Le Bon, la Brute et le Truand [Sergio Leone]

Par le Bison le 26 septembre 2014

« Le monde se divise en deux catégories, mon ami : ceux qui ont la corde au cou et ceux qui la leur coupent. »

Attention, là, j’ai conscience de toucher au sacré, si bien que mes mots ne seront que fades face à un tel monument cinématographique. Parce que le western se divise en deux catégories : Il Buono, il Brutto, il Cattivo et les autres. Après, certains préfèreront les films de Ford avec Wayne. Mon univers version toile poussièreuse du septième art « Il était une fois dans l’Ouest » se braque davantage vers Leone et Eastwood. Ah le beau Clint, ah le bon samaritain. Une âme ce gars-là, sensible et humain. Bref, je ne te dévoilerai rien en te disant qu’il s’agit forcément du Bon. De toute façon, un type mal rasé qui a un regard aussi intense en mâchouillant un mégot de cigare pendant 178 minutes  ne peut pas être un méchant tueur sanguinaire.

Mais revenons au générique. Dès les premières secondes, j’ai le sourire béat devant les images et les premières notes de musique. Ennio Morricone qui donne beaucoup au film, au même titre que les yeux clairs de Clint ou les plans serrés de Sergio. Et dire que je souris bêtement face à ces morts, ce sang, et ces coups de feu incessants mais précis, tant je jubile devant ma télévision. Ouch, Blondin a failli rater la corde au cou de Tuco. Il y a des films qui marquent la vie d’un adolescent boutonneux. Celui-là en fait donc partie.

« Le monde se divise en deux catégories : ceux qui passent par la porte et ceux qui passent par la fenêtre. »

Le B. B. & T. est donc le troisième volet de sa trilogie sur l’Ouest américain. Des scènes truculentes, des scènes absurdes, des scènes cultes. Trois héros aussi immoraux les uns que les autres et aussi vicieux, mais avec des gueules d’ange, de sadique ou de benêt (à vous de déterminer les rôles d’Eli Wallach, de Clint Eastwood et de Lee Van Cleef. Non, je ne donnerai pas d’indice sur who is who).

Un film qui me donne envie de porter des éperons, de fumer des mégots de cigare et de jouer de l’harmonica en même temps. Un film qui traite de la violence de l’ouest, mais aussi de l’absurdité de la guerre, de toutes les guerres, de tous ces camps interchangeables même, juste par la couleur d’un uniforme, le gris ou le bleu. Et la poussière dans tout ça ? Un film qui me donne envie de troquer mon poncho à la Florent Pagny pour un long manteau en poil de mouton, avec un col en poil de belette. Nooon, je garde quand même mon poncho pour la semaine finale, non pas pour faire comme le patagon frenchy mais pour ressembler un peu à Clint. N’ai-je pas d’ailleurs ce même regard ? (hein, les filles ?!)

« Tu vois, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi, tu creuses. »

Sous le soleil brûlant d’une telle immensité, le bison prendrait bien le large en dehors de son enclos à bestiaux du ranch pour découvrir la vie sauvage, la vraie vie de l’Ouest. Si bien qu’il  risquerait de se prendre pour un taureau andalou, puisque le tournage eut lieu dans le désert de Tabernas en Andalousie, et voir de plus près le cul des vaches andalouses. Les décors sont vraiment magnifiques. Une Espagne de poussière et de Western, cela donne envie de se cramer les lèvres pour quelques primes en pièces d’or. Tiens, je me demande si la côte de Tuco a augmenté. Dead or Alive.

Princécranoir évoque la gueule du lion et son fameux bestiaire : « Ainsi le plan d’ouverture du film propose un vaste et majestueux paysage de collines typique des westerns classiques hollywoodiens. Pourtant Leone choisit volontairement de nous priver de ce spectacle en faisant entrer dans le champ la tête patibulaire d’un truand, installant pour tout horizon les creux et les bosses d’une de ces « gueules » qui peuplent le bestiaire de Leone. »

Pour ma part, je compte bien me replonger dans les premiers épisodes de la « série » du dollar, les films de Sergio Leone, tout comme les films de Eastwood, ont cette qualité rare qu’ils ne vieillissent pas et que l’Ouest sauvage et cruel reste éternel.

« le Bon, la Brute et le Truand » [1966], parce que le monde se divise en deux catégories.

Challenge « Il était une fois dans l’ouest »

La Belette dégaine ses colts,

16 commentaires
  1. 26 septembre 2014 , 23 h 48 min - manU prend la parole ( permalien )

    Sacré casting pour un sacré film ou film sacré…

    Tu crois que ça tient chaud du « poil de belette » ?

  2. 27 septembre 2014 , 7 h 03 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Excellent mon Bison ! Le col en poils de Belette… je ne veux pas savoir lesquels, mais je suis attachée à tous ! :lol:

    Un superbe film, une musique d’enfer, un Blondin qui a des yeux qui crient « braguette » et là, je ne me sens plus…

    Vite, sellez mon cheval et à moi les vastes étendues (heu) de la Wallonie ! :D

    • 27 septembre 2014 , 14 h 44 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      le film, la musique, le blondin. Tout pour plaire.

      Tu vois, la Wallonie se divise en deux catégories : ceux qui boivent de la Chimay et ceux qui boivent de la Rochefort.

  3. 27 septembre 2014 , 7 h 40 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Le monde se divise en deux:ceux qui aiment la plupart des chroniques du Bison, et ceux qui les aiment toutes. »Palapalapa…pa la pa » :)

    • 27 septembre 2014 , 14 h 44 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Attends l’ami, je vais chercher Charles Bronson pour jouer de l’harmonica !

  4. 27 septembre 2014 , 8 h 10 min - Princécranoir prend la parole ( permalien )

    Eh bien me voici ficelé au ranch, chopé en pleine course tel le maverick fougueux qui refusait de finir en steak. J’apprécie l’initiative et adresse mes remerciements au taulier de ces lieux pour la délicate citation : Muchas gracias señor Bison !

  5. 27 septembre 2014 , 9 h 16 min - Ribambelle prend la parole ( permalien )

    Ah les cow-boy, les indiens, tout ce que je détestais quand j’étais petite. Mon père et ma soeur aimaient ça, moi non. Je n’avais pas franchement l’esprit squaw, ni danseuse de saloon. Bref ! De toutes façons je n’ai eu le droit de regarder la télé qu’à l’entrée en 2nde et je ne pense pas que cela soit l’âge pour qu’une fille se mette à aimer la poussière, les chemises pleines de sueurs, l’odeur des haricots qui mijotent et le reste qui va avec.
    Mais là, en vieillissant comme vous qui me lisez (oui oui, vous vieillissez aussi), voilà que je me mets à aimer les western !!?? J’aime même beaucoup cela (mais pas les trucs tournés par les italiens). J’arrive à en voir quelques-uns sur Paramount channel et les trois-là me font de l’oeil (enfin, un plus que les deux autres)

    • 27 septembre 2014 , 19 h 30 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Ah, la Paramount Channel… Quelques bons vieux films effectivement. De temps en temps, la nostalgie me prend de revoir ces acteurs mythiques d’un autre temps.

      Qu’est ce que tu as contre l’odeur des haricots qui mijotent ? Ça parfume si bien l’atmosphère !

  6. 27 septembre 2014 , 21 h 43 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    J’en ai vu des Westerns mais tu vas être déçu, je n’ai pas le souvenir de l’avoir vu celui ci. Pourtant j’étais une fidèle de « La dernière séance » chaque mardi soir. J’ai adoré tous les John Wayne, Gary cooper mais si il y a bien un western qui m’a bouleversé petite c’est « Il était une fois dans l’ouest » … Je ne me suis jamais remise de cette scène avec l’harmonica et ce gros plan sur les regards, Fonda, Bronson …

    Tiens je me ferai bien un ti western, ça fait tellement longtemps …

    Tres cerbezas por favor ;-)

    • 27 septembre 2014 , 22 h 09 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Ah ces regards qui tuent…
      Sais-tu que je sais jouer aussi bien de l’harmonica que Charles Bronson et ai un regard aussi profond que Henry Fonda ?

      Enfin, je dis ça comme ça, juste histoire de causer autour d’une bière…

    • 27 septembre 2014 , 23 h 18 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      Tu sais que tu commences à m’intéresser toi ;-)

  7. 30 septembre 2014 , 0 h 07 min - Théa prend la parole ( permalien )

    Je crois bien que je me les suis tous tapés avec plus ou moins de bonheur, ils ont repassé « Il était une fois dans l’Ouest » il n’y a pas très longtemps et justement j’en parlais et je me disais ça n’existe plus, en fait je n’aimais pas les anciens le John il sent pire que le haricot.
    Lorsque j’étais squaw, certains m’ont enlevée sur leur cheval pas blanc et c’était bien.
    On buvait une bière en mangeant du bison, c’était bon.
    Après, il y a eu la télé, pour les cavalcades c’était rapé.

  8. 3 octobre 2014 , 11 h 57 min - dasola prend la parole ( permalien )

    Bonjour le Bison, merci pour cet hommage indirect à Eli Wallach, un de plus disparu cette année. Bonne journée.

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