Le Revenant [Michael Punke]

Par le Bison le 20 avril 2014

« Il sentit l’odeur de la carcasse de bison avant de la voir. Il l’entendit aussi – ou du moins il entendit les nuées de mouches qui tournoyaient autour de la masse de peau et d’os. Des tendons maintenaient le squelette que des charognards avaient nettoyé de toute chair. La tête énorme, broussailleuse, et les cornes noires conféraient encore à l’animal une certaine dignité, bien que les oiseaux lui eussent becqueté les yeux. »

Hugh Glass. Dans les années dix-huit-cent-vingt et des poussières. Une ourse le décapite presque. La vie des trappeurs et la conquête de l’Ouest. L’homme blanc face à la sauvagerie des indiens. L’homme blanc face à la sauvagerie des bêtes. La nature, le long du Missouri… La neige, le froid, la solitude. Survivre. Des cicatrices qui le marqueront à vie. Elles plairont certainement aux femmes… mais là n’est plus la question. Pour Hugh Glass, il s’agit juste de survivre en milieu hostile. Survivre pour exercer sa vengeance. Parce qu’après s’être fait attaquer par cette ourse, il fut abandonné par deux de ses compagnons de route. A la limite peu importe, s’ils ne lui avaient pas volé en plus son arme, son silex et son couteau. L’ourse l’a mortellement blessé mais ses deux compagnons l’ont assassiné. Meurtriers ! Assassins ! Vengeance…

Commence alors une course contre la montre, une course contre la neige qui tombe, contre les serpents qui rodent, contre les indiens qui trainent. Il tient encore à son scalp où le peu qu’il en reste. Une course contre la mort…

« Ce qu’il découvrit au-delà de la berge lui coupa le souffle. Des milliers de bisons paissaient dans la prairie, noircissant la plaine sur plus d’un kilomètre. Un grand mâle montait la garde à une cinquantaine de mètres devant Glass. L’animal devait faire près de deux mètres de haut à la bosse. Le châle de fourrure fauve surmontant le corps noir accentuait les lignes de la tête et des épaules puissantes, rendant presque les cornes inutiles. La bête grogna et renifla l’air, agacée par le vent tourbillonnant. Derrière le mâle, une femelle se roulait sur le dos en soulevant un nuage de poussière. Une douzaine d’autres femelles entourées de leurs petits broutaient tranquillement à proximité. »

Un roman sur la conquête de l’Ouest, riche en documentations (Hugh Glass a réellement existé même si quelques libertés ont été prises par l’auteur, Michael Punke, ambassadeur américain à l’OMC) et en péripéties aventurières. Un vrai western littéraire, des trappeurs, des indiens, des militaires. Une frontière qui sépare le pays des blancs et celui des sauvages. Des bisons, des plaines, des plaines pleines de bisons, des milliers de bison. Un autre temps où les bisons n’étaient pas encore massacrés en masse ; juste pour sa fourrure, pour son steak ou pour son cuir. Des bisons et des hommes plus sauvages que les bisons, plus acharnés que les loups affamés s’attaquant à des jeunes bisons, aussi violent que le coup de patte d’une ourse face à l’homme face à ses deux oursons.

Violent et sauvage comme un western !

« Fitzgerald et Bridger lui avaient délibérément volé les quelques affaires qui auraient pu le sauver. En le privant de cette possibilité, ils l’avaient tué. Ils l’avaient assassiné, aussi sûrement qu’avec un couteau dans le cœur ou une balle dans le cerveau. Ils avaient commis un meurtre, sauf qu’il ne mourrait pas. Il ne mourrait pas, et il survivrait pour tuer ses meurtriers. »

« Le Revenant », se faire scalper par une ourse, manger du bison et se venger des hommes.

Une opération Masse Critique du site Babelio

en collaboration avec les éditions Presses de la Cité.

17 commentaires
  1. 21 avril 2014 , 8 h 23 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Hey Bison, suis en train de le terminer, m’étonne pas de te rencontrer ici, j’en aurais mis mon scalp en gage.:)

    • 21 avril 2014 , 10 h 03 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      C’est qu’on a reçu les mêmes offres…
      Je ne pouvais pas passer à côté de celle-ci, même si la lecture fut moins emballante qu’espérée…
      La vie des trappeurs dans l’Ouest américain.

  2. 21 avril 2014 , 10 h 37 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    C’est le genre d’histoire que je rêverai de voir sur grand écran réalisé pourquoi pas par le grand Clint Eastwood…!

    Clint si tu m’entends ^^ ;)

    • 21 avril 2014 , 14 h 05 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Il est déjà en cours de scénarisation ou de tournage…
      Mais je crois que Clint n’est pas dans le coup…

  3. 21 avril 2014 , 22 h 11 min - manU prend la parole ( permalien )

    Une échappée sauvage dépaysante…

    • 22 avril 2014 , 9 h 43 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Sauvage et dépaysante, même si elle lui manque un petit quelque chose pour que l’échappée se transforme en odyssée inoubliable…

  4. 22 avril 2014 , 11 h 09 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Rhô, un bison mort ! J’ai eu peur que ce ne soit toi, mon Bisounet ;)

    Je note ce livre, il me fait du pied et tu en parles si bien que je ne peux que l’ajouter dans ma loooongue liste.

    Une aventure avec un troupeau de bison, ça sent la partouze, non ?

    • 22 avril 2014 , 11 h 35 min - phil prend la parole ( permalien )

      hahaha
      sauf si c entoure d’une meute de loups !

    • 22 avril 2014 , 13 h 22 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Une aventure avec un troupeau de bison, ça sent la partouze, non ?

      Le savoir-vivre du bison !

      sauf si c entoure d’une meute de loups !

      La meute ne s’en prend qu’aux plus faibles et certainement pas à un bison valeureux et fougueux !

  5. 22 avril 2014 , 13 h 32 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    On m’a initiée dernièrement au western littéraire. La conquête vers l’Ouest, les bisons, la solitude, la menace d’un milieu dominé par la loi du plus fort, des duels aux pistolets, la trahison des compagnons de route et comme tu le nommes si bien, une vengeance sur les hommes. Un moment plus qu’agréable par le dépaysement qu’il procure. Des livres qui valent leur pesant d’or..

    • 23 avril 2014 , 9 h 05 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      The West is the Best comme dirait Jim…

  6. 25 avril 2014 , 15 h 07 min - dasola prend la parole ( permalien )

    Bonjour le Bison, pas entendu parler de ce roman mais tu me tentes bien. Bonne après-midi.

    • 25 avril 2014 , 22 h 21 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Pour la cinéphile que tu es, il serait en cours d’adaptation par le réalisateur mexicain Gonzalez Inarritu d’ici 2016.

  7. 6 mars 2016 , 14 h 29 min - potzina prend la parole ( permalien )

    Même s’il manque un petit quelque chose pour en faire un livre inoubliable, je suis tout de même tentée. Déjà parce que le film m’a donnée envie de découvrir le roman et parce que ton billet m’intrigue beaucoup. Il n’y a pas si longtemps que je me suis mise aux romans d’aventures mais depuis que j’ai rencontré Franscisco Coloane, j’ai des envies de plaines, de feux de camp et de Nature sauvage !

    • 6 mars 2016 , 17 h 24 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Juste par curiosité, effectivement, cela vaut quand même le coup de se fondre dans le peau d’Hugh Glass.

  8. 8 mars 2016 , 16 h 42 min - phil prend la parole ( permalien )

    Alors tu l as vu ce film???
    Qu’en penses-tu?
    En ce qui me concerne, je le trouve superbe et très symbolique

    • 8 mars 2016 , 22 h 16 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Très bien le film. Un peu linéaire à mon goût, surtout en comparaison des autres réalisations du mexicain. Mais quelle beauté visuelle. Quelle lumière et quelle panorama ! M’étonnerait pas que cela fut tourné au Canada.
      Du grand spectacle symbolique, quelques différences avec le roman, mais je retiens surtout, outre la performance du petit Leo, la magnificence de ces paysages enneigés.

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