The Third World [Gato Barbieri]

Par le Bison le 23 août 2014

Catégorie : 5 étoiles, Jazz & Silence

« The Third World » marque un tournant dans la carrière de celui qu’on prénomme El Gato pour son jeu félin et aérien. Toujours ancré dans le free jazz, une inspiration souvent coltranienne, Gato redécouvre ici ses racines latines, parsemées d’airs cubains et de rythmes africains. Ce tiers monde pénètre le jazz et habite le saxophone de Gato d’une sublime manière. Je ne suis pas là pour dire qu’il s’agit ou pas de son plus grand album. Je ne suis là que pour t’apporter quelques ressentis. Et des sentiments, j’en perçois à chaque écoute de cet album.

« 1969 : Gato Barbieri rêve de changer le monde en chantant ses grondements. Et c’est le jazz qu’il révolutionne en lui inventant des hymnes ivres de soleil ensoleillés d’ivresse latine. »

1969, soleil et ivresse latine… des mots qui me laissent tant rêveur…

Un début tout en douceur, Gato se permet même de pousser la chansonnette avant de sortir son gros instrument. Et c’est du lourd ! Jazz latin, mélancolie et suave harmonie. Introduction délicate et puis et puis et puis le saxo prend la mesure. Il s’envole, il envahit, il te monte à la tête, te submerge, t’encercle avant de descendre chercher au fond de toi, sortir tes tripes et te procurer les quelques petits frissons qui te font penser que c’est un excellent album.

Plus que des frissons, il t’emporte sur ces deux continents séparés par un océan de mers. Il te procure chaleur dans la grisaille de ton quotidien, il te fournit l’excuse rêvée pour flâner au lit au lieu d’aller bosser. Il t’envolera sous des cieux encore plus bleus que ceux que tu entraperçois entre les persiennes de ta chambre. Oui, il est tout ça à la fois, ce Gato, cet argentin prêt à te faire danser le tango toute la nuit.

Personnel :

  • Gato Barbieri – saxophone ténor, flute, chant
  • Roswell Rudd – trombone
  • Lonnie Liston Smith Jr. – piano
  • Charlie Haden – contrebasse
  • Beaver Harris – batterie
  • Richard Landrum – percussions

Des airs pénétrants. Et avec cette musique, j’y perçois aussi dans la fureur du saxophone de Barbieri, une rage non contenue et une joie si intense qu’elles en deviendraient jubilatoires. Et si j’aime tant cet album, c’est aussi pour les mêmes raisons que je peux apprécier les symphonies de Magma. Cette musique me bouscule. Tout simplement. Parce que dans Barbieri ou dans Vander, l’âme du Trane transpire… Et la sueur salée dégouline de mon front et mes aisselles qui n’attendent qu’une langue pendante pour lécher ce sel marin.

« The Third Word » [1970], la fureur du tango en version free-jazz.

15 commentaires
  1. 23 août 2014 , 18 h 52 min - phil prend la parole ( permalien )

    Non même si tu es mon Bibi préféré je ne te lècherais pas le front ni les aisselles lol !
    Par contre, ok avec toi pour Gato !
    Et pour quelqu’un comme moi qui n’est pas Cigarillos Havane et Cie, il fait fort !
    C’est ca l’effet S-X !

    • 26 août 2014 , 15 h 37 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      C’est ça l’effet S-X !

      Je vois que tu suis. Un fidèle nettement plus assidu que pour les cours de biologie végétale.

    • 26 août 2014 , 17 h 41 min - phil prend la parole ( permalien )

      c’est ca oui !
      la faute à l’équipe ouai !!!

    • 28 août 2014 , 16 h 48 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      « L’équipe » ouais… certains travaillent pendant que d’autres ont le regard plongé dans les BB (blouses blanches)…..

  2. 24 août 2014 , 0 h 10 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    J’te comprends Phil, l’amitié a ses limites quand même… Encore cette histoire de dessous de bras juteux à léchouiller!!! Arrrrrk!!!!!!!!!!!

    • 26 août 2014 , 15 h 38 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      La différence entre l’amitié et l’amour !

    • 26 août 2014 , 17 h 41 min - phil prend la parole ( permalien )

      la différence est dans l’échange … de particules !

  3. 24 août 2014 , 0 h 23 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Wow! Il y a de grands noms pour le Saturday night live au Ranch! Vander, « Trane », Charlie Haden et Barbieri, deux grands hommes pour un Dernier Tango à Paris et le Liberation Orchestra… Ça sort des tripes, ça explose avec rage!

    Une ivresse latine qui tourmente mon majeur…

    • 26 août 2014 , 15 h 38 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      faut faire quelque chose avec ce majeur…

    • 28 août 2014 , 16 h 51 min - Nadine prend la parole ( permalien )

      Il le faut, c’est un cas de démangeaisons majeures

  4. 25 août 2014 , 12 h 35 min - starrywaterfall prend la parole ( permalien )

    j’aime beaucoup mais pas l’histoire des aisselles ;)

  5. 25 août 2014 , 13 h 58 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    J’avoue que le Free j’ai du mal à accrocher. Néanmoins dans la « cancion del llemero » un début sublime au chant. Le sax, forcément, j’adore puisque je suis née dedans et son « son » réveille en moi de profonds et beaux souvenirs, mais c’est vrai que le Free prend vite le dessus et là Barbieri me perd. Le Free au piano est beaucoup plus doux et supportable alors qu’au saxophone, il devient vite criard à mon oreille, que Mi Padre me pardonne ;-) , mais cela n’est que mon avis c’est à dire pas grand chose. Je n’ai pas une culture assez Free pour pouvoir écouter un album en entier.

    Je viens de comprendre, si je ne me trompe, qu’il est l’auteur de la B.O du « Dernier tango à Paris » On comprend mieux le côté caliente… Et puis le nom de Charlie Haden me disait quelque chose pour cause : Keith Jarett bien sur :)

    Mais dis moi, franchement, tu arrives à écouter un album Free de Barbieri en entier ??? ^^

    Chapeau !

    :D

    • 26 août 2014 , 15 h 42 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      En entier et plusieurs fois de suite. Il faut bien de longues heures d’écoute successives pour arriver à pondre un petit texte sur le sujet. L’inspiration ne vient qu’à force d’écoute et de persévérance. Puis, après, pour me reposer, je mets un disque de Vander ;)

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