La Mort Lente de Luciana B. [Guillermo Martínez]

Par le Bison le 4 juin 2014

10 ans qu’il n’avait pas vu Luciana et voilà qu’aujourd’hui elle l’appelle, apeurée, effrayée, une question de vie et de mort. Que faire, que dire. Écoute ma belle, t’es bien gentille, on sait peut-être embrassée il y a une décennie mais tu n’avais pas voulu aller plus loin, alors oublie-moi maintenant. Mais non, il l’a écouté jusqu’au bout, ils se sont convenu d’un rendez-vous, autour d’un verre ou d’un café. Et puis elle lui a raconté une histoire abracadabrante comme quoi elle subirait la terrible vengeance de Kloster. Toutes les personnes qu’elles aiment disparaissent autour d’elle. De façon bien étrange et mystérieuse. Mais, Kloster, ce grand écrivain argentin…

« Pourquoi lui dire oui alors qu’en mon for intérieur je pensais non ? Pourquoi ne pas me débarrasser d’elle sous n’importe quel prétexte, et ne pas mettre entre nous mille kilomètres de distances. Il y a des fois, dans la vie, de rares fois, où l’on perçoit le tournant fatal, vertigineux, qu’un acte dérisoire peut provoquer. Le désastre qui nous menace à la suite d’une décision banale. Ce soir-là je savais par-dessus tout que je ne devais pas l’écouter davantage. Et pourtant, comme incapable de résister à la force d’inertie de la compassion, ou de bonnes manières, je me levai et la suivis dans la rue. »

Un roman dans le roman. Deux écrivains, une femme qui était belle avant, avec tant de sensualité lorsqu’elle tapait à la machine les phrases de ces deux auteurs, ce chemisier presque transparent que j’avais tant envie d’arracher par cette journée de chaleur. Luciana B. B comme belle. B comme brune. Femme fragile que j’aurais envie de protéger et de croire. Car toute la question est là, dans ce thriller psychologique. Croire au récit de Luciana ou faire confiance à Kloster ? Elle me parle, se confie, me raconte ses dix dernières années, j’ai envie de la croire ; je suis peut-être encore un peu amoureux. Kloster s’explique, sans se démonter de ces accusations gratuites. Il est confiant, sûr de lui, un grand écrivain bien meilleur que moi, une renommée indiscutable. J’ai envie de le croire aussi. Mais ces morts ? Kloster ou un certain hasard ? Qu’en disent les lois de la probabilité ?

« La mort lente de Luciana B. », probable, indubitable…

15 commentaires
  1. 5 juin 2014 , 3 h 55 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    C’est très rare que je lise un policier, mais quand il s’agit d’un thriller psychologue j’aime beaucoup, avec ces voyages dans les recoins distordus de l’âme humaine, pour décortiquer le vrai du faux, les jeux pervers.

    J’affectionne particulièrement les auteurs de l’Amérique du Sud et j’ai lu que ce Guillermo est mathématicien. En alliant les maths aux vertiges des thrillers, les manipulations doivent être calculées au pouce carré pour être assez sournoises!

    Sinon, pas évident d’être objectif dans l’acte de faire confiance ou non quand de vieux sentiments d’amour s’en mêlent, comme ça semble être le cas. Sacré défi pour cet homme…!

    Toujours un plaisir de lire tes chroniques Bison ;-)

    • 5 juin 2014 , 8 h 43 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      C’est très rare que je lise un policier, mais quand il s’agit d’un thriller psychologue j’aime beaucoup

      C’est plus conçu comme un roman psychologique. L’aspect thriller n’est pas vraiment présent.

      J’affectionne particulièrement les auteurs de l’Amérique du Sud et j’ai lu que ce Guillermo est mathématicien.

      D’ailleurs son premier roman s’intitule Mathématique du crime.

  2. 5 juin 2014 , 5 h 59 min - Jeanmi prend la parole ( permalien )

    Voilà une chronique qui donne envie de se précipiter chez son libraire pour l’acheter…ou le voler…

    • 5 juin 2014 , 8 h 40 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      je crois que ton libraire préfèrera la première hypothèse. Quand aux statistiques du ministère de l’Intérieur, cela dépendra ce qu’il voudra faire de ce chiffre…

  3. 5 juin 2014 , 17 h 23 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Le grand écrivain argentin Kloster porte un nom qui semble venir de Bavière. Ces choses là sont arrivées. Mais là n’est pas la question, c’est le chemisier transparent à la machine à écrire qui m’interroge alors que je tape sur mon vieux clavier presque sans lettres avec mon pull fatigué dissimulant mal mes hectogrammes disgracieux (les hectogrammes c’est une litote pour éviter les kilogrammes). Qui croire? Le Bison, sûrement, qui n’a plus qu’à me payer un aller Buenos-Aires pour me faire ma propre idée, c’est calme en ce moment, ils sont tous au Brésil. Gracias,Senor.

    • 5 juin 2014 , 20 h 08 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Le grand écrivain argentin Kloster porte un nom qui semble venir de Bavière.

      Étonnant de voir autant nom d’origine allemande en Argentine…

      alors que je tape sur mon vieux clavier presque sans lettres avec mon pull fatigué dissimulant mal mes hectogrammes disgracieux

      Je n’espère pas de photo et préfère penser au chemisier transparent…

      (les hectogrammes c’est une litote pour éviter les kilogrammes)

      Je devrais la ressortie aussi, celle-là ;) Elle me décrit bien également.

  4. 5 juin 2014 , 21 h 55 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Un billet court, ce qui n’est pas à ton habitude, mais elle frappe fort car j’ai vraiment envie de savoir !

    Luciana B ? Kloster ? La logique des choses me mène à dire que c’est la femme la manipulatrice mais finalement ne serait ce pas lui le machiavélique personnage ?

    Dis le moaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa ^^

    • 5 juin 2014 , 22 h 19 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Un billet court

      C’est pour cette raison que je me rattrape sur les commentaires !

      ce qui n’est pas à ton habitude

      Les habitudes sont faites pour être bousculées !

      mais elle frappe fort

      La Voie Maltée frappe effectivement fort… les esprits !

      car j’ai vraiment envie de savoir !

      C’est bien les femmes ça. Curieuse !

      Luciana B ? Kloster ?

      Moi je crois Luciana B. Mais c’est surtout à cause de son chemisier transparent. Lui ne ment pas, alors je m’y attache…

      La logique des choses

      Logique et mathématique va de paire. Quoique pas tout le temps

      c’est la femme la manipulatrice

      Comme toujours ! Non ?

      le machiavélique personnage

      Si l’homme devient machiavélique, ne serait-ce pas à cause de la femme manipulatrice et perverse ?

      Dis le moaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa

      NON ! et c’est mon dernier mot !
      mais si tu insistes… peut-être que…

    • 5 juin 2014 , 22 h 26 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      « NON ! et c’est mon dernier mot !
      mais si tu insistes… peut-être que… »

      Dis le moa sieuplait ^^

      Dit la manipulatrice Chrisdu26 avec une mauresque à la main ;)

    • 5 juin 2014 , 22 h 30 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Ah désolé mais moi je le prends sans orgeat !

      C’est que j’ai ma fierté. Il me faut un peu plus qu’une mauresque pour me manipuler ;)

  5. 6 juin 2014 , 8 h 34 min - BMR prend la parole ( permalien )

    C’est noté ! Tout cela m’a l’air alléchant et captivant.

    • 6 juin 2014 , 14 h 07 min - phil prend la parole ( permalien )

      Bibison calme-toi là !
      c’est écrit alléchant et captivant
      pas en léchant et captivant !

  6. 7 juin 2014 , 8 h 06 min - manU prend la parole ( permalien )

    Et une mort lente, une !
    Ah non pour le Bison, ce sera plutôt une « mort subite » ou un décollage immédiat vers la « voie maltée » !

    • 7 juin 2014 , 10 h 57 min - phil prend la parole ( permalien )

      correct !

    • 7 juin 2014 , 22 h 22 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Quelle belle mort… Subite vers la Voie Maltée. C’est où qu’il faut signer ? Mais pas tout de suite, j’ai encore de belles choses à boire et à aimer…

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