Les Salauds [Claire Denis]

Par le Bison le 16 août 2013

Noir, c’est noir, il n’y a plus d’espoir.

Elle était venue dans la salle présentée son dernier film. Un film noir, noir, noir… Elle était accompagnée de tous ses comédiens, de Chiara Mastroianni à Alex Descas. Il manquait juste Vincent Lindon à l’appel, accaparé par une émission de radio. Ce n’est pas important, mon héros s’appelle Descas dont j’aime tant sa filmographie particulière notamment les films de Claire Denis et de Jim Jarmusch. Fidèle à lui-même, il ne dira pas un mot, mais tout se passe dans son regard. Chiara se prête plus facilement au jeu, elle parle un peu, et puis elle est belle. Elle, Claire Denis !

« Les Salauds », un film noir, noir, noir comme le présente la réalisatrice. Mais parfois, il faut du noir dans la vie. Pour avancer, et pour comprendre que l’autre versant du noir est le rose. Mais ici, point de rose, ni même de gris. Juste du noir, noir, noir.

Sans demi-mesure.

Sombre, et envoutant, comme la musique planante des Tindersticks. Ce film en dérangera certains. Il sera loin de faire l’unanimité. Il se veut noir, il est noir, d’un noir extrêmement noir et profond. Aucun optimisme à attendre. Dans la salle totalement obscure, tu vois défiler les images. Tu ne comprends pas tout, de prime abord, mais tu ressens les sensations, la tristesse et surtout la sauvagerie du monde dans lequel tu vis. « Les Salauds » est un film d’une puissance qui te bouleversera à condition que tu ne le rejettes pas d’emblée. Tu n’as peut-être pas envie qu’on te parle de la noirceur de l’âme humaine. Peut-être as-tu peur de découvrir ta part de noir qui sommeille au plus profond de ton cœur. Mais une chose est sûre, ce film ne te laissera pas indifférent. Ou tu vas vomir cette bile acide qui ronge ton intérieur, ou tu vas éjaculer de plaisir à cet opus sombre et hypnotique. Moi, en tant qu’éjaculateur précoce, mais ne suis-je peut-être pas totalement objectif puisque le cinéma de Claire Denis me transporte et m’envoute, j’ai regardé avec un immense plaisir la noirceur de ce film.

Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir.

Un polar glauque, une histoire dérangeante, même malsaine. Tu es un salaud, assurément. C’est ancré dans l’Homme. Chaque être porte sa part nauséabonde qui ressortira un jour pour éclater à la face des plus faibles. Oui, je te connais, tu essaies de cacher ton jeu, mais lorsque la puissante et hypnotique musique des Tinderticks se déploie, tu n’as plus d’autres choix que de faire les bons – ou les mauvais – choix et de te comporter toi aussi comme un pur salaud. Royal. Parce que tu es noir, aussi. Et ton âme ne sera pas sauvé par une pointe de gris ou de rose. Quand j’ai dit noir… tu sombreras dans cette mascarade qu’est la vie.

« Les Salauds » [2013] ou l’art du noir, noir, noir.

11 commentaires
  1. 16 août 2013 , 18 h 47 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    C’est rare de voir Lindon dans un film noir, noir, noir…

    Très et trop envie d’aller le voir mais j’ai peur de vomir, c’est grave Docteur ?

    Mastroiani on ne la voit que trop rarement à la télé, dommage! Elle ressemble de plus en plus à sa mère en plus noir, noir, noir…

    • 17 août 2013 , 10 h 16 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Mastroiani on ne la voit que trop rarement à la télé, dommage! Elle ressemble de plus en plus à sa mère en plus noir, noir, noir…

      Si je te disais qu’avant ce film, j’ignorai qui était sa mère…

      Très et trop envie d’aller le voir mais j’ai peur de vomir, c’est grave Docteur ?

      ça dépend du voisin qui sera assis à coté de toi…

    • 17 août 2013 , 22 h 29 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

      Tu sais qui est son père au moins ? ;)

      Bon ben tant pis pour le voisin :D

    • 19 août 2013 , 11 h 04 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Sauf si l’homonymie rentre en jeu, je crois avoir deviné ;)

  2. 16 août 2013 , 22 h 23 min - dasola prend la parole ( permalien )

    Bonsoir Le Bison, vu et aimé (mais je n’ai pas encore écrit de billet). C’est un film qui ne fait pas l’unanimité mais c’est ça qui est intéressant. A mon avis, la vraie « sal… » du film c’est la soeur de Marco (Vincent Lindon). Elle a laissé faire ce qu’on découvre à la toute fin. Le film n’est pas glauque mais très très noir avec un Lindon excellent. Bonne soirée.

    • 17 août 2013 , 10 h 17 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      C’est un film qui ne fait pas l’unanimité mais c’est ça qui est intéressant.

      C’est le moins qu’on puisse dire…

  3. 17 août 2013 , 13 h 04 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Hey hey! Pas client chez Claire Denis, cette fois je ne t’accompagne pas. Par contre Rory Gallagher, Guinness et Irish Stew tu penses bien que j’en suis.

    • 17 août 2013 , 15 h 38 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Pas de Claire Denis, mais les Tindersticks…

  4. 27 août 2013 , 17 h 55 min - phil prend la parole ( permalien )

    Noir comme on l’aime et avec beaucoup d’erotisme alors sortez vos colts et tirez !
    hummmmm

    • 29 août 2013 , 12 h 00 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Noir comme on l’aime

      Tu parles de café !? ;) avec tout plein de marc au fond de la tasse…

    • 30 août 2013 , 13 h 41 min - phil prend la parole ( permalien )

      sers les dents …

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