Inside Llewyn Davis [Joel et Ethan Coen]

Par le Bison le 17 novembre 2013

Tu aimes la guitare folk ?

Tu aimes les chats roux ?

Tu n’aimes pas la neige ni le froid de Chicago ?

Alors, tu peux regarder le dernier film des frères Coen.

Connaissant mal le Talmud, j’avais moyennement apprécié leur dernier opus : A Serious Man. Peut-être trop yiddish pour un bison.

Connaissant mieux l’Arkansas, j’avais sur le coup bien apprécié leur précédent opus : True Grit. Même s’il m’a manqué ce grain de folie que m’avait habitué les deux frangins.

Je ne reviendrai pas non plus sur ce « Burn After Reading », une comédie loufoque qui s’avéra plus drôle la seconde fois que la première. Et peut-être même la troisième. Les frères Coen, c’est comme les bières : au bout de trois, j’arrête de compter.

Ce « Inside Llewyn Davis » est tout autre. Il possède une ambiance, comme souvent, un esthétisme et une photographie comme toujours. Mais il a aussi ce sentiment que je ne pourrais définir qu’il s’améliorera à chaque visionnage. Oui. Je pressens de nombreuses heures devant le DVD (ou le Blu-ray – faut vivre avec son temps) pour re-re-re-regarder cette version folk de New-York (et donc du monde) des années soixante.

Début des années soixante, Llewyn Davis erre dans les rues froides de Greenwich Village. Trois accords sur un ukulélé, le folk est né ! A lui de percer, avant d’avancer de déconvenues en mésaventures. Pas facile, de trimbaler sa gratte partout, de vivre de petits enregistrements, et d’arpenter les cabarets pour proposer sa prose. Pas drôle non plus de traverser les rues glacées pour se produire quand on se sent paumé, quand on est un raté. Ou presque. Faut y croire petit, persévérer, et un jour peut-être.

Princécranoir : ‘ à ranger au côté du perdant pathétique d’« Honkytonk Man » de Clint Eastwood. A coup sûr le plus beau et le plus complet spécimen de loser qu’ils aient jamais filmé. ‘

Adapté d’un roman (autobiographique) de Dave Van Ronk, Manhattan Folk Story, dont l’ami Eeguab devrait, incessamment sous peu, te parler dans les jours avenirs…

Ce qu’il y a de passionnant dans la filmographie des frères Coen, c’est que chacun a ses préférés. Ça pose un débat, ça promet des discussions endiablées à l’apéritif et au digestif. Le pour, le contre. Comme le folk ou le rock. Impossible de choisir. Y’a des jours pour l’un, y’a des soirs pour l’autre. Comme il y a des brunes et des blondes. Les deux sont indispensables à équilibrer une vie. Ma vie. Cette vie qui depuis la découverte de « Fargo » s’illumine à chaque nouvelle diffusion d’un film des frères Coen.

« Inside Llewyn Davis » [2013] ou le Folk est un art où le Folk is not Dead.

8 commentaires
  1. 17 novembre 2013 , 20 h 17 min - wollanup prend la parole ( permalien )

    Très bel hommage!

  2. 17 novembre 2013 , 20 h 24 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Avec Dave Van Ronk, qui fut aussi matelot, je dirai « Hissez le grand folk ». Quant au futur article il portera sur le livre car pour le film il y aura marqué « voir Le Bison et Princécranoir ». Toujours laisser faire par les autres surtout quand ils l’ont déjà fait ,et rudement bien. Par contre, moi, A serious man m’avait emballé, cette référence yiddish à Jefferson Airplane. De toute façon les Coen, en gros, ça me convient, hey Dude!
    Signé, The Big Eeguabski

    • 17 novembre 2013 , 22 h 06 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Jefferson Airplane… En fait, je ne me souviens plus que de ça, dans ce film. Mais c’est déjà pas mal…
      Faudra que je le revoie quand même. Cela doit être l’un des seuls à m’avoir laissé sur ma faim. De là à apprendre la gastronomie yiddish…

  3. 17 novembre 2013 , 21 h 08 min - Princécranoir prend la parole ( permalien )

    Dès qu’il est question de faire une balade (O’brother, True Grit, No country for old men), Les Coen sont de la partie. Pas étonnant dès lors qu’on les retrouve en bonne forme pour chanter le blues du folkeux maudit. Entre humour et ironie, ils n’ont pas leur pareil pour égratigner le vernis de l’Amérique. Les Coen, sont grands et that’s all (ai-je besoin d’ajouter la suite…). Et merci Bison pour cette amicale mention (The Dude abide).

    • 17 novembre 2013 , 22 h 11 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      le blues du folkeux maudit.
      Faudra que je la replace celle-là.
      Excellent !

  4. 20 novembre 2013 , 13 h 28 min - dasola prend la parole ( permalien )

    Bonjour Le Bison, je vais faire paraître un billet demain sur ce beau film: j’ai vraiment beaucoup aimé la musique et les chats roux. Oscar Isaac est très bien aussi. Bonne journée.

    • 20 novembre 2013 , 13 h 50 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je ne connaissais pas, avant ce film, Oscar Isaac. Par contre, j’ai bien aimé la prestation de Justin Timberlake. Ce n’est pas l’idée que je m’en faisais…

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