Black, Brown and Beige [Duke Ellington]

Par le Bison le 24 mai 2014

Catégorie : 5 étoiles, Jazz & Silence

Le 24 mai. Grande date. Tu attendais avec impatience ce jour. Il arrive enfin. Le moment de célébrer ce grand monsieur. Immense par son talent et par le plaisir qu’il a procuré autour de lui. 24 mai 1974. « It’s a very sad day. A genius has passed ! ». A l’âge de 75 ans, Duke Ellington succombait d’une pneumonie. Cela fait donc 40 ans qu’il a franchi l’autre frontière. Techniquement parlant, je n’ai guère eu le temps de le connaître. Peu importe, parce qu’au-delà de sa disparition, il m’a laissé sa musique. Par contre, aujourd’hui, je ne vais pas te parler de sa musique – pour la simple raison que je ne la connais que trop peu – mais d’un album, le seul en ma possession. Plus qu’un album, d’ailleurs. Il s’agit d’un chef d’œuvre, d’un incontournable, d’une immensité incommensurable. « Black, Brown and Beige ».


Mais pourquoi se limiter à la notion d’album, il s’agit avant tout d’une immense suite, d’un mouvement perpétuel où les thèmes se répètent presque indéfiniment sans jamais lasser. Ils tournent, virevoltent, se rejoignent, se croisent et dérivent. Ils reviennent sous une autre déclinaison avant de s’envoler vers les anges. Ils sont lumineux et tristes. Sombres et joyeux. Ils caressent les âmes et déchirent les cœurs. Ils te prennent surtout aux tripes, ces thèmes si langoureux et fougueux que tu cherches des yeux la femme de ta vie pour partager avec elle ces intenses émotions.

Duke Ellington and his orchestra featuring Mahalia Jackson.

En un album, le Duke parle de l’histoire du peuple noir, de son esclavage à son émancipation dans les ghettos de Harlem. Le Duke joue avec un rythme effréné de ses racines et de ses frères dans un univers musical multicolore. Grand orchestre, cuivre et bop et cette voix, Mahalia Jackson, apôtre du gospel.

De quoi arracher quelques larmes même aux êtres dépourvus de sensibilité. Alors que le Duke s’efface derrière son piano, Mahalia bouscule les âmes de sa voix. Une suavité à faire fondre des chamallows. Une douceur épicée comme un carreau de chocolat au piment. Un mélange d’amertume et de délicatesse comme une bière au nougat (si, cela existe !).

A partir de cet album, le terme de « great black music » prendra tout son sens. Comme un avant et un après. Sans celui-ci, peut-être que Miles Davis n’aurait pas été aussi grand. Sans celui-ci, peut-être que la musique noire serait restée dans son ghetto colorisé. Sans celui-ci… Non, avec celui-ci. Parce qu’il existe bien cet album, et la vie en est devenue tout autre. Aussi bien pour le Duke et ses successeurs que pour ses auditeurs. Et que dire sur ce psaume 23. Des frissons qui te parcourent l’échine.

« Black, brown and beige » [1958], pour écouter un 24 mai.

23 commentaires
  1. 24 mai 2014 , 16 h 23 min - manU prend la parole ( permalien )

    Joyeux anniversaire
    Joyeux anniversaire
    JOYEUX ANNIVERSAIRE LE BISON
    Joyeux anniversaire…

    Je te l’aurai bien chanté au téléphone mais je ne voudrais pas t’effrayer avec mon accent de « paysan bouseux charentais »………………

    • 24 mai 2014 , 18 h 28 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      J’y vois comme un sentiment de rancoeur… tiens donc !!!!

      ;)

    • 24 mai 2014 , 22 h 54 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Tu as enlevé tes bottes avant de prendre le téléphone ?

      Allez, reviens, je te sers un verre de pineau ?

  2. 24 mai 2014 , 16 h 52 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Réveil d’un 24 mai inoubliable, avec une seule envie ultime, refermer les yeux sur la voix de Jackson et les notes d’Ellington. Se laisser bercer l’oreille et les sens dans un mouvement généreux de tendresse et d’amour. Deux icônes pour un seul grand frisson qui te parcoure le corps d’émotions fortes, extrêmes, euphoriques, jubilatoires. Oui, un réveil divin du 24 mai avec ce grand nom du jazz afro-américain qui a surpassé son temps et ouvert la voie du jazz afro-américain en plein coeur de cette période de ségrégation. C’est intense, c’est fort, c’est presque insupportable tant cette musique est généreuse, somptueuse.

    « Ils tournent, virevoltent, se rejoignent, se croisent et dérivent. Ils reviennent sous une autre déclinaison avant de s’envoler vers les anges. Ils sont lumineux et tristes. Sombres et joyeux. »

    Un post enflammé dont les notes m’accompagneront tout au long de cette journée, qu’il faudra bien terminer, en soirée, accompagnée d’une binouze digne de ce nom et en bonne compagnie..

    • 24 mai 2014 , 23 h 00 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Ne me dis pas que tu bois des binouzes sans nous inviter ?

    • 24 mai 2014 , 23 h 18 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      Jamais de la vie! J’vous attends toujours pour la binouzette mais vous tardez hein et elle réchauffe ! Faut faire vite hein

    • 24 mai 2014 , 23 h 19 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Tu n’as pas un igloo dans le jardin ?

    • 24 mai 2014 , 23 h 51 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      Et glou iglou iglou iglou

  3. 24 mai 2014 , 16 h 54 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Eh ben! Si en plus c’est ton anniversaire, je te le chante en québécois en t’offrant une binouze de Chambly!

    • 24 mai 2014 , 22 h 52 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Tu peux chanter dans la langue que tu veux, du moment que t’amènes la Chambly

  4. 24 mai 2014 , 18 h 32 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Cumpleano feliz !
    Cumpleano feliz !
    Cumpleano feliz Bisonte
    Cumpleano feliz !!!!

    Moi je peux te la chanter au téléphone… Pas de bouse de la Charente ;)

    Duke Ellington et Mahalia Jackson très beau duo, très bon choix ;)

    • 24 mai 2014 , 22 h 45 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Cumpleano feliz !

      C’est du patagon ?

      Moi je peux te la chanter au téléphone… Pas de bouse de la Charente

      Et ça donne quoi l’accent du 26… Je pencherai pour un air ensoleillé… Avec ou sans bouse. Y’a des vaches dans le 26 ?

  5. 24 mai 2014 , 19 h 28 min - phil prend la parole ( permalien )

    on est tous la pour boire un coup a ta sante Bibison
    Et de nombreux excellents billets hein !
    sinon pas de binouzes !

    • 24 mai 2014 , 20 h 46 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      Il a raison Phil …

      Sinon pas de binche ;) NA !!

    • 24 mai 2014 , 22 h 44 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Ni binche, ni binouze… Putain, vous voulez déjà m’enterrer !!!

  6. 25 mai 2014 , 0 h 15 min - manU prend la parole ( permalien )

    « Y’a des vaches dans le 26 ? »

    Ben, y en a au moins une… :D

    • 25 mai 2014 , 10 h 08 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      Oooohhhh Punaise !!!!!!!

      Toi tu payes rien pour attendre …

      ;)

    • 27 mai 2014 , 11 h 48 min - phil prend la parole ( permalien )

      attention a leur radioactivité …

  7. 25 mai 2014 , 13 h 14 min - manU prend la parole ( permalien )

    J’t'attends Milka !! ;)

  8. 27 mai 2014 , 15 h 22 min - dasola prend la parole ( permalien )

    Bonjour le Bison, pour moi, Mahalia Jackson, c’est quand à la fin de Imitation of Life (Mirage de la vie) de Douglas Sirk, elle chante un gospel: j’ai épuisé trois paquets de Kleenex. C’était quelque chose. Bonne après-midi.

  9. 27 mai 2014 , 22 h 18 min - manU prend la parole ( permalien )

    Oh Le Mirage de la vie, Lana Turner, J’adore ! :)

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