Protection [Bill James]

Par le Bison le 20 octobre 2013

Catégorie : 3 étoiles, Europe

Une virée à Londres et je t’explique au détour d’un pub la morale de l’histoire. D’une simplicité enfantine mais terriblement vraie, l’histoire se raconte en une phrase : « Méfie-toi de la vengeance du gars à qui tu as grillé ses couilles au chalumeau ! »

Voilà le problème, une petite histoire virile qui a mal tourné. Bernard Mellick, surnommé dans le milieu « Le Tendre », et le pauvre Ivor aux castagnettes roussies. Un petit différent entre eux, de grandes conséquences pour Le Tendre et surtout son fils, handicapé mental, qui vient d’être kidnappé…

« Il y a beaucoup de problèmes entre Ivor et Le Tendre, non ?
- Oui, on peut dire ça. Si quelqu’un s’attaque à vos couilles avec une lampe à souder, ça donne peut-être envie de réagir. »

Londres, la mafia et deux rivaux. Au milieu, des flics et des indics. Des voyous qui gravitent autour. Le monde n’est plus blanc, les flics font place à la grisaille désenchantée. Pots de vin, arrangements, petits services. Les frontières de la légalité s’élargissent. C’est le seul moyen pour la Police d’avoir des tuyaux et d’arrêter les vrais caïds. Des petits dealers que l’on sauve, ils pourront faire remonter l’ascenseur un peu plus tard.

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« Protection » de Bill James. Une virée dans une société bien particulière. Personne n’est au-dessus des lois, mais quelques petits arrangements entre certains permettent de fermer les yeux sur quelques activités. Qui a dit illicites ? Le flic ne devient pas un héros, sa grandeur n’est pas magnifiée comme dans les plus beaux scénarios cinématographiques. Non, il est juste un homme avec ses faiblesses et son cynisme. Et tu sais où se trouve la plus grande faiblesse de l’homme, je suppose. Oui, ses couilles. Alors ne t’avise pas d’en griller une paire à ton meilleur ennemi si tu n’envisages pas les représailles avant.

« C’était un homme poussé par le désespoir, qui agissait sans avoir le choix, le temps, la possibilité d’échapper à des circonstances implacablement défavorables, un homme qui se cognait la tête contre le mur du destin. »

Un homme blessé agit bien souvent sans penser. Mais quand tu entends le tic-tac de l’horloge qui se fait de plus en plus pressante. Quand ta propre chaire est menacée et que tu es aux abois, ton comportement peut devenir rapidement irrationnel. Tu as bon fond, en somme, sauf que tu as du mal à l’exprimer en temps normal, la faute à toutes ces activités parallèles, nécessaires pour entre tenir la garde-robe de ta femme, le jardinier et la maison qui va avec dans un quartier de la haute bourgeoisie londonienne. La force du désespoir. Tu éprouves même de la compassion pour ce salaud de la pire espèce. Car tu sais que ce sont les circonstances qui façonnent notre homme, qu’il lui reste encore une infime étincelle pour illuminer son âme, et surtout que comme pour les samouraïs et les politiciens, il y a une certaine déontologie, un code d’honneur. D’ailleurs, l’un des articles de ce code d’honneur ne serait pas de ne pas toucher à la progéniture de ton rival ? Peut-être même que si l’on descend tous les commandements de cette table des lois mafieuses, il y est question d’organes sexuels mâles…

« C’était peut-être ses brûlures aux couilles qui s’étaient réveillées et lui avait causé de nouveaux problèmes : les couilles, c’est bien connu, c’est compliqué et ça touche à l’âme. C’était peut-être de nouveaux problèmes au niveau des couilles qui l’avaient fait craquer, l’avaient rendu fou au point d’enlever Graham. Les gens étaient très sensibles quand il s’agissait de leurs couilles. »

« Protection » ou l’art d’aimer les rognons bien grillés.

Challenge Lire sous la Contrainte – Session 10, d’un livre à l’autre.

10 commentaires
  1. 20 octobre 2013 , 20 h 52 min - Philippe D prend la parole ( permalien )

    Je ne crois pas que ce livre pourrait m’intéresser.
    Merci pour cette nouvelle participation à mon challenge et bonne semaine.

    • 21 octobre 2013 , 10 h 19 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je ne crois pas que ce livre pourrait m’intéresser.

      Lire sous la contrainte apporte son lot de sacrifice… même pour ses roustons !

  2. 21 octobre 2013 , 12 h 19 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Hello, mon Bison préféré !

    Les roupettes grillées au chalumeau… ça doit pas faire du bien. Dans « cul-de-sac », de Lansdale, on lui trempait les roustons dans de la glace.

    Pourquoi toujours s’attaquer à ces petites choses ? :)

    Je ne connais ni l’auteur, ni le livre, mais pourquoi pas ??

    • 21 octobre 2013 , 17 h 20 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Dans « cul-de-sac », de Lansdale, on lui trempait les roustons dans de la glace.

      J’en ai un stock. Mais pas celui-là… Dommage ! ça avait l’air de rafraichir les idées !

      Pourquoi toujours s’attaquer à ces petites choses ?

      Alors que c’est si sensible… et que j’y mets toute mon âme !

      Je ne connais ni l’auteur, ni le livre, mais pourquoi pas ??

      Ce n’est pas une obligation non plus. Au hasard des rencontres, pourquoi pas… Mais ce livre ne fut pas transcendant non plus… A priori, l’auteur fait plus dans le polar anglais à caractère sociétal.

  3. 22 octobre 2013 , 21 h 21 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Je ne suis pas convaincue non plus, en revanche un joli bond en arrière avec West and girl ;) qu’est ce que j’ai pu l’écouter cette chanson :D

    Pourquoi ce choix musical ?

    Pourquoi pas, me diras tu ? ;)

    • 23 octobre 2013 , 17 h 09 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Pourquoi ce choix ?

      Simplement pour l’Angleterre de ces années 80-90. L’association avec les Pet Shop Boys semblait bien coller. Bizarrement, c’est un groupe que j’ai apprécié – pas tout leur répertoire -, mais j’ai deux vieux albums du groupe, de cette période, que je ne dénigre pas et qu’il m’arrive même encore d’écouter. Au départ, j’avais pensé à It’s A Sin, dont le titre me plaisait bien avec l’ambiance du bouquin…

      Ensuite, les Pet Shop Boys continuent de faire leur musique au grès des vagues et des modes. Leur musique évolue avec l’avancée technologique, et j’apprécie ce groupe, même si leur notoriété dans notre pays n’a pas été ce qu’elle mériterait…

    • 23 octobre 2013 , 20 h 39 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      Je viens d’écouter « it’s a sin » et quel plaisir ! je l’avais oublié. Tu cultives le mystère car je ne peux comprendre comment quelqu’un qui adule les Pink Floyd et tant d’autres peux écouter les Pet Shop Boys, pas que je pense que c’est mauvais, loin de moi cette idée, mais c’est tellement à l’opposé. C’est pour moi incompréhensif. Je ne peux m’empêcher de me dire que tu n’aimes que parce que ça te rappelle une certaine adolescence ^^ … Je me trompe certainement…

      Mais continue de me surprendre… j’adore … :D

    • 24 octobre 2013 , 14 h 25 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je ne peux m’empêcher de me dire que tu n’aimes que parce que ça te rappelle une certaine adolescence

      Effectivement, l’album Introspective des Pet Shop Boys représente le mieux mes années lycées. Ce que j’ai pu l’écouter en ce temps-là… Je me revois à chaque fois dans le bus en route pour le lycée… Ce n’était pas forcément le bon temps, mais c’était dans le temps…

  4. 24 octobre 2013 , 15 h 28 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    « Introspective » je l’écoutai aussi, dans mon walkman, ma bulle. Je me vois dans le métro et je me sentais invincible… Quand la musique s’arrêtait c’était la grande chute… ^^ Histoire de revenir à la réalité …

    • 24 octobre 2013 , 19 h 57 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      L’équipe de choc que cela aurait si tu étais venue dans ma bulle…
      Maintenant, voilà où on en est : un gars qui boit du bourbon et une fille qui… et qui…

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