Le Live : Death Letter

Par le Bison le 6 septembre 2014

Envie de blues, je démarre la Harley. Partir, loin, dans un bouge de campagne, et s’écouter un bon blues avec une bière. Brune de préférence. Un croisement, à gauche direction Barbezieux (pour les non-charentais, Barbezieux est le lieu incontournable de cette campagne à une trentaine de kilomètres au sud de la frontière, la capitale du coin, Pons). Ce soir Daniel Guichard avec ses 18 musiciens en exclusivité 2014. A droite, direction ouest de nulle part, mais à coup sûr que, si je m’arrête on the road, j’y dégoterai une petite gargote avec un bon petit groupe de blues, et une bonne et belle petite brune. Je pose le pied à terre, remue la poussière de mes santiags en faisant attention de ne pas mettre le pied dans une bouse. Des néons qui clignotent, rouge clinquant, fond noir.

A peine la bière commandée, qu’un guitariste, cheveux longs et sales, aiguise son instrument tranchant. Mais mon regard se tourne vers la brune installée derrière sa batterie. Waouh ai-je envie, de crier, de scander, de hurler ! So sexy, la Meg ! Et quelle frappe ! Et cette tenue rouge, si excitant, ce maniement de baguette, et ce pantalon en cuir. Ça, c’est de la brune, et épicée en plus ! aux accents anglo-saxons (là, je parle de la bière).

Death Letter. Un blues du Delta. Eddie « Son » House. Né dans le delta du Mississippi. Mort dans le détroit du Michigan. Détroit, la connexion est fait avec les White Stripes. Et pendant que les cordes chauffent, je m’imagine une plume dans la main, un épi dans l’autre. De quoi bien m’amuser avec Meg. La douceur de la plume qui glisse le long de ses jambes, entre ses cuisses. Et pendant ce temps-là, l’épi glisse le long de sa joue, entre ses seins… Arrête Meg, de m’allumer comme ça ! Une bière, Meg ? La plume et l’épi.

L’autre, Jack, continue de s’exciter sur ses cordes, à la triturer dans tous les sens. Blues électrique, du lourd qui te balance des larsens dans les oreilles, et te les nettoie dans le fin fond. Ça fait mal, ça fait du bien. Mais, je le laisse avec ses élucubrations, les miennes sont obnubilées par la Meg. Je me prendrais bien une petite fessée par cette brunasse qui a l’air si chaude et si frétillante avec ses cheveux en bataille comme après une journée à baiser dans une chambre de motel.

Bon, après, tu n’es pas obligée de me suivre, tu peux faire demi-tour, remonter sur ton tas-de-boue et repartir sur Barbezieux. Tu arriveras certainement trop tard pour écouter « mon vieux », mais tu pourras te poser au camping municipal en attendant sous un ciel étoilé la venue de Franck Michael demain soir.

Voilà, c’était le LIVE du Samedi Soir,

De grands morceaux de concert

Pour les amoureux de la musique,

Les amoureux du live

Et les amoureux du Bison !

20 commentaires
  1. 7 septembre 2014 , 5 h 27 min - Nadine prend la parole ( permalien )

    Autant j’aime la douceur d’une musique jazz qui berce l’oreille, d’un grand morceau de piano, autant certains soirs j’aime me faire défoncer les tympans par un bon groupe comme ce White Stripes, complètement déchaîné, électrique. On sort de ces 7 minutes comme d’un shoot d’adrénaline qui frôle l’overdose, et on en redemande! « Ça fait mal, ça fait du bien ». Eh oui, c’est exactement ça…

    Très bel hommage au grand Son House. Un Live du samedi soir qui me plaît énormément. Merci pour ce moment

    • 7 septembre 2014 , 14 h 21 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      « j’aime me faire défoncer… »
      dis-donc, t’es directe au-moins ;)
      « et on en redemande! »
      hou là, moi je suis trop vieux !! ;)

  2. 7 septembre 2014 , 7 h 50 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Tiens voilà que la Charente a un delta maintenant, j’ai toujours cru à l’estuaire :) . Les Bandes Blanches c’est du tout bon même si j’avoue que la formule duo me frustre un peu, je suis d’une génération plutôt quatuor. Salut Buffalo.

    • 7 septembre 2014 , 14 h 21 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Oui, la formule duo a ses limites pour moi aussi. Et j’avoue avoir du mal à les suivre sur un album complet.

  3. 7 septembre 2014 , 12 h 16 min - Princécranoir prend la parole ( permalien )

    Attiré par les grésillements de la guitare, je repointe le bout de mon crâne noir. Mettez-moi une pleine pinte de ce breuvage puissamment électrique à base de White Guichard, à moins que ce ne soit plutôt du…

    • 7 septembre 2014 , 14 h 24 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Dans son vieux pardessus râpé
      Il a pris pendant des années
      L´même autobus de banlieue
      Mon vieux.

      Elle attaque fort la pinte… A moins que ce soit les grésillements électriques qui montent…
      De la place pour une deuxième ?

      L´soir en rentrant du boulot
      Il s´asseyait sans dire un mot
      Il était du genre silencieux
      Mon vieux.

    • 7 septembre 2014 , 17 h 40 min - Princécranoir prend la parole ( permalien )

      Qui aurait rêvé d’un duo en pardessus râpé sur fond de guitares râpeuses n’aurait pas fait mieux : une rasade de Jack/Daniel et ça fait ressortir un vieux fond prolo, entre ouvrier metallo et marinier digne des aventures fluviales et frustes de « l’homme du Picardie ». Finalement de Detroit à la Seine, seuls quelques accords nous séparent.

    • 7 septembre 2014 , 18 h 49 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      quelques accords seulement ;)

  4. 7 septembre 2014 , 22 h 26 min - manU prend la parole ( permalien )

    Le Bison à Barbezieux ! Le choc des cultures ! ;)

    La dernière fois que je m’y suis aventuré, j’ai presque eu peur devant les faciès avenants des locaux… :D

    Et sinon, tu y es retourné le lendemain pour voir et écouter Franck Michael bien sûr ?? ;)

    • 7 septembre 2014 , 22 h 31 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      Lollll Mais c’est qu’il y a du beau monde à Barbézieux !!!

      Alors le Bibison tu y es retourné le lendemain ? allez dis nous ! ;-)

  5. 7 septembre 2014 , 22 h 33 min - manU prend la parole ( permalien )

    Je suis sûr que oui ! Et qu’il a fait danser de la mémé en plus !! :D

    • 8 septembre 2014 , 11 h 17 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      Houuuuuuuuuu que je ris !!!!! Et je suis sure qu’il a fait valser une vieille de 47 ans lolll

      ;-)

    • 8 septembre 2014 , 20 h 05 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Le moyen d’agrandir les terres du ranch reste quand même les vieilles veuves…
      47 ans ? Trop jeune pour moi. Encore des gamines à cet âge-là !

  6. 8 septembre 2014 , 22 h 20 min - Théa prend la parole ( permalien )

    Je suis venue pour le blues pas éclectique, esthétique, électrocuter, électro-ménager, mais bon à défaut, juste une brune bien fraiche stp. La plume et l’épine serait plus rigolo.

    • 8 septembre 2014 , 22 h 40 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Le retour de la bohémienne !
      Cela fait plaisir à voir…
      Toujours les doigts dans la peinture ?

    • 8 septembre 2014 , 23 h 31 min - Théa prend la parole ( permalien )

      Je reprends doucement mais je n’ai rien fait, juste écouter de la musique c’est tout depuis des mois, je me suis offert un lecteur mp3 et en boucle Nocturne de Charlie Haden et Chet de Chet Baker et d’autres.
      On pourrait voir ça comme un luxe au fond.
      - Tu fais quoi ?
      - J’écoute de la musique.

      Toc.

      (je me souvenais pas de mon pseudo ahahah)

    • 9 septembre 2014 , 17 h 21 min - phil prend la parole ( permalien )

      bon retour itou !

    • 9 septembre 2014 , 19 h 40 min - Théa prend la parole ( permalien )

      Merci Phil, de même un plaisir de vous retrouver, j’ai de quoi lire avec retard avec le blog, je vis plus la musique que la lecture, parce que la musique c’est un peu comme l’eau, je me laisse glisser.

      Sinon j’ai vu des bouquins qui pourraient plaire ici, certains édités aux éditions Gallmeister, littérature américaine avec carte interactive à voir peut-être, j’ai vu des sujets autour du Montana, la nature tout ça : Le livre de Yaak : chroniques du Montana de Rick Basset, Traité du zen et de l’art de la pêche à la mouche de John Gierach
      même :
      Les Bisons du Coeur-Brisé de Dan O’Brien

    • 9 septembre 2014 , 22 h 28 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Les fameux Bisons de Broken Heart !

      Les chroniques de Yaak de Bass ou le traité du zen et de l’art de la pêche, deux incontournables de Gallmeister et de nature-writing. Faudra que je les lise un jour…

    • 10 septembre 2014 , 1 h 23 min - Théa prend la parole ( permalien )

      Tu en avais parlé avec Laure de Gallmeister et de Rick Bass… ça me disait quelque chose tout ça.

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