DarkRoom [Lila Quintero Weaver]

Par le Bison le 26 août 2013

Mémoires en Noirs et Blancs.

C’est l’histoire d’une petite fille, Lila Quintero Weaver, de 5 ans et  +. En 1961, ses parents partent de son Argentine natale pour s’installer à Marion, petite bourgade d’Alabama. Les années soixante, dans le Sud, les blancs d’un côté, les noirs de l’autre, et elle, petite fille ni blanche ni noire. Difficile de se placer dans un camp, où personne ne l’adopte et se retrouve isolée de ses camarades.

C’est donc l’histoire d’une BD autobiographique qui raconte son enfance et son adolescence. Pas un traité sur la ségrégation raciale, mais plus comme un carnet intime où la jeune fille dévoile ses sentiments, son point de vue sur la situation de l’Alabama, sur les rapports avec les gens de couleurs et avec les blancs. Elle a du mal à comprendre les distinctions entres ces races humaines : les caucasiens, les noires, les orientaux. Elle a l’impression d’être différente de ne faire partie d’aucune de ces classes. Elle se sent ‘mixte’.

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« DarkRoom, mémoires en noirs et blancs » est donc un formidable témoignage de cette époque, une histoire bouleversante vue par l’œil candide et naïf d’une gamine émigrée dans ce contexte difficile qui la dépasse totalement. Doit-elle aller dans une église blanche ou chanter le gospel avec ces noirs, avec cette bande des Blind Boys of Alabama ?

Nous avions une encyclopédie que mama avait achetée volume par volume. C’était une pâle imitation du World Book mais certains passages avaient retenu mon attention.
J’étais frappée par ce qu’on disait des races.
Les races humaines : caucasien noir oriental
Les limites séparant les races étaient très claires. Il semblait si facile à ces gens de savoir ce qu’ils étaient… même si la réalité ne s’accordait pas forcément avec ces catégories bien nettes.

Mais rares étaient les Américains des États du Sud qui toléraient l’ambiguïté raciale. Ils ne s’embarrassaient pas de frontières floues et appliquaient la règle de la « simple goutte ».

Selon cette règle, toute personne ayant la moindre trace de sang noir ne pouvait se revendiquer comme blanche.

La règle était inflexible, quelle que soit la proportion d’aïeux blancs dont justifiait une personne, une simple goutte de sang noir suffisait à la disqualifier.

La pureté de la race était capitale.

Un air de gospel qui vient du cœur transparait à chaque page traitant de la cause noire. Un relent nauséabond s’infiltre entre les lignes lorsque la ségrégation sépare les âmes humaines. Mais peut-on parle d’âme plutôt que de bêtises humaines. L’Alabama, en 1965, il s’y est passé un certain nombre de trucs qu’une petite fille avait du mal à comprendre, à mettre des mots, mais elle ressentait tout un tas de choses. Le cœur ne se commande pas. Des années plus tard, les mots sont restés et les images ont été rajoutées. Les dessins, en noirs et blancs, of course, sont magnifiques, tout au crayon, foisonnant de détails et de réalisme, comme je les aime, même si mon univers reste très éloigné de ce monde fait de bulles et de crayons.

Darkroom est une bel œuvre, pour tout public devrais-je même dire, de 5 à 77 ans. Un roman graphique pour comprendre et apprendre, pour sentir ce Sud profond que fut l’Alabama en 1965, et de découvrir UN changement.

« DarkRoom, mémoires en noirs et blancs » ou l’art du noir du blanc sur une feuille de papier, un air de gospel dans l’air.

Une opération Masse Critique du site Babelio

en collaboration avec les Éditions Steinkis.

4 commentaires
  1. 26 août 2013 , 14 h 47 min - manU prend la parole ( permalien )

    Il a l’air pas mal du tout celui-ci.

    • 29 août 2013 , 10 h 21 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je pense bien !
      De beaux dessins pour une mise en histoire sobre et sombre.

  2. 27 août 2013 , 23 h 55 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Je dirai même plus, il a l’air pas mal du tout celui-ci.

    Mais comme j’ai 78 ans ben je peux pas le lire… Zut… il me tentait bien.. :(

    Choix musical tip top pour ton billet :D

    • 29 août 2013 , 12 h 02 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      78 ans… Effectivement, c’est trop tard pour toi ! Tu ne pourrais comprendre ce qui se trama en 1965 en Alabama, sweet home Alabama.

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