Rêves de garçons [Laura Kasischke]

Par le Bison le 14 octobre 2013

A ton avis, qu’est-ce que j’aurais dû faire… Elles étaient là, toutes trois, dans cette mustang rouge. Trois nanas, blonde, brune et rousse dans une décapotable rutilante. La blonde m’a souri. Forcément, j’y ai cru comme une invitation informelle. La rousse se recoiffait avec son peigne assorti à son short. La brune, belle et bronzée, étalait ses longues jambes sur le tableau de bord. Et cette blonde, Kristy, elle m’a souri en prenant sa bouteille de pepsi et en se rafraîchissant avec la condensation de la dite-bouteille. Ce que j’aurais aimé être à la place de cette bouteille lorsqu’elle l’a coincé entre ses cuisses.

Elle m’a souri, comme dans un rêve, comme un clin d’œil. Une invitation, je te le jure. Alors lorsqu’elles sont reparties pour Pine Ridge, je suis remonté dans mon break et les ai suivies. Direction la colo des pom-pom girls. Parce qu’elles étaient belles, ces adolescentes et mon sang s’est fluidifié, les veines en état de surexcitation. Une colo avec que des pom-pom girls, tu images ce truc de ouf ? Même mes rêves n’avaient jamais été aussi loin.

Je me suis caché dans cette forêt du Dakota, je sentais la fumée de ce feu de camps, et les chamallows qui grésillaient sur leurs brochettes. Elles étaient toutes aussi belles les unes que les autres, à part peut-être cette grosse aux cheveux oranges. Une gouine, certainement. Et puis, j’ai revu cette brune aux jambes interminables s’écarter de la lumière avec le maitre-nageur. Elle s’est déshabillée, sans peur et sans pudeur. Ils l’ont fait comme des clebs. Cela m’a retourné, chaviré. Etais-je tombé amoureux ?

Laura Kasischke est souvent comparé à Joyce Carol Oates. Une descendance comme assumée. « Rêves de garçons » est l’un de ces premiers romans. J’ai perçu aussi cette apparenté, dans le fait de traiter à partir d’un fait divers, presqu’anodin, un drame envoutant. Si le sujet pouvait de prime abord, paraître superficiel, il se densifie au fil de l’histoire. Les rapports humains s’étoffent, les faits s’angoissent. Impossible de lâcher prise, l’envie de connaître la suite, la fin, tout de suite, comme le voyeur que je suis. Oui, j’ai toujours rêvé secrètement d’être une pom-pom girls aux mœurs légères. Maintenant, je peux me vanter savoir lever la jambe, me regarder dans la glace, et lisser interminablement mes cheveux longs. Je sais qu’il ne faut pas mettre un short blanc le jour des règles, et que l’arrière d’une décapotable ébouriffe mes cheveux.

« …jusque-là, la vie avait exaucé tous mes vœux : cheveux longs, grands yeux bleus, joues roses, peau bronzée, sourire resplendissant, belle poitrine, et petit cabriolet rouge. »

« Rêves de garçons » ou l’art de lever la jambe avec des Cheerleaders.

22h05 Rue des Dames, c’est l’heure du Mois Américain.

24 commentaires
  1. 14 octobre 2013 , 22 h 10 min - Noctenbule prend la parole ( permalien )

    Tu n’as pas trop bavé en lisant le livres? :)

    • 14 octobre 2013 , 22 h 30 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      l’avantage étant que dans le métro, un type qui a la bave pendouillante à la commissure des lèvres, on le laisse tranquille dans son coin…

  2. 14 octobre 2013 , 22 h 39 min - manU prend la parole ( permalien )

    Tant que ce n’est que ta bave qui est pendouillante…

    • 15 octobre 2013 , 8 h 37 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Fait gaffe, petit ! Tu viens de basculer vers un autre âge…

  3. 15 octobre 2013 , 13 h 30 min - phil prend la parole ( permalien )

    pour une fois qu’on aimerait rester dans le superficiel, Mr veut de la profondeur, de la densité non mais toi alors …

    • 15 octobre 2013 , 13 h 37 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      le problème de la superficialité, c’est que tu y vas avec plaisir une fois, deux fois, mais après l’ennui pointe et là, tu repense à la profondeur… de l’esprit, de l’âme, du corps…

    • 15 octobre 2013 , 16 h 26 min - phil prend la parole ( permalien )

      ouai vive la vie monastique !

  4. 15 octobre 2013 , 21 h 16 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Bien, bien, bien… On nous parle d’un truc entre les jambes… oh, une bouteille entre les cuisses.

    Bon, je passerai mon tour pour le livre, mais si tu as des problème avec un truc qui pendouille, les laboratoires viennent de mettre au point le Viagraz : une association entre le Viagra et le Prozac. Le slogan ? Tu bandes mou, mais tu t’en fous !

    Non, ne dis rien, je sors de suite… :D

    • 15 octobre 2013 , 22 h 59 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      oui, une bouteille dont la condensation dégouline de son long… Ca me mets dans un état… surtout que j’imagine que cette bouteille est une bière belge triple fermentation…

  5. 15 octobre 2013 , 22 h 13 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Tu fais une sacrée Pom Pom Girl dis donc… Alors ça le fait de ce faire draguer ??? ^^

    Tu en as profiter pour mettre des râteaux, c’est le pied hein ;) :D

    Joli billet, j’ai suivi ton histoire avec beaucoup d’intérêt : Vas t ‘il se taper les 3 Pom Pom girl ;)

  6. 15 octobre 2013 , 23 h 00 min - le Bison prend la parole ( permalien )

    Tu fais une sacrée Pom Pom Girl dis donc…

    Le lissage des cheveux n’a plus de secret pour moi…

  7. 15 octobre 2013 , 23 h 18 min - manU prend la parole ( permalien )

    Lisser une crinière de bison, mon rêve… ^^

  8. 16 octobre 2013 , 21 h 02 min - Tiphanie prend la parole ( permalien )

    Celui-ci me tente bien aussi, je ne lirai pas dans le métro pour ne pas me faire repérer!

    • 16 octobre 2013 , 22 h 16 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      je n’ai pas eu le temps de regarder tout ce que tu proposais sur ton blog, mais cela pourrait bien le faire… en complément d’A moi pour toujours.

  9. 17 octobre 2013 , 19 h 47 min - Manu prend la parole ( permalien )

    Eh bien, je vois qu’on s’est lâché ici :-D
    Un roman qui m’avait beaucoup plu, dommage que tous les romans de l’auteure ne soient pas toujours de cette qualité. C’est pour ça que pour moi, elle ne vaudra jamais JCO !

    • 17 octobre 2013 , 22 h 04 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      C’est qu’ici tout est permis.
      JCO de par sa carrière te sa bibliographie est au-dessus du lot, mais je pense beaucoup de bien de la petite Laura…
      Je dis ça, mais je n’en ai lu qu’un (+2 en attente)

  10. 17 octobre 2013 , 22 h 55 min - Chinouk prend la parole ( permalien )

    ce livre fait parti de mes prochaines lecture, j’ai hâte !

  11. 18 octobre 2013 , 20 h 48 min - Jack prend la parole ( permalien )

    Pas encore lu Laura Kasischke…mais elle me fait de sacrés appels du pied en ce moment…
    Ah les pom pom girls…ça me rappelle mes années de lycée où j’étais plutôt bon sur le parquet…avec mes 1m92 ,une bonne détente et de bons appuis…j’arrivai facile la main au panier…certaines s’en souviennent…enfin j’espère…
    Les cheveux longs, les dents blanches et l’œil aiguisé…je me foutais de la gueule des « vieux à casquettes »…
    Putain…les temps changent….

    • 20 octobre 2013 , 18 h 11 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Yep ! Des vieux à casquettes, t’es gentil…
      Moi, quand j’étais jeune, je les appelais des pépés !

      Et avec Châtelet-les-Halles, tu péchos des pom-pom girls aussi ?

  12. 6 novembre 2013 , 13 h 18 min - Parisianne prend la parole ( permalien )

    Bonjour,
    J’ai très envie de découvrir cette auteure mais je ne sais pas encore par quel livre commencer !
    Celui-ci ? pompom girl et légère… ma foi !

    • 6 novembre 2013 , 14 h 38 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Ma foi, pourquoi pas !
      Je n’ai lu que celui-là, donc…
      autant te lancer dans le vif et regarder…

  13. 12 novembre 2013 , 11 h 14 min - Yuko prend la parole ( permalien )

    J’ai très envie de le découvrir celui-ci !

    • 12 novembre 2013 , 11 h 29 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Bienvenue !

      Une bonne entrée en matière dans l’univers de Kasischke…

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