Un Dernier Verre Avant La Guerre [Dennis Lehane]

Par le Bison le 18 décembre 2013

Fan de Lehane. Mouais, faut voir. C’est vu, c’est lu.

Une lecture de « Shutter Island » ne me suffisait pas pour m’attribuer un tel insigne. Le respect dans cette communauté ne s’achète pas et se mérite surtout. Je devais donc m’attaquer à Angie et Pat. Et puis parmi cette secte qui idolâtre l’auteur, il y a de gros méchants barbus et tatoués en couleur qui écoutent du métal. (si, si, je te l’assure). J’ai peur pour mes roustons… Il serait bien capable de descendre de sa Harley pour vider les bières de mon frigo et s’écraser les canettes sur son front… (si, si, je te l’assure, cette espèce n’est pas très évoluée)

Patrick Kenzie et Angie Gennaro, deux privés à Boston, dans ses bas-fonds. J’ai entamé donc leur première enquête littéraire. Du haut niveau, du percutant de haut-vol. Mais avant, un dernier verre. Indispensable pour survivre dans ce milieu. J’ai besoin d’alcool, venez les enfants, c’est pour ma pomme.

« - Quelle heure il est ?

Angie a regardé sa montre :

- Onze heures.

- Merde, il est midi quelque part, j’ai besoin d’alcool. Venez les enfants.

Je me suis levé.

- Ou ça ?

- Il y a un bar au coin. Je vous paye un verre avant la guerre. »

Parce que toutes les histoires intéressantes commencent et finissent dans un bar.

Même miteux. Et souvent, c’est dans ces lieux que je me sens au mieux, au milieu d’individus extrêmes, parfois extrêmement louches. C’est là que se résolvent les affaires, que se trouvent les enquêtes, que se mêlent indics, flics corrompus, et être malsains en tout genre. Boston ne fait pas exception à cette règle. Et pour cette première affaire que je suis, je me trouve confronté à une guerre de gangs, à des politiciens corrompus (mais là, ce n’est pas une exception bostonienne), à des pédophiles et des extrémistes de droite. Le menu est corsé, savamment étudié en mode abject pour frôler l’indigestion avant le dessert.

« Le bar était petit et exigu, et les dalles de caoutchouc noir du sol sentait la bière éventée, la suie mouillée et la sueur. C’était un de ces paradoxes fréquents dans cette ville : un bar blanc et irlandais dans un quartier noir. Les hommes qui buvaient là le faisaient depuis des décennies. Ils se muraient à l’intérieur avec leurs pressions à un dollar, leurs œufs marinés et leurs attitudes figées, et faisaient comme si le monde extérieur n’avait pas changé. C’était des ouvriers du bâtiment qui travaillaient dans le même rayon de huit kilomètres depuis qu’ils avaient leur carte syndicale, parce qu’il y a toujours quelque chose en cours de construction à Boston ; c’étaient des contremaîtres des docks, de l’usine de General Electric, de Sears ans Roebuck. Ils faisaient passer leur whisky bon marché avec de la bière excessivement froide à onze heures du matin et regardaient la cassette du match Notre-Dame-Colorado, à l’Orange Bowl, au nouvel an dernier. »

Des coups reçus, ma lèvre n’a pas encore fini de désenfler, œil au beurre noir en guise de Ray-Ban et pluies de coup bas (comprendre dans mes couilles). Ça fait sacrément mal, je te le garantis. Mais comme je suis proche du masochisme ou alors avec une tendance quasi suicidaire, j’en redemande toujours plus. Ce n’est plus une pluie de coups, mais une envolée de tirs de Uzi. En plein jour, en pleine rue, en pleine face. Bref, même avec mon gros calibre (tu vois de quoi je parle, Angie !), je ne fais pas le poids.

Et si j’accepte, bon gré, mal gré, cette surenchère de violence, cette peau tuméfiée qui bleuie d’heures en heures, c’est pour – grâce à – Angie. Elle est belle cette nana, callipyge d’une certaine manière, ma muse de détective privé. Je la mettrais bien dans mon lit, une fois l’enquête terminée, mais je crois que je lui offrirai juste une bière. C’est déjà si beau, une nana qui boit une bière directement au goulot… Oui, je suis amoureux. ET le premier qui la touche ou qui lui manque de respect, je sors mon magnum 44 (au sens propre du terme, pourquoi tu vois toujours des connotations sexuelles dans mon discours ?).

Alors, fan de Lehane, je réponds par l’affirmatif. OUI. Je changerai bien de pseudo mais je crois qu’il est déjà pris par un barbu qui écoute du métal (pas très finaud, par conséquent le gars). Mais on a que ce qu’on mérite ou ce qu’on récolte. Alors je lui paye une bière s’il veut venir, juste parce qu’avec son pseudo qui se la joue, il se la ramenait et jouait les gros bras. Fan de Lehane. Ouais. C’est lu, c’est vu. Je vais continuer à lire les enquêtes d’Angie (et de Pat’ aussi) ; parce que Lehane, c’est du thriller, de la violence extrême, de la pourriture humaine, mais c’est une putain de sacrée bonne littérature. Et en plus Patrick Kenzie écoute les Rolling Stones dans sa caisse…

Et si je devais résumer ce bouquin, premier du nom, en une phrase signée la renommée Belette, alias The Cannibal Lecteur :  « C’est du pur malt, ce livre. »

« Un homme qu’est pas fidèle à son bar, il vaut pas beaucoup mieux qu’une femme. »

« Un Dernier Verre Avant La Guerre », et un double Talisker, sans glace.

16 commentaires
  1. 19 décembre 2013 , 7 h 41 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Je n’ai lu que Un pays à l’aube mais je crois savoir que Lehane c’est du solide. Le cinéma est passé par là. Et puis les Stones en voiture, pardon, je voulais dire dans sa caisse, c’est pas mal. Même si j’avoue qu’Angie est un des titres que j’aime le moins.

    • 19 décembre 2013 , 9 h 03 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je n’ai lu que Un pays à l’aube mais je crois savoir que Lehane c’est du solide.

      Du lourd, du construit, de l’efficace !

      Le cinéma est passé par là.

      Shutter Island, Gone Baby Gone. Du bon cinéma en plus…

      Et puis les Stones en voiture, pardon, je voulais dire dans sa caisse, c’est pas mal. Même si j’avoue qu’Angie est un des titres que j’aime le moins.

      Cette Angie, elle me plait bien ! et pas que dans une caisse…

  2. 19 décembre 2013 , 16 h 27 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Depuis que j’en entends parler de ce Lehanne il va falloir que je me lance, c’est si violent que ça ? :(

    Cette chanson « Angie » me donne le bourdon, allez savoir pourquoi ! ^^

    « Un homme qu’est pas fidèle à son bar, il vaut pas beaucoup mieux qu’une femme. »

    Cette phrase de fin est venue tout gâcher rohhhhhhhhh

    Retire !!!!!!!!

    • 19 décembre 2013 , 16 h 39 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Très violent ! Brut, des coups de poings dans les couilles, des exécutions en pleine rue, des lèvres tuméfiées, et des femmes battues. Noir. Que du noir, sans gris.

      Pour la dernière requête, après mûres réflexions de 3 secondes (au-delà, mes neurones s’emmêlent), c’est non.

    • 19 décembre 2013 , 20 h 41 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      Comment vas tu faire pour te rattraper alors ? ;)

    • 19 décembre 2013 , 22 h 05 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      je te propose un dernier verre…

    • 20 décembre 2013 , 7 h 38 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      « Un dernier verre »…. très subtil!! :D

      Mais un dernier ? tu es sûr ? ;)

    • 20 décembre 2013 , 10 h 15 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Il faut toujours un dernier… avant le prochain !

  3. 19 décembre 2013 , 18 h 34 min - manU prend la parole ( permalien )

    Encore un qu’il faut absolument que je lise !
    Beau billet Patron !

    • 19 décembre 2013 , 19 h 58 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Dis-moi, c’est cette dernière citation qui t’as convaincu !
      Mais je crois que t’es encore un peu trop jeune. Trop sensible, le gars !

      Quand tu seras capable de boire un verre de Talisker cul-sec, petit scarabée, Dennis Lehane tu pourras lire.

  4. 19 décembre 2013 , 20 h 38 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Il y en a qui ont trop abusé de David Carradine en 1976 ^^ :D

  5. 20 décembre 2013 , 22 h 24 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    ♫ Satisfaction ♪ Une gorgée de malt et je te répond, mon Bison : c’est le genre de livre qui m’a donné envie de changer de pseudo, mais vu qu’il est pris… il nous reste fan-lehane ou méga-fan-lehane ou dennis-fan… au choix, au poids.

    J’ai un faible pour Angie et Pat, mes deux compères complices. Je sens que je vais me faire « gone baby gone »…

    Oh, Angie, don’t you weep, all your kisses still taste sweet
    I hate that sadness in your eyes
    But Angie, Angie, ain’t it time we said good-bye?

    • 22 décembre 2013 , 19 h 31 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Mouais… et puis fan-de-lehane ou lehane-fan, c’est pas très bestial comme pseudo !

  6. 5 janvier 2014 , 18 h 43 min - Laure prend la parole ( permalien )

    Zut quel est ce bouquin de lui fait en film avec mon Sean Penn chéri ?
    Ayé merci Goo…
    Mystic river

    Le best pour moi

    • 5 janvier 2014 , 19 h 10 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Mystic River. Le film est grandiose…Sean Penn, Clint Eastwood, le meilleur d’Hollywood… Mais je n’ai pas lu la version Lehane…

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