Le Dernier Mousse [Francisco Coloane]

Par le Bison le 12 janvier 2014

- Quart de trinquet, chacun à son poste !

« Le dernier mousse » l’histoire d’un gamin de quinze ans que j’aurais rêvé être, embarqué clandestinement à bord de la goélette « La Baquedano », dernière expédition dans les Mers du Sud avant son désarmement définitive.

- 20 degrés à bâbord !

Une histoire simple, dans le genre « roman d’initiation » un classique, où le gamin quitte l’influence maternelle pour partir à la recherche d’un frère sans nouvelle à l’autre bout du pays. Classique dans la littérature mais éternelle et intemporelle. Car quand il s’agit d’émotion, le temps ne compte plus, et quand la plume est de Francisco Coloane, le voyage au large de la Terre de Feu, dans les méandres des Magallanes devient éblouissant. Qu’il s’agisse d’essuyer les tempêtes, de décimer les icebergs au canon, de croiser la route des indiens ou des chasseurs de baleines, ou tout simplement de regarder le souffle moqueur d’une baleine, les mots sur ces pages deviennent aussitôt images dans mon esprit.

- Carguez les coutelas et la misaine !

Dès le début de l’aventure, je me suis revu faire le quart sur la passerelle (souvenirs de jeunesse). De ma couchette ou sur ma moleskine rouge (ou verte, je ne sais plus), j’ai ressenti le roulis (non, je n’ai pas envie de vomir… non, non, non… … si) quand la goélette chevauchait les vagues. Je m’imaginais dans la soute, sur le pont, à veiller, à tirer les cordes sans m’arracher les mains, prêt à chavirer…

- Serrez les voiles ! Serrez !

Un roman en deux parties : une première sur mer, une seconde sur terre. Mon âme étant plus marine, j’ai gardé au fond de moi une préférence pour les pérégrinations du gamin sur La Baquedano. L’aventure me semblait plus grande, les rapports humains plus profonds car la solidarité entre marins est forte et poignante, le souvenir aux anciens, disparus noyés en mission toujours émouvant ; La mer, une âme impitoyable. La rencontre avec les Indiens peut paraître une aventure tout aussi forte et tout aussi importante dans le cœur du gamin. Il y croisera le destin de son frère et deviendra un homme lui aussi en ayant réussi sa mission : partir et retrouver son frère…

« En mer, quand la mort s’approche, il faut ouvrir grands les yeux et la regarder en face; alors elle fait moins peur, c’est comme tu allais descendre à quai. C’est pour ça qu’un naufrage est moins dur sur une barque que sur un navire. Sur une barque on regarde la mort dans les yeux, on a envie de se lever et de marcher à son bras au milieu des vagues, mais sur un navire tout est trop grand, il y a trop de bruit, d’appels, la mort s’annonce de façon si terrifiante, que lorsqu’elle arrive on est comme fou. »

A noter, le cri du cœur de manU : Voilà, ça y est, je suis marin ! Vivement sa prochaine escale, les bars, les putes, les bars et les putes, les putes dans les bars… Un vrai marin, quoi !

« Le dernier mousse », petit moussaillon deviendra homme.

16 commentaires
  1. 12 janvier 2014 , 20 h 20 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    J’ai déjà navigué avec Coloane, Cap Horn, Tierra del Fuego, Le sillage de la baleine. Il est dans ma galerie, catégorie vent salé et rugissants. Du rude, on peut dire que c’est une boisson d’hommes. Gare à babord ami Bison, redonne moi de cette eau-de-vie.

    • 12 janvier 2014 , 22 h 29 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Un vieux loup de mer !
      Je te ressers un verre en attendant le prochain embarquement pour Tierra fel Fuego…

  2. 12 janvier 2014 , 20 h 46 min - manU prend la parole ( permalien )

    Je vais m’y habituer à force au clin d’œil du dimanche soir ! ^^
    Joli billet en tout cas, on s’y croirait…

  3. 12 janvier 2014 , 20 h 58 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Oui c’est vrai on s’y croirait, j’ai failli gerber !

    « C’est pas l’homme qui prend la mer c’est la mer qui prend l’homme.. tan nan !!! ^^ »

    Jolie billet effectivement… C’est le genre de livre d’aventure que je ne lis pas encore, mais j’ai tellement été surprise par tes lectures que plus rien de m’étonne…

    Moi la mer elle ma pris j’me souviens un maaaaaaardi ;)

    • 12 janvier 2014 , 22 h 32 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Plus qu’un roman d’aventures, un roman initiatique pour finir avec l’enfance. Le genre de bouquin qui te donne envie de troquer tes santiags.

  4. 13 janvier 2014 , 9 h 38 min - Violette prend la parole ( permalien )

    jamais lu en entier (en extraits, oui). Un jour, peut-être…

    • 13 janvier 2014 , 11 h 02 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Ça vaut le coup… Des embruns plein la gueule, des rencontres inoubliables, de l’aventure, de la passion, et la mer…

  5. 13 janvier 2014 , 12 h 23 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Hisse héo, santiano !!

    Lorsque tu parles de « mousse », je visionne plus vite une bière fraiche plutôt qu’un petit gars de la marine…

    Si tu vas aux putes, tiens bon la barre et évite les vents… Je sors ! :D

    • 13 janvier 2014 , 14 h 12 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Francisco, santiano, a beaucoup écrit sur les marins et les bars, Hisse héo. Mais il reste sur un roman inachevé : la dernière mousse

  6. 13 janvier 2014 , 17 h 40 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Brise du sud sur un vent du nord. Le temps s’est arrête, au large de mes côtes… La mer est si belle, c’est presqu’un chant d’amour…
    Nadine

    • 13 janvier 2014 , 22 h 04 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je vole par vent debout
      Je vais noyer ma solitude
      Dans le triangle des Bermudes

  7. 13 janvier 2014 , 17 h 40 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Hum….. s’est « arête »…

  8. 13 janvier 2014 , 17 h 41 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    S’est « ARRÊTÉ », ah zut ce clavier!!!!!

    • 13 janvier 2014 , 22 h 05 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      J’ai déjà dit qu’il fallait enlever les moufles pour taper sur le clavier… Ou ne pas trop abuser de la Chambly…

      Réflexion faite : tu peux te lâcher avec la Chambly !

  9. 14 janvier 2014 , 1 h 21 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    J’en ai justement une au frigo à qui je rendrai hommage…. Dès maintenant…
    À ta santé!

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