Shakespeare n’a jamais fait ça [Charles Bukowski]

Par le Bison le 7 juillet 2014

« – Allez, file moi un peu de ton pinard, chérie.
- Hank, tu bois trop vite. Tu vas te rendre malade.
- Je sais. Mais juste un petit coup, chérie, pour nourrir mon âme… »

Hank commence son histoire par la fameuse scène du petit écran, celle-là même qui fit, contre son gré, sa renommée et sa réputation en France, « Apostrophes ». En deux pages, la scène est torchée. Un passage vite fait, vite oublié, il prend le train direction Nice. « Shakespeare n’a jamais fait ça » n’est donc pas un recueil de nouvelles comme Bukowski en a l’habitude et la biture. Un livre de commande sur son voyage chez ses éditeurs français et allemands. Sur commande, certes mais non dénué d’intérêt parce que Hank se livre comme il ne l’a jamais fait.

Je découvre un personnage humain, profondément attachant. Un peu dépassé par les évènements, par l’attrait surprenant que les gens semble lui porter. Il n’est pas Norman Mailer et pourtant des inconnues lui demandent des autographes. Totalement surréalistes. Et pourtant, il le mérite bien ? Norman aussi (bien que je ne l’ai jamais lu). Par contre, Hank, je commence à le connaître et apprécie tant sa prose et son verbe (non, je n’ai pas dit verge) que rien ne me surprend plus de sa part. Sauf son excès de timidité et de fragilité qu’il présente dans ce récit autobiographique.

« Comment un type qui ne s’intéresse à presque rien peut-il écrire sur quoi que ce soit ? Eh bien, j’y arrive. J’écris sur tout le reste, tout le temps : un chien errant dans la rue, une femme qui assassine son mari, les pensées et les sentiments d’un violeur à l’instant où il mord dans son hamburger ; la vie à l’usine, la vie dans les rues et dans les chambres des pauvres, des invalides et des fous, toutes ces conneries, j’écris beaucoup de conneries dans le genre… »

Charles Bukowski est humain. Qui l’eut cru avant ce livre. Charles Bukowski aime sa femme. Charles Bukowski vit et souffre. Il a une âme passionnée et son voyage de Nice en Bavière est passionnant pour le passionné que je suis. Il passe son temps à boire, du vin de préférence, à baiser, Linda de préférence, et de temps en temps se voit confier le dur labeur de réciter ses poèmes ou sa prose à la radio, dans des bars, à la télévision…

« Je lisais, parlais au public entre les poèmes, et buvais beaucoup de vin parce que c’était gratuit. Etre payé pour boire, c’était encore plus miraculeux que d’être payé pour baiser. J’ai continué à lire et à boire. »

Entre les chapitres de son voyage, quelques photos en noir et blanc du maître ou de sa femme viennent compléter ce portrait de famille en vacances européennes. De belles images d’un couple heureux, presque comme toi et moi, sauf que moi, je n’ai pas cette capacité à émouvoir les peuples avec de simples mots, sauf que moi, je n’ai pas cette descente aussi facile pour le vin rouge. Mais je veux bien essayer… Quoi de plus aphrodisiaque que de boire nu une bouteille au goulot en écoutant ou en récitant des poèmes.

« Rien de tel qu’une bonne bouteille pour se sentir à la maison, où que l’on soit ; »

« Shakespeare ne l’a jamais fait », être ou ne pas être Bukowski.

20 commentaires
  1. 7 juillet 2014 , 22 h 23 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    « Shakespeare ne l’a jamais fait », être ou ne pas être Bukowski. »

    Wahou quelle classe !!! Alors là je m’incline devant cette conclusion Bison … ;)

    J’ai lu quelques extraits du livre et j’avoue sincèrement, même si ça me fait mal à la langue que j’ai été ému par les photos avec sa femme et par quelques anecdotes. Ouais tu as raison ce livre le rend moins bestial et moins goujat.

    Shakespeare n’a jamais fait ça !!! Va savoir autant c’était un petit vicelard ;)

    Chapeau tu as réussi à l’humaniser un peu notre Charles ;)

    « St Joseph » Mazette, on ne se prive de rien ! :)

    • 7 juillet 2014 , 22 h 28 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Alors là je m’incline devant cette conclusion Bison

      Oh oui, j’aime bien quand tu t’inclines comme ça devant moi ! Attends, je ferme les yeux, et j’essaye d’imaginer le décolleté…

      Ouais tu as raison ce livre le rend moins bestial et moins goujat.

      Pourtant, tu l’aimes bien quand il est bestial et goujat !
      Heu… en fait c’est peut-être moi qui l’apprécie dans cet état-là.
      Mais quelle classe quand il vomit sur le trottoir ou les chiottes d’une chambre d’hôtel. D’une grande pureté, la poésie même façon Bukowski.

      « St Joseph » Mazette, on ne se prive de rien !

      J’essaye de me mettre au niveau de l’auteur !

    • 7 juillet 2014 , 22 h 35 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      Moi j’dis le vin se boit en petite quantité mais en grande qualité… mais pas au goulot … SACRILEGE !!!

      La bière au goulot, nu si tu le souhaite avec le beau RÔ qui va bien derrière mais un bon vin… se boit avec délicatesse !

      « Un bon vin, tu le caresses du regard, tu admires sa robe soyeuse, tu l’humes, ensuite tu le grumes pour augmenter sa température et dans ta bouche quand il présente une bonne longueur, tu fais durer le plaisir et là tu avales par petites gorgés, un délice. » ;)

      Ca c’est de moi ^^ j’étais bien inspirée ce jour là ;)

    • 7 juillet 2014 , 22 h 44 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Ok, pour la délicatesse. Je peux quand même rester « nu » – juste pour me prendre pour Bukowski le temps de la descente d’un verre…

      Ca c’est de moi ^^ j’étais bien inspirée ce jour là

      Tu es sûre que tu parlais du vin ? ;)

  2. 7 juillet 2014 , 22 h 32 min - manU prend la parole ( permalien )

    Il me tente bien ce bouquin, découvrir une autre facette de Bukowski, ça vaut forcément le détours !

    • 7 juillet 2014 , 22 h 34 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Avant que tu ne sois trop déçu, il y a quand même beaucoup moins de scènes de baise. Par contre, les séquences de pure « biture » sont toujours au rendez-vous. Ouf !

  3. 8 juillet 2014 , 11 h 42 min - phil prend la parole ( permalien )

    Et bien enfin ! ! !
    on l’attendait ce billet sur notre Charles !!!
    surtout qu’on peut fêter ses 20 ans … de sa mort !!!
    et ouai !!!
    Et ce n’est pas qu’un vieux dégueulasse !
    C’est un super Barfly un peu bcp Nietzchéen

    Et j’adore sa théorie des 3 E:
    Erection, Ejaculation Exhibition !

    • 8 juillet 2014 , 14 h 53 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      on l’attendait ce billet sur notre Charles !

      Comme un bon cru, il ne faut point en abuser et préférer la dégustation épisodique

      Et ce n’est pas qu’un vieux dégueulasse !

      Un grand poète même quand il chie.
      Un grand amoureux surtout quand il baise.

      Et j’adore sa théorie des 3 E

      Rien à redire sur les deux premiers E.
      Erection et Ejaculation, la ligne de conduite de ma vie… :)

    • 8 juillet 2014 , 16 h 42 min - phil prend la parole ( permalien )

      Et beh encore un billet qui va faire splash ! ! !

  4. 9 juillet 2014 , 21 h 58 min - manU prend la parole ( permalien )

    « Avant que tu ne sois trop déçu, il y a quand même beaucoup moins de scènes de baise. »

    Oh l’autre ! Comme si j’étais du genre à n’apprécier que les scènes de baise !!…

    Moi qui suis si sage… Moi qui suis un ange…

    • 9 juillet 2014 , 22 h 31 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      je me méfie toujours des gars qui commandent un Coca Light, Cuvée 2014. Même pas le temps de le laisser vieillir un cave, jeune impatient…

  5. 10 juillet 2014 , 18 h 57 min - phil prend la parole ( permalien )

    tu es devenu l’homme qui court à fond?
    ou
    tu es en mode vacances Bibison ?

    • 10 juillet 2014 , 19 h 02 min - phil prend la parole ( permalien )

      « Savoir ou ne pas savoir, telle n’était d’ailleurs pas la question. »
      Journal d’un vieux dégueulasse !

    • 10 juillet 2014 , 20 h 01 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      en mode vacances

      en mode « vivement la retraite que je puisse faire des trucs plus sympas »

      Journal d’un vieux dégueulasse !

      Je ne suis pas si vieux ! D’ailleurs tu es nettement plus vieux (plus dégueulasse ?! ;)

    • 11 juillet 2014 , 10 h 48 min - phil prend la parole ( permalien )

      nettement ????
      quelle nuance Bibison !!!

  6. 13 juillet 2014 , 4 h 22 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Bison… te lire nous raconter Bukowski est vraiment touchant, j’oserais même dire « en Tabarnak »! ;-)

    Comme tu le dis si bien, quel homme. Passionné, fragile, émouvant, que des émotions crues, directes, un peu moins de cul dans celui-ci. Ce que tout le monde aime sans oser… Avec lui, « what you see is what you get ». L’authenticité. Quelle belle valeur…!

    J’ai Les Contes de la folie ordinaire entre les mains… :-)

    L’ivresse de vivre ou comment nourrir son âme. Quel passionné!

    Bonne finale, si Shakespeare ne l’a jamais fait, Bukowski doit être vierge…

    • 13 juillet 2014 , 21 h 51 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      J’ai Les Contes de la folie ordinaire entre les mains…

      Comment tu fais pour boire alors ta BdC ?

  7. 14 juillet 2014 , 1 h 43 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Charles dans la main gauche, une EB dans la droite ;-)

    • 14 juillet 2014 , 10 h 07 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      et tu te signes de quelle main ? ;)

    • 14 juillet 2014 , 15 h 14 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      Avec Saint-Charles, je me signe avant de lire et purifie mon âme à l’EB après… Amen!

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