Zulu [Jérôme Salle]

Par le Bison le 29 décembre 2013

Nelson Mandela  n’est plus. Mais son ombre demeurera encore longtemps sur cette terre d’Afrique australe. L’Afrique du Sud, une terre ocre émaillée d’une fulgurante violence. Le film de Jérôme Salle ne fait pas exception à cette règle. Règlements de compte, guerre des gangs, viols, meurtres, tortures. Presqu’une complaisance à sentir cette violence à chaque coin de Cap Town, dans les bidonvilles ou la ville chic. Deux bons flics, l’un blanc – Orlando Bloom, l’autre noir – Forest Whitaker. Deux êtres au passé lourd, un peu paumés beaucoup meurtris, qui enquêtent sur le meurtre d’une jeune adolescente, blanche des beaux quartiers. Histoire classique, scénario linéaire, violence exacerbée. Pourtant, le film de manque pas d’intérêt. Bien au contraire. D’abord, cette interprétation exceptionnelle de Forest Whitaker (aussi longiligne que le scénario) avec ses trente kilos en moins par rapport à l’image que j’avais de ses précédents films. Orlando Bloom qui joue aussi bien de la bouteille que du couteau, air malheureux, chien battu, amour perdu. Mais tant qu’il arrive à se lever le matin, la tête en vrille, la gueule en bois, il restera un bon flic. De l’humanité et du pardon.

Et que dire de ce voyage au Zimbabwe, quelle joie de voir le soleil se lever sur le désert. La violence va s’élever, mais avant je prends le temps de regarder autour de moi, de sentir la température, de sentir le paysage se perdre en mon âme. Le touriste qui sommeille en moi prend du plaisir loin de ces townships où la violence reste omniprésente.

Pardonnez-moi, pardonnez-leur. Est-ce que le pardon est ancré en nous, et jusqu’à quel point. Question d’âme.

Zulu, un western urbain et contemporain.

Pardon ou vengeance ?

Je n’avais jamais lu Caryl Férey, avant. C’était peut-être l’occasion qu’il me fallait. Cet auteur français dont ses histoires parcourent le monde, l’Argentine, la Nouvelle Zélande et donc cette Afrique du Sud qui a servi de pistes à ce film. Des polars ultra-violent qui a fasciné en son temps une certaine jeune belette au cri du cœur puissant : « - P***** de b***** de D*** ! me suis exclamée, le souffle court et les yeux hagards (du Nord). » [Oui, à l'époque, elle était pudique et avait une certaine retenue dans ses mots]

En ce probable dernier billet de l’année 2013, c’est donc l’occasion de rendre un dernier hommage à ce Nelson, figure marquante de ce siècle et qui assombrit cette fin d’année par son inévitable disparition.

« Zulu » [2013], Asimbonanga Asimbonang’ uMandela thina Laph’ekhona Laph’ehleli khona.



16 commentaires
  1. 29 décembre 2013 , 21 h 23 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Quel bel hommage … mais venant de toi rien de surprenant !

    De Forest Whitaker un souvenir marquant : « Bird » avec 30 kilos de plus mais quels kilos de talent !!!!

    • 30 décembre 2013 , 10 h 35 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Par rapport à Bird, j’imagine plutôt 50 kg en moins…

  2. 29 décembre 2013 , 21 h 45 min - Princécranoir prend la parole ( permalien )

    Eh bien voilà un billet qui ne manque ni d’émotion ni de conviction. J’avoue de prime abord à avoir quelques réticences à m’aventurer vers un film signé d’un type qui m’a déjà infligé un « Anthony Zimmer » et deux « Largo Winch ». Douloureux souvenirs (surtout le dernier de la liste) pour ma carte bleue qui m’a bien prévenu qu’une sortie au cinéma n’était pas forcément l’occasion de jeter son argent par les fenêtres.

    • 30 décembre 2013 , 10 h 37 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je pense que tu peux oublier les précédents films. Sans être exceptionnel, le film me semble nettement au-dessus de ces précédents… (tu me diras, il n’y a pas de mal non plus)

  3. 29 décembre 2013 , 21 h 55 min - manU prend la parole ( permalien )

    Ton billet donne envie mais je pense quand même commencer par le bouquin.

    • 30 décembre 2013 , 10 h 38 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      La voix de la sagesse a parlé.
      Tu peux effectivement te contenter du formidable bouquin de Férey que je n’ai pas lu.
      D’un autre côté, j’ai été voir le film essentiellement pour Forest…

  4. 30 décembre 2013 , 18 h 30 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    « Assis Bonanga » comme on dit toujours… Jamais lu Férey ? Tu l’as sans doute écouté, mais bon, c’est pas le même Ferret. Ou alors, tu as visité son cap (un roc, un pic, que dis-je, une péninsule) ?

    Mon Bison, toi qui aime les récits remplis de © Bisounours et de © Mon Petit Poney, lis Férey, ça dégouline de bonnes choses…

    Tu n’as pas l’air de me croire ? Tu fais bien.

    Merci aussi de me citer… ça m’a fait rire et donné de la chaleur à mon petit coeur de pierre.

    J’avais quand même un gros doute sur Bloom (un nom fleuri) et Forest « cours » Whitaker… Je sais pas pourquoi, mais je les voyais pas dans les rôles.

    Je me tâte… jamais en public ;)

    Bonnes fêtes, mon Bison

    • 31 décembre 2013 , 10 h 13 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      ça dégouline de bonnes choses…

      J’aime bien aussi quand ça dégouline…

      ça m’a fait rire

      le Bison : one point !
      les autres : zero point !

      Je me tâte… jamais en public

      Ah non, là, c’est pas possible ! Dire de telles choses, et ne pas proposer de vidéo en même temps…

  5. 31 décembre 2013 , 7 h 42 min - BMR prend la parole ( permalien )

    On est bien d’accord : ce film nous incite à (re-)lire le breton Caryl Férey.

    • 31 décembre 2013 , 10 h 10 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      D’ac ! J’en ai bien l’intention.

  6. 31 décembre 2013 , 11 h 38 min - phil prend la parole ( permalien )

    trop drôle !
    on peut perdre de son embonpoint.
    Forest le fait, c possible !!!!

    Santé mon Bibison !

    • 31 décembre 2013 , 17 h 14 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Parce qu’il court, Forest, court…

    • 2 janvier 2014 , 10 h 25 min - phil prend la parole ( permalien )

      j’ai lu l’autoportrait de l’homme en coureur de fond d’Haruki Murakami et bien pour courir …. ca court même en pleine chaleur … pfffffff alors qu’on serait mieux sous un olivier, un bon prdouit anisé juste frais et en bonne compagnie …
      mais je n’aime pas user mes chaussures (c mieux que de dire que j’ai pas le rythme et que ca abime mes articulations surtout depuis les courses forcées de l’armée en paladium bleu !) alors je laisse cela a d’autres !

  7. 31 décembre 2013 , 20 h 58 min - Philippe D prend la parole ( permalien )

    Très bonne année à toi.

  8. 6 janvier 2014 , 10 h 23 min - Guillome prend la parole ( permalien )

    je ne peux que te conseiller de lire le bouquin. je suis allé voir ce film au ciné, j’avais un souvenir lointain de ma lecture qui remontait à quelques années maintenant, mais certaines scènes étaient restées gravées en mémoire. j’ai vraiment apprécié ce film.

    • 7 janvier 2014 , 8 h 52 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      C’était dans mes plus nobles intentions que de dénicher le bouquin…

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