Le Live : Little Bittern – Karaim

Par le Bison le 26 avril 2014

Destination Marciac, pays du foie gras et du jazz avec au programme ce soir, deux live monstrueux. Parce qu’il faut au moins ça pour découvrir le bonhomme. Lui signe son nom d’un Z à la pointe de son saxo. Z comme Zorn. John Zorn. Il était temps qu’il rentre dans ce ranch, tant sa musique est prolifique et mystérieuse. Plus de 250 albums à son actif – et encore je n’ai pas tout compté. Du simple « accompagnateur » au chef de « band » sans oublier le compositeur, John navigue sur toutes les eaux, aussi bien calmes que tumultueuses. Je sais que tu vas l’aimer. Mais je sais aussi que tu vas profondément le détester tant son spectre musical est large et qu’il dérive au-delà de l’harmonie musicale.

Je ne te ferai pas l’étude complète de sa musique – tu auras le temps de le découvrir à dose homéopathique au début ; mais tu risques vite d’en devenir en manque telle la dose d’héroïne que tu t’injectes chaque soir avant de te coucher (peu importe la forme que prend cette dose, d’ailleurs ; qu’elle soit sous forme de poudre, de chamallows, de Chouffe ou de Suze). Mais sache que si tu veux explorer son univers, il va te falloir du courage et de la persévérance (peut-être aussi un peu d’héro, beaucoup de chamallows et quelques bouteilles encore pleines). Le jazz, le death metal, le klezmer, le punk hardcore, la musique de films et de dessins animés, la musique classique. John improvise, se remet chaque fois en cause et réinvente son univers musical à chaque nouvelle interprétation. En mouvement perpétuel, John Zorn repousse les frontières de son art et crée ainsi son propre monde, une musique bien à lui qui l’empêche ainsi d’être classifié dans un rayon poussiéreux de ta discothèque. John Zorn multiplie les albums comme un certain seigneur le faisait de ses petits pains. Il diversifie ses collaborations artistiques (et notamment un grand album inaudible pour les âmes les plus chastes avec Lou Reed et Laurie Anderson – ne me tente pas de parler de cet album, tu pourrais le regretter). Il crée plusieurs groupes, l’occasion de s’inventer des genres musicaux à chaque nouvelle formation. Bref John est partout. Bref John est indispensable. Bref John est Zorn, tout simplement.

Pour ceux qui ne l’ont pas reconnu sur cette première vidéo, John Zorn est celui qui ne joue pas ! C’est là tout son talent. Et je sens que certains vont l’apprécier justement quand il ne sort pas son instrument… Parce que lorsqu’il pianote de ses doigts ce petit bout patiné, il envoie « grave » ! Et tout en improvisation !

Allez, en route pour la joie, en route pour le second live, juste pour un aperçu de son alto. Mais ne t’inquiète pas trop si tu vas aimer, bientôt tu retrouveras John Zorn dans une autre version que tu apprécieras foncièrement détester. Haïr même serait le mot juste. Je le sens, je le sais. Parce que John Zorn n’est pas à la portée de tout le monde. Il faut persévérer pour le comprendre, l’aimer, l’aduler. Oui, John Zorn se mérite. Ce n’est pas pour rien qu’il signe d’un Z son alto. Z comme Zorn.

De grands morceaux de concert

Pour les amoureux de la musique,

Les amoureux du live

Et les amoureux du Bison !

8 commentaires
  1. 26 avril 2014 , 23 h 17 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Je découvre et c’est une surprise, une grande claque. A part quelques passages trop improvisés ou j’ai eu du mal à suivre, c’est tout simplement magistral…

    Je ne connaissais pas Zorn et c’est énorme, moi qui croyais tout connaitre du saxo avec Getz, Gordon, Parker, Sanborn & Cie…

    mÔssieu joue dans la cour des grands !!! Ok je m’incline mais pour cette fois ci uniquement !

    Dis je peux avoir un peu de tarte à la fraise… ? ;)

    • 27 avril 2014 , 12 h 06 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      une grande claque

      Et ça fait mal !
      Magistral, en effet.

      Je ne connaissais pas Zorn et c’est énorme

      Aussi énorme que…

      mÔssieu joue dans la cour des grands !!!

      Ceux de plus de 1m84…

      Ok je m’incline mais pour cette fois ci uniquement !

      Tu vas me donner des idées…

      Dis je peux avoir un peu de tarte à la fraise…

      A l’approche de l’été, je ne sais pas si ce serait une bonne idée… Rrrhhhh !

  2. 27 avril 2014 , 8 h 38 min - Princécranoir prend la parole ( permalien )

    Splendide ! Suspsendus aux riffs de Ribot, on observe la préparation du maître de cérémonie, puis le sax se met à hurler : j’adore ça. Je m’aperçois que je connais bien mal l’animal (juste un passage à Masada et deux trois collaboration ici et là) et je découvre cette discographie on ne peut plus pléthorique (ce disque avec Reed et Anderson m’intrigue et titille mon esprit !)

    • 27 avril 2014 , 12 h 08 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Connaître Masada est déjà une bonne chose.
      Et ce disque avec Lou et Laurie ne va pas que titiller ton esprit !

  3. 27 avril 2014 , 13 h 13 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Ze suis en colère (Zorn en allemand). Tant de talents chez certains alors que ze maîtrise encore si mal l’accord de Fa barré. Klezmer de rien il touche le Zorn, et ze l’ignorais majestueusement… Danke schön, tien vlà que ze me mets à parler pseudo Yiddish, moi.

    • 27 avril 2014 , 15 h 30 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Ah le fameux Fa barré… Bon ok, je ne connais pas ton langage ;) En plus de « maîtrisé » l’accord, tu sembles aussi bien t’y connaitre en allemand qu’en yiddish. Que de talents pour une seule et même comtesse !

  4. 28 avril 2014 , 14 h 03 min - phil prend la parole ( permalien )

    ca c du sax de Zorn comme on l’aime, qui titille les neurones
    merci Bibison car c vrai que ce grand Mr Z mérite toute sa place dans tes billets !

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