The Big Gundown [John Zorn]

Par le Bison le 23 juillet 2014

Saxophoniste et compositeur, chef d’orchestre et musicien déjanté, d’une discographie impressionnante, John Zorn excelle dans tous ses albums. D’ailleurs la musique de Zorn est bien au-delà de la « musique ». Elle est « concept », elle est expérimentale, elle est surtout totalement inattendue. Et cet album ne dérogera pas à cette constatation. Il te paraîtra dérangeant, flippant, trippant, voir même bandant. Parce que John ne fait guère dans la simplicité ou le conformisme. Tu adores ou tu détestes – et là tu vas détester pour mieux te déchainer.

Naviguant entre le jazz furieux, le rock hurlant ou la musique de film déchirante, Zorn livre un vibrant hommage au maitre de la musique spaghetti des westerns de Sergio Leone, Ennio Morricone. Mais là où tu t’attends à suivre une musique linéaire pour planer au milieu des grandes plaines poussiéreuses, tu découvriras une relecture totalement déjantée de ces hymnes que chacun aura sifflés au moins une fois dans sa vie et qui semble être rentrés dans l’harmonie collective de notre subconscient. Dépoussiérer la musique de Morricone pour la restructurer à la Zorn. « Big » programme !

JohN ZorN plaYs the muSic oF EnniO MorriconE

The Big Gundown

Les esgourdes endolories s’en trouvent subitement nettoyées. Tu ne peux rester indifférent à Zorn, quitte à le détester. Mais lorsque tu t’accroches, tu admires le côté expérimental d’une telle musique. Et puis subitement tu as envie d’écrire à Élise. Et puis aussi soudainement qu’un train sifflera trois fois, tu sifflotes toi aussi dans les chiottes d’un saloon, tu vois la vie sous un autre jour et tu te demandes en sortant titubant du saloon où est-ce que tu as garé ton vieux cheval… Écouter un album de Zorn, c’est comme se prendre une grosse cuite d’un whisky sec et frelaté. Il te faut plusieurs jours pour retrouver tes esprits, ton stetson et ton caleçon. Il y a des jours comme çà, il y a des jours où il était une fois en Amérique !

D’ailleurs, alors que tu dépoussières tes santiags, tu croises en chemin Hank McCain. Que vient-il faire dans ce western ? John Cassavetes et Peter Falk. Une balade de Hank, tout en douceur et en suavité qui repose cinq minutes tes tympans furieusement martelés depuis presque une heure. Un film italien de 1968 réalisé par Giuliano Montaldo. Je me sers un verre en attendant l’entrée en gare salvatrice du cinéphile de Cinecittà, la comtesse Eeguab, incollable sur le cinéma transalpin, intouchable sur les lolos de Lollobrigida, venu raconter ses souvenirs d’enfance avec ce film.

The Ballad of Hank McCain

Oublie ses lolos et retourne à tes spaghettis. Il était une fois dans l’Ouest, la cavalcade des chevaux fuyant la fureur stridulante de la guitare. Tu vois, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi, tu creuses. Bon ok, je me trompe de western. Cet aparté, juste pour rendre un hommage à Eli Wallach qui vient de prendre la poussière à quatre-vingt-dix huit ans. Il a du en creuser des trous et en mordre de la poussière. Longue vie pour un truand. Il est temps de s’enfiler un dernier verre avant la route, celle de l’Ouest sauvage, des cow-boys et des bisons.

Once upon a time in the West

« The Big Gundown » [1985], il était une fois Ennio Morricone.

Challenge « Il était une fois dans l’ouest »

La Belette dégaine ses colts,

15 commentaires
  1. 24 juillet 2014 , 2 h 05 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Pour accompagner ta musique spaghetti, tu utilises le beurre dans ton frigo? Il en suffit de peu pour devenir poète…

    Columbo dans un western de Cassavetes! Il était quand même pas avec sa vieille Peugeot?

    Bel hommage à Wallach et Tuco le truand ;-)

    • 24 juillet 2014 , 9 h 15 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Le beurre, je le sors pour les grandes occasions…

    • 5 août 2014 , 18 h 29 min - phil prend la parole ( permalien )

      et quand ca coince, dans la difficulté, faut graisser !

  2. 24 juillet 2014 , 14 h 36 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Ces « Intoccabili » de Giuliano Montaldo semblent non seulement intouchables mais, aussi injoignables. Quant aux lolos de Brigida, certes ils ont compté dans ma vie mais moins que le short de Silvana Mangano dans les rizières de Riz amer, un short fondateur. Merci l’ami. Zorn c’est un peu hard, non? Je reviendrai mieux écouter. Et merci de la part de la Comtesse.

    • 24 juillet 2014 , 22 h 13 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Zorn c’est un peu hard

      Zorn c’est même mieux. C’est hardu !
      Mais, je te rassure, dans cet album, il reste sage. Il saura se faire beaucoup plus sauvage, ou beaucoup plus doux…

  3. 24 juillet 2014 , 21 h 14 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Argh ! La Belette dégaine ses colts pour flinguer le monsieur qui joue ce qu’il pense être de la musique ! :P Non, je n’aime pas du tout, j’avoue ! Mais j’ai fait subir le bruit à mes esgourdes !!!

    M’en remettrai jamais, tiens !

    — ENNIO !! Reviens, ils sont devenus fous ! :D

    Merci de ta participation, mon Bison ! ;)

    • 24 juillet 2014 , 22 h 15 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      M’en remettrai jamais, tiens !

      Et encore tu n’as pas tout écouter de ce grand Zorn qui dégaine son saxo aussi rapidement que Eastwood son colt !

      Tes esgourdes ont encore à apprendre :P

  4. 25 juillet 2014 , 19 h 28 min - manU prend la parole ( permalien )

    Je connaissais évidemment Ennio Morricone mais pas John Zorn.

    Le premier morceau est le plus étonnant mais pas déplaisant du tout, loin de là, et au final j’ai bien aimé les trois même si ma préférence va au second.

    Merci pour la découverte ma Bisonnette ! :D

    • 25 juillet 2014 , 22 h 20 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Mais je te garantis que tu ne vas apprécier les prochains Zorn que je présenterai… ;)

  5. 26 juillet 2014 , 6 h 03 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Des trois, ma version préférée The ballad of Hank MC Cain… J’adore.

    Je me voyais sur la Route 66, au volant d’un vieux Pick up, Mes santiags, une grosse chaleur, la transpiration, une bière bien fraîche sur le fauteuil, les cheveux au vent ….

    Ouais !!! Ça le fait bien avec cette musique ;)

    • 26 juillet 2014 , 16 h 45 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Des trois, ma version préférée The ballad of Hank MC Cain

      Tombée sous le charme de la voix de Mike Patton. Un gars à découvrir ;)

      une grosse chaleur, la transpiration, une bière bien fraîche sur le fauteuil, les cheveux au vent

      et moi qui fais du stop… Tu t’arrêtes ?

    • 26 juillet 2014 , 21 h 23 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      Mouais, on m’a toujours dit de faire attention au mec chelou mais toi t’es un gentil alors oui je m’arrête sans hésiter ;)

      Et si tu ouvres ma boite à gant il y a de bons CD :D

      G.L.O.R.I.A…….AAAAA… Glooooooooria !!! :)

    • 26 juillet 2014 , 22 h 57 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Gentil… Moi ? Attends de me connaitre…
      Non, je ne suis pas un gentil.
      Je suis un bison mâle, sauvage et en rut ! Comme tout bon bison qui se respecte !
      Je suis un cow-boy qui se fait des films et qui crache par terre avant de s’enfiler un Double Jack ! Comme tout bon cow-boy qui se respecte !
      Gentil, non mais… ça mériterait des baffes…

  6. 5 août 2014 , 18 h 25 min - phil prend la parole ( permalien )

    Y a que moi qui suis la !!!!
    Parceque ce Monsieur Z qui signe de son s-x tu en avais déjà parlé !
    Et que c’est bon de le reciter !
    vive le s-x !

    • 6 août 2014 , 9 h 03 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Et j’en reparlerais encore ! De son, de s-x, de son s-x…

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