Le Live : Sharp Dressed Man – Legs

Par le Bison le 17 mai 2014

Un moteur. Vrombissement sauvage. Le vent souffle son air aride. Je coupe le contact. Crache la poussière. Le « Chicken Ranch », La Grange, Texas. Le retour. La taverne où il fait bon boire, s’assoir sur un tabouret, une bière à la main. Un groupe sur scène qui remue leurs Gibson. Et puis, je la vois, assise seule sur son tabouret. Une habituée. Pas encore bourrée, pas encore déchirée. Une longue chevelure noire. Un tee-shirt, le crane d’un taureau imprimé dessus, d’un bleu profond pour souligner ses yeux noirs. Noué au-dessus du nombril, laissant visible son tatouage sur son aine. Un papillon, deux papillons, je devine même un troisième papillon plus bas… Aine Tatoo. Une paire de jambes. Longues, fines. Putain, quelles guiboles ! A n’en plus finir…

Elle boit sa bière au goulot. Pas un regard sur la scène, ni sur moi. Dans son monde, dans ses rêves. Hermétique au groupe sur scène, absence totale autour des danseuses trémoussant leurs culs et levant leurs jambes aussi haut que Chuck Norris. Carmen Electra remue ses fesses, ses jambes, son corps ; sur scène, les deux barbus restent stoïques. Le batteur affiche, entre sa moustache, son sourire en coin qui veut dire qu’il la croquerait bien, cette poulette. La température est montée d’un cran subitement. Les cris fusent, hurlements de coyotes déchainés et assoiffés.

Je reste accoudé au comptoir, finissant ma bière. Mon regard la fixe, comme hypnotisé par ses jambes interminables. Mon esprit s’envole au-dessus des volutes de fumée. Je m’imagine m’assoir à côté d’elle, lui offrir cette seconde bière, avant de la prendre par la main et l’emmener faire un tour sur ma Harley. Une virée on the road sixty-six, la voie maltée. Le soleil brulant, la poussière s’élevant, le vent sifflant. Elle se tient accrochée à mon cuir, cheveux noirs au vent. Puis un motel, simple et discret. Deux corps dans la sueur, le foutre et la poussière. Des regards pénétrant, yeux dans les yeux. Deux âmes qui communiquent ensemble. L’un dans l’autre.

Il fait chaud subitement. La foule hurle de plus belle, des verres volent, des billets s’envolent. Tu n’as pas chaud. J’ai fini ma bière. Hé, les ventilos sont en panne ?

La musique s’arrête. Un tabouret vide, la femme est partie… Cette belle inconnue qui le restera encore. Putain de vie. Ne me reste plus que ses jambes en souvenir. Une vision enchanteresse qui rendra peut-être mes nuits plus harmonieuses où mes mains caresseront ces longues jambes et ce corps. Et un jour, peut-être que mon esprit arrêtera de rêver à ces chimères rencontres et invitera cette inconnue du « Chicken Ranch ». Le rendez-vous est pris, la chambre du motel est réservée…

De grands morceaux de concert

Pour les amoureux de la musique,

Les amoureux du live

Et les amoureux du Bison !

6 commentaires
  1. 18 mai 2014 , 11 h 46 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Saluons l’exceptionnel éclectisme bisonnesque tant en matière de bière que de musique, qui fait voisiner Brahms et Debussy avec les barbus texans et leur Homme aux habits « classe ».

    • 18 mai 2014 , 15 h 09 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      en matière de bière, de musique… ET DE FEMMES ;)

  2. 18 mai 2014 , 21 h 43 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Dis tu nous feras une suite avec cette belle inconnue, brune aux longues jambes. Ce serait sympa qu’il y est une suite dans un prochain live…

    Montera t’elle de nouveau sur ta Davidson,en short moulant, tee-shirt bleu noué au dessus du nombril et des bottes cuirs noires qui épouseraient ses jambes interminables …

    Un billet bisonesque comme je les aime…

    A haw, haw, haw, haw, a haw.

    • 18 mai 2014 , 22 h 06 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Dis tu nous feras une suite avec cette belle inconnue, brune aux longues jambes. Ce serait sympa qu’il y est une suite dans un prochain live…

      Une suite ? Cela pourrait être une idée… La question est de savoir si cette belle inconnue n’a pas été effrayé par ce monde bisonesque et si elle remettra son cul sur un tabouret du Chicken Ranch ?

      en short moulant

      Je n’avais pas imaginé le short moulant, mais cela pourrait être aussi une nouvelle idée…

      A haw, haw, haw, haw, a haw.

      Tellement obnubilé par ses jambes interminables que j’en ai oublié le cri de ralliement…
      A haw, haw, haw, haw, a haw.

  3. 19 mai 2014 , 15 h 48 min - phil prend la parole ( permalien )

    ce qui est dommage quand tu les vois en concert,
    c’est qu’il y a bien les barbus, mais pas toutes ces jolies femmes …

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