The Limits of Control [Jim Jarmusch]

Par le Bison le 17 août 2011

Une expérience visuelle, méditative et musicale ; c’est ainsi que je perçois « The Limits of Control » signé Jim Jarmusch. Il n’existe rien dans le paysage cinématographique se rapprochant de ce film. Il peut surprendre, dérouter, hypnotiser ou/et ennuyer. Chacun a sa conception du cinéma et J.J. montre sa fierté à ne pas ressembler aux autres cinéastes, se voulant réalisateur libre et hors système (surtout hors Hollywood, malgré les nombreuses vedettes défilant devant sa caméra).

Le film retranscrit l’histoire d’un homme mystérieux et solitaire (qui ne parle pas espagnol, mais qui semble le comprendre), Isaach de Bankolé. Magnifique rôle pour cet habitué des films de Jarmusch et dont on perçoit tout son talent de taciturne au regard perdu dans un monde parallèle. Car dès la première scène, je sens que la caméra va me transposer dans un autre monde qui me dépasse totalement, un monde presque surréaliste où il n’y a rien à comprendre, juste à se laisser guider à travers Madrid, Séville, Almería (L’Espagne, l’autre vedette du film, une Espagne presque froide et vide qui contraste avec l’habituelle chaleur du pays)

Et puis, moi, j’aime les films où il semble ne rien se passer.

J’aime les films où les dialogues sont réduits au strict essentiel, à savoir pas grand-chose.

J’aime les films où une belle fille se ballade pendant tout le film complètement nue, et sans raison particulière en plus. Oh oui, j’aime…

J’aime les films où j’ai l’impression de n’avoir rien compris, car j’ai une excuse pour le revoir aussitôt. J’aime les films lents, d’une lenteur exagérément lente, car j’ai la sensation que le film que j’aime n’en finit plus, et ainsi la lenteur se prolonge encore plus dans mon esprit lent…

J’aime les films de Jarmusch, j’aime les films où se baladent Isaach de Bankolé, Bill Murray, John Hurt, Gael Garcia Bernal

J’aime les films qui m’entrainent vers des contrées de plus en plus sauvages où mon esprit reste hypnotisé devant les plans séquences d’un impressionnant magnétisme. Car oui, je reste scotché devant l’écran pour voir s’il va se passer un truc supra-extraordinaire qui va me permettre de comprendre le film, qui va me donner envie de boire deux expressos dans deux tasses distinctes, qui va me donner envie de faire du Taï Chi Chuan (éloge de la lenteur), qui va me donner envie de regarder des toiles surréalistes auxquelles je ne comprendrai rien, qui va me donner envie d’apprendre à parler l’espagnol, juste pour me mettre à la terrasse de café et attendre… attendre que Tilda Swinton vienne s’assoir à ma table et boire une de mes deux tasses à café, et je la laisserai faire, malgré mon statut de tueur énigmatique et solitaire, juste parce qu’elle a de beaux yeux. Oh oui, j’aimerai échanger avec elle une boite d’allumettes pour y lire son message secret et je serai prêt à avaler ce bout de papier contenant la clé de notre relation.

Vous l’aurez donc compris, ce film est avant tout à la manière du free-jazz ou du rock psychédélique une expérience hors-norme, le genre de truc qui pourrait être qualifié d’OVNI cinématographique non conventionnel à la fois poétique, abstrait et conceptuel.

Oui j’aime la conceptualité dans la musique ou le cinéma. C’est un truc qui ne veut rien dire, mais qui me fait paraître intello aux yeux de ceux qui me lisent. Et le fait qu’on ne me comprenne pas, j’aime ça aussi… C’est le but aussi de ce genre de film, de faire parler les gens sur des concepts totalement abstraits, juste pour ressortir l’inconscient de leur conscience. La vie n’est-elle pas absurdité même. Croyez-moi, j’ai adoré ce film… Peut-être pas autant que « The Dead Man », mais « The Limits of Control » s’en rapproche.

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Bob Gordon qui n’a pas Toujours Raison s’interroge sur l’ennui que ce film ‘chiant’ pourrait engendrer :

L’idée est absolument séduisante : jouer plus que jamais la répétition, et la rendre captivante grâce à d’infimes modifications aux effets comiques autant que magnétiques. L’idée du film est donc sensationnelle. Le film, lui, ressemble à un gigantesque chemin de croix : imaginez donc deux heures passées à patienter, seul dans une chambre d’hôtel ou à une terrasse de café, et à ne même pas savoir quoi guetter, quoi attendre. Frustration absolue, avec laquelle Jarmusch s’amuse comme un petit fou, mais qui crée à plus d’une reprise un ennui incommensurable.

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4 commentaires
  1. 16 septembre 2011 , 3 h 00 min - La bohémienne prend la parole ( permalien )

    Article de ouf !

    Si j’ai bien compris faut voir ce film ?
    Je vais peut-être pas aimé ?
    Je vais surtout rien comprendre.

    Rien ne dépassera Dead Man !
    J’adore ce film
    la preuve je l’ai vu !

    • 20 septembre 2011 , 9 h 54 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Article de ouf !

      Film de ouf !

      Si j’ai bien compris faut voir ce film ?

      Exact ! Comment peux-tu encore douter de mes choix…

      Je vais peut-être pas aimé ?

      Exact ! Mais comment bien le savoir tant que tu ne l’auras pas vu…

      Je vais surtout rien comprendre.

      Encore Exact ! Tu devrais jouer aux jeux, t’as l’air vachement bonne… aux questions-réponses !

      Rien ne dépassera Dead Man !

      Exact ! avec en plus la guitare de Neil Young et le regard de Johnny Depp…

      J’adore ce film

      Tu dis ça parce que t’as pas encore vu celui-là… Mais je te comprends…

      la preuve je l’ai vu !

      Combien de fois ?

  2. 23 septembre 2011 , 1 h 03 min - La bohémienne prend la parole ( permalien )

    Au moins deux et trois et demi mais pas plus, faut laisser l’eau couler sous les ruisseaux humm.. c’est pas ça qu’il faut dire :P
    bah tant pis

    • 23 septembre 2011 , 10 h 28 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      faut laisser l’eau couler sous les ruisseaux humm.. c’est pas ça qu’il faut dire

      Moi, je dis : Faut laisser l’eau couler sur son pastis… mais point trop n’en faut, non plus ;)

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