Sa Femme [Emmanuèle Bernheim]

Par le Bison le 27 juillet 2014

Catégorie : 5 étoiles, Europe

« Elle ne parvenait pas à se souvenir si, la veille, il lui avait dit : « A demain. » Elle se rappelait juste qu’ils étaient si étroitement mêlés qu’elle n’avait soudain plus su si c’était sa propre peau qu’elle caressait ou bien celle de Thomas. »

Troisième court roman d’Emmanuèle Bernheim sur lequel je m’épanche. Sur « Sa femme » , je m’allonge et me colle lorsqu’un sentiment de passion fulgurante me prend. Comme une rencontre avec une inconnue, comme cette jeune médecin, Claire. Bonjour, belle inconnue, je m’appelle Thomas.

Thomas, lui est conducteur de travaux ou un truc du genre. Un chantier dans la rue de Claire. Des regards se croisent s’échangent comme un coup de foudre provoqué par une décharge électrique entre les synapses sentimentales de deux êtres. De ce courant alternatif naitra une passion, celle de se retrouver dans un bar, boire un café trois sucres. Celle de s’allonger dans un lit de faire l’amour sans dire un mot. Celle de se quitter au bout d’une heure et demie, pour se retrouver le lendemain. Et le surlendemain. Pas le samedi, ni le dimanche. Thomas ne travaille pas, le chantier reste fermé. Claire, elle, garde les pochettes brillantes des préservatifs, les sucres non consommés, note chaque rendez-vous sur son agenda, une marque avec l’inscription T.

« Qu’il s’allongeât ou qu’elle s’allongeât sur lui, leurs bouches ne se quittèrent pas.

Si le bras droit de l’un s’échappait de leurs corps mêlés, le bras gauche de l’autre venait aussitôt le recouvrir.

Ils étaient presque de la même taille. Ainsi, des orteils au front, Thomas collait à Claire, et Claire collait à Thomas. »

Thomas est marié, deux enfants. Et il n’a pas l’intention de quitter sa femme, ses deux enfants. Claire imagine « sa femme », belle avec de longs cheveux. Elle l’imagine prendre son petit-déjeuner avec Thomas et ses deux enfants. Elle la voit lorsqu’elle fait ses courses en train de monter l’escalator qui mène à l’étage supérieur du centre commercial. Elle voit Thomas et « sa femme » lors des fêtes de fin d’année ouvrir les cadeaux de Noël des enfants pendant que, elle, se retrouve seul chez sa sœur.

Mais, entre deux rêveries, dans un bar ou chez elle, de grands moments de passions, des dizaines de préservatifs et quelques cafés sucrés. De l’amour, de la passion, de l’envie et de la fougue. Putain, ça c’est de l’amour, de la passion, de l’envie et de la fougue. Un concentré de 115 pages qui donne envie de s’appeler Thomas, qui me donne envie de t’appeler Claire.

« Il respirait le souffle de Claire. Et il buvait sa salive. »

« Sa Femme », 3 sucres dans mon café et quelques préservatifs.

28 commentaires
  1. 27 juillet 2014 , 22 h 47 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Wahou j’adore ton billet, j’adore l’écriture de Bernheim, parce qu’elle ne passe pas par 4 chemins. C’est direct, c’est cru, ça peu déranger, ça peu faire mal mais c’est tellement vrai …

    Passion, fougue, envie, désir, se sentir vivant… Il faut que je le lise…

    3 sucres dans un café !!! :( pour moi un demi suffira…

    • 28 juillet 2014 , 9 h 19 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je pense qu’il devrait effectivement te plaire. Comme une évidence et parce que mettre trois sucres dans un café dérangerait forcément ton esprit.

  2. 28 juillet 2014 , 9 h 46 min - Stéphanie prend la parole ( permalien )

    Et avec un thé sans sucre?

    • 28 juillet 2014 , 10 h 13 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Non, ça ne marchera pas. L’important, c’est le carré de sucre.

  3. 28 juillet 2014 , 11 h 31 min - manU prend la parole ( permalien )

    Rohhhhhh !!
    Il est là ce livre, à côté de moi et il attend…
    J’avais un Berheim et je ne l’ai pas encore lu…
    Et hop, c’est ma prochaine lecture ! :)

  4. 29 juillet 2014 , 9 h 22 min - manU prend la parole ( permalien )

    Je ne bois pas de café et jamais de sucre dans mon thé !!!

    • 29 juillet 2014 , 10 h 01 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Pas de sucre… Aucune chance de conclure…

    • 30 juillet 2014 , 7 h 37 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      T’es foutu manU ^^ moi j’ai encore une petite chance… ;)

      Je ris :)

  5. 30 juillet 2014 , 22 h 28 min - manU prend la parole ( permalien )

    « Aucune chance de conclure… »

    Ma vie résumée en quatre mots tellement cruels… :(

    :D

    • 30 juillet 2014 , 22 h 34 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      A défaut de sucres, les préservatifs. Pas le même usage mais un même attrait pour cet emballage doré…

  6. 11 août 2014 , 13 h 29 min - BMR prend la parole ( permalien )

    Lu en 2007, avec une remarquable écriture et une précision d’entomologiste, E. Bernheim nous décrit la vie quotidienne de son héroïne un peu (beaucoup ?) maniaco – obsessionnelle.
    La limpidité, la clarté de son style, forme une étrange harmonie avec les pensées de la jeune femme (qui d’ailleurs s’appelle … Claire).
    En tout cas un petit plaisir à ne pas manquer.

    • 14 août 2014 , 18 h 04 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Un petit plaisir comme un petit carré de sucre dans son café.

  7. 12 août 2014 , 8 h 38 min - dasola prend la parole ( permalien )

    Bonjour le Bison, bravo pour ce billet. 115 pages de passion brute, je note et moi, le café, c’est sans sucre. Bonne journée.

    • 14 août 2014 , 18 h 05 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Sans sucre, c’est dommage. Cela referme certaine perspective…

  8. 22 août 2014 , 20 h 03 min - Ribambelle prend la parole ( permalien )

    Ici café et thé sans sucre. Fin de la parenthèse.
    J’ai lu ce livre il y a des lustres et je ne me souviens même plus de l’histoire ! Un début d’amnésie liée à l’âge ??? J’espère bien que non.
    Je serais bien tentée de le relire du coup.

    • 23 août 2014 , 12 h 03 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Les romans de Bernheim sont si courts qu’ils peuvent facilement se relire quelques années après. D’autant plus que ses histoires sont belles et ne souffrent pas du temps ou d’essoufflement.

  9. 29 août 2014 , 15 h 56 min - BMR prend la parole ( permalien )

    Je te trouve bien enthousiaste pour la jolie Claire (mais on a l’habitude ici) !
    Pour ma part, j’avais trouvé cette jeune toubib un peu (beaucoup ?) maniaco – obsessionnelle qui collectionne les traces de sa vie sentimentale comme d’autres collectionnent les papillons ou les coléoptères.
    Mais cela n’enlève rien (bien au contraire) à ce savoureux opuscule où E. Bernheim, avec une remarquable écriture et une précision d’entomologiste, nous décrit la vie quotidienne de son héroïne, tous ces petits riens qui font la vie.

    • 30 août 2014 , 14 h 52 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je te trouve bien enthousiaste pour la jolie Claire

      Je m’enthousiasme souvent pour les femmes…

      et même pour une femme totalement obsessionnelle, mais la passion n’est-elle pas obsessionnelle par définition.

    • 30 août 2014 , 15 h 28 min - phil prend la parole ( permalien )

      tu nous poses la une sacré question !!!
      « la passion n’est-elle pas obsessionnelle par définition? »
      Quelle rentrée Bibison !!! Ouaaaaaaa

    • 30 août 2014 , 15 h 34 min - phil prend la parole ( permalien )

      après une longue dissertation … je te dirais … non !
      et toc !

    • 2 septembre 2014 , 21 h 24 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      Bon tu as finis de te pelucher Phil ? ^^ ta réponse m’intéresse !

      Je ris ;)

      « pelucher » ptdr c’est dans l’Isère que l’on parle ainsi :D

    • 2 septembre 2014 , 22 h 19 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Non c’est dans la yaute qu’on tient ce langage…

    • 4 septembre 2014 , 11 h 51 min - phil prend la parole ( permalien )

      euhhh tu ris que je puisasse me pelucher ou de ma réponse ???

    • 4 septembre 2014 , 19 h 02 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      les deux, mon capitaine, dirait-elle…

  10. 30 août 2014 , 15 h 37 min - phil prend la parole ( permalien )

    Pour te nourrir encore :
    Paul Carvel disait:
    « La passion est une obsession positive. L’obsession est une passion négative »

    • 1 septembre 2014 , 20 h 04 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      et la passion d’un obsédé ?

    • 2 septembre 2014 , 10 h 12 min - phil prend la parole ( permalien )

      lol
      attend j finis de me pelucher et j te dis

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