Chloé [Atom Egoyan]

Par le Bison le 5 août 2011

Je garde encore en mémoire le fabuleux roman de Russell Banks, « De Beaux Lendemains » qu’Atom Egoyan avait fait pour sa seconde réalisation, une adaptation fidèle et remarquée. Depuis, le nom d’Egoyan semble avoir disparu de mon horizon cinématographique, jusqu’à l’apparition d’une « Chloé » remettant ses dessous de dentelles noires dans une salle de bain immaculée.

Si mon regard s’est soudainement tourné vers « Chloé », c’est avant tout pour les belles Julianne Moore et Amanda Seyfried. Je n’ai rien contre un Liam Neeson en quinquagénaire séducteur et charmeur, mais c’est moins mon truc…

Catherine est gynécologue, David est prof de fac. Une magnifique maison, style un architecte est passé par là  pour dessiner les plans, style faut un gros compte en banque pour se l’offrir, style j’aimerai bien y vivre heureux. Un ado, style en pleine crise de l’adolescence, style un peu rebelle envers sa mère qui le materne encore. Un couple qui a tout pour être heureux, sauf que Catherine fait sa crise de la quarantaine : elle se sent vieillissante (pfff fait Le Bison), elle ne se croit plus séduisante (pfff fait Le Bison), et a des doutes sur la fidélité de son mari, qui crise de la cinquantaine ou pas, se fait toujours charmeur envers ses jeunes étudiantes, envers les jeunes serveuses, envers tout ce qui est jeune, féminin et porte des jupes.

Idée stupide ou totalement féminine, la toujours désirable (foi de Bison) Julianne Moore décide de tester son couple en engageant une escort-girl (fonction socialement et politique correcte pour désigner en fait une prostituée version « de luxe ») dont la mission serait de séduire son mari et de voir si ce dernier succomberait à ses charmes. En gros, est-ce qu’il se contentera de « flirter » légèrement avec la belle jeune fille aux charmes indéniables (foi de bison) ou ira-t-il jusqu’à la partie de sexe torride et bestiale ? Je vous laisse deviner la suite…

Deux superbes actrices, agréables à zyeuter, avec ou sans lingerie, sexy à souhait, toutes deux envoutantes et séduisantes. Un film parfois un peu trop bavard mais avec un suspens grandissant (même si je pressentais la fin) façon thriller psychologique. D’ailleurs plus que le dénouement final, le réalisateur s’attache à décrire la psychologie des deux femmes, leur face-à-face et leurs doutes, une réflexion sur l’âge et la séduction et sur les rapports de fidélité devant le temps qui file (et se défile) au sein d’un couple pour qui la passion ne semble plus aussi apparente.

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L’homme est un poème que l’être a commencé… Là où les mots me portent :

Outre le contenu du film, semblable à une tragédie grecque (l’amour impossible, sanctionné par la mort… Ou le suicide, le pathos, les tergiversations), Atom Egoyan y met la forme : une très belle photographie prépare un terrain propice aux émotions, à l’impression de toucher le beau dans des scènes d’adultère ou d’inceste. La musique, dosée, amplifiée, souligne l’esthétisme des scènes, avec un thème récurrent, qui atteint son apogée lors de la fusion des corps des deux femmes. Le parallélisme entre le duo des amants et la quasi-masturbation de Catherine dans la douche est remarquable, renforçant la théorie de l’amour physique par procuration.

Un blog de connards, C’est la Gêne :

A l’arrivée, nous est contée une histoire perverse à souhait où le désir prend des formes qui mettent à mal l’univers petit-bourgeois et ses certitudes.

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