Le Dernier Voyage de Tanya [Aleksei Fedorchenko]

Par le Bison le 14 janvier 2014

Des passereaux dans une cage, des bouteilles de Vodka que l’on verse sur le corps nue d’une femme, morte, une usine et un décor de steppe. En une phrase, j’ai réussi à te résumer ce film russe. Point de russes (exceptions faites de deux putes), mais des Mériens. Frédéric Lopez, parles-nous des Mériens, ce peuple en voie d’extinction vivant dans l’actuelle Russie mais aux racines finno-ougriennes.

Dans un monde où les traditions disparaissent, où les villages de campagne sont phagocytés par la banlieue de plus en plus large, où les derniers membres d’un peuple disparaissent sous l’eau, le réalisateur tente de faire renaître ce peuple à la mémoire de ses compatriotes, à la découverte de l’occidental éloigné que je suis. L’histoire est romancée, les rites peut-être embellies et mystifiés, le paysage grandiose, et la belle slave toute en rondeur de charme. Problème actuel de voir disparaître de nos jours des micro-peuples et des micro-langues au profit de l’uniformité et du commun.

Alors qu’il me parait si ressourçant de se plonger dans de vieilles traditions ancestrales, comme d’écouter le chant des oiseaux, comme de nettoyer à la vodka le corps de sa défunte femme avant de lui proposer son dernier voyage, comme une déclaration d’amour après la mort. Un road-movie vers les terres Mériennes, incinérer le corps et répandre ses cendres dans le fleuve avec ses ancêtres.

Avant de poursuivre dans les profondeurs de cette Russie méconnue, petite halte pour se servir un verre de Wodka et regarder quelques photos du film. Belles photographies.

Les paysages paraissent gris sous la pluie avec ses usines délabrées. Des plans fixes sur les routes grises et détrempées traversant des forêts grises sous des ciels tristes. Et pourtant, c’est beau parce qu’avec le corps d’une morte dans le coffre du 4×4, une certaine lumière me tient en éveil. Ce n’est plus un banal mélodramatique russe, cela devient un film ethnologique émouvant, intelligent. Serais-je moins con ce soir ? Pas sûr, mais au moins, j’ai vécu pendant une heure et quart au rythme lent des traditions d’un peuple oublié. Je sors du congélateur ma bouteille de vodka qui attendait simplement cette occasion pour rendre un dernier hommage à Tanya. Il n’y a pas qu’Hitchcock qui trouve des attraits aux oiseaux pour construire une histoire. Aux confins de la Haute-Volga, ils ont également leur sensibilité, leur importance dans la survie d’un peuple.

« Le Dernier Voyage de Tanya » [2010], l’art de laver et incinérer une belle russe avec de la vodka.

11 commentaires
  1. 14 janvier 2014 , 20 h 18 min - manU prend la parole ( permalien )

    « Si on oublie l’amour, que reste-t-il ? »

    En effet, que reste-t-il ?…

  2. 14 janvier 2014 , 20 h 31 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    « Si on oublie l’amour, que reste t’il ?  »

    Voici une vaste question…

    Ce film à l’air très émouvant. Nous sommes loin des grosses productions américaines. Heureusement qu’il y a Arte qui nous permet de faire de belles découvertes !

  3. 14 janvier 2014 , 20 h 35 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Lollllllll Le_Bison tu pourras pas dire que l’on a pas regardé ton extrait t’as vu nous sommes de bons élèves ptdrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr

  4. 14 janvier 2014 , 20 h 36 min - manU prend la parole ( permalien )

    Copieuse !! ^^

    • 14 janvier 2014 , 20 h 50 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      Mauvaise langue !! ^^

    • 14 janvier 2014 , 22 h 06 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Vous l’avez répété combien de fois, votre duo comique ?

    • 14 janvier 2014 , 23 h 05 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      Zéro fois c’est ça qui est comique :D

      J’en ris encore ! ^^ ;)

  5. 16 janvier 2014 , 12 h 06 min - phil prend la parole ( permalien )

    Ben tu vois,
    j’ai toujours cru que c’était de l’herbe des plaines de Sibérie que l’on trouvait parfois dans une bouteille de Vodka …

    • 16 janvier 2014 , 15 h 27 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je ne regarde des films russes que pour la Vodka (avec ou sans poil herbe) !
      et aussi un peu pour les filles russes…

  6. 16 janvier 2014 , 18 h 17 min - phil prend la parole ( permalien )

    le charme slave …

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