de la retrouver.

Elle esquisse un sourire espiègle avant de s’éclipser sous l’eau, de s’enfouir au fond des océans, là où les bateaux ne peuvent la rejoindre, là où son cœur l’emmène, là où son âme la berce. Seule, elle enlève son bikini, un esprit de liberté recouvre ses écailles. Une splendeur sur l’infini bleuté. Illuminée par un soleil à son zénith, elle nage, jusqu’à l’infime abyssal. Son corps ondoie au gré des flots, chevauche les vagues. Brendan Perry, son casque et ses lunettes, et son irrésistible envie de la rejoindre.

Même scène, des années après. Toujours ces quelques accords de guitare, et une voix chaude, mystique, comme sorti du fin fond d’un océan. Lui-aussi pense à cette sirène, à ces jambes interminables et luisantes sortant de l’eau, enduites de monoï, brillantes et ensoleillées. Des jambes à caresser, des jambes à lécher, des jambes à écarter. J’adore ces jambes, longues et sveltes, douces et sucrés. J’adore la voix de Brendan Perry, cette voix de baryton, même lorsqu’il n’est pas accompagné par Lisa Gerrard et sa voix de contralto. J’aime ce tremblement dans la voix de Tim Buckley, cette simplicité si sensible de quelques accords d’une guitare accompagnés par ces mots, ceux d’une délicieuse sirène qui vient me rejoindre, d’une enchanteresse envoutante enlevant son bikini turquoise. Et cette passion pour les jambes interminables qui donnerait envie de fredonner une chanson pour une sirène.

And you sang : “ Sail to me, sail to me

Let me enfold you.”

“ Here I am. Here I am.

Waiting to hold you.”

De grands morceaux de concert

Pour les amoureux de la musique,

Les amoureux du live

Et les amoureux du Bison !

8 commentaires
  1. 11 octobre 2014 , 23 h 38 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Quelle jolie chanson juste avant d’aller dormir… Quel plaisir ces deux versions … J’avoue une petite préférence pour Tim, mais les deux sont les bien venus pour cette nuit orageuse.

    Très belle traduction espagnole …

    Muchas gracias humbre :D

    • 12 octobre 2014 , 14 h 48 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      J’avoue une petite préférence pour Tim

      J’avoue ma petite préférence pour la version de Brendan.

  2. 12 octobre 2014 , 8 h 28 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Hey Dear Buffalo. Tu as tout dit du pouvoir des sirènes sur nous pauvres hommes. Et quelles voix, tant celle tremblée de Tim que celle plus sépulcrale de Brendan. Avec des voix comme ces deux-là « Les morts peuvent danser ».Merci.

    • 12 octobre 2014 , 14 h 50 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Les hommes peuvent couler pour ressusciter dans les bras des sirènes (ou entre leurs jambes).

  3. 12 octobre 2014 , 8 h 35 min - Princécranoir prend la parole ( permalien )

    Tel Ulysse en mal d’Ithaque, je suis pris au piège dans les rets enchantés de cette ode à la sirène. Un tourbillon mortel et enivrant qui fait danser les morts et réveille le fantôme titubant de Tim Buckley. Est-ce vraiment une malédiction ?

    • 12 octobre 2014 , 14 h 56 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      la malédiction serait de ne plus tituber à la vue des sirènes dansantes.

  4. 13 octobre 2014 , 18 h 31 min - Ribambelle prend la parole ( permalien )

    J’ai des frissons en écoutant Tim Buckley. C’est bon signe. Je connaissais déjà des chansons de lui mais pas celle-ci.

    • 13 octobre 2014 , 22 h 14 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Tim provoque toujours des frissons auprès des dames. C’est pour cette raison que je le propose dans mes lives ;)

      Song to the siren, extraite de l’album Starsailor, 1970. Pas mon préféré, mais cela reste Tim.

Ajouter un commentaire

PS: XHTML est autorisé. Votre adresse mail ne sera jamais publié.

S’abonner aux commentaires par le flux RSS