Tago Mago [Can]

Par le Bison le 16 juillet 2011

Dans le vif du sujet, au cœur de l’étrangeté et du rock’n'roll.

Petite et rapide présentation du groupe allemand par une vidéo d’époque : Paperhouse.

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Le gars en pantalon jaune et en tee-shirt orange, fluo, qui frappe comme un malade sur sa batterie, c’est Jaki Liebezeit le batteur.

Le gars tout en noir, qui frappe comme un malade sur son clavier, c’est Irmin Schmidt le claviériste.

Le gars qui n’a pas de tête, seulement des cheveux, c’est Michael Karoli le guitariste.

Le gars qui dort sur sa basse en pantalon de pyjama, c’est Holger Czukay le bassiste.

Et pour finir, le gars qui pousse des hurlements, des cris et parfois chante, c’est le célèbre Damo Suzuki (remplaçant de Malcom Mooney pour départ anticipé suite à des troubles mentaux), à la fois chanteur japonais et témoin de Jéhovah.

Paperhouse – 1er titre de l’album méga-culte du Krautrock : « TAGO MAGO ». Je crois que je n’ai pas grand-chose à raconter sur cet album ; 40 ans après sa sortie, tout a été dit, raconté, disserté et disséqué. L’album est unique et majeur. S’il n’en fallait garder qu’un, ce serait à coup presque sûr celui-là… Le genre de musique qu’on écoute peut-être avec Simone, mais avec parcimonie. Car TAGO MAGO est magique, intense, innovant, improvisé, surréaliste, indispensable, émouvant, bordélique, morbide, raide, intemporel, éternel, funéraire, inquiétant, terrifiant, cauchemardesque, chaotique, planant, spatial, fulgurant, transcendant, hypnotisant, hallucinant !

Et pour mieux comprendre les textes souvent incompréhensibles, rien ne vaut un petit furetage du coté de ma bien-aimée encyclopédie virtuelle, Wikipedia :

« Sur Paperhouse, il serait question d’un désir de liberté, cependant impossible à atteindre. Mushroom serait une apologie des champignons hallucinogènes ; Oh Yeah, sur laquelle Suzuki chante à l’envers au début et en japonais à la fin, dépeindrait l’addiction à la drogue ; Halleluhwah parlerait de la perte d’un proche (un « frère » est mentionné à plusieurs reprises dans la chanson) et Bring Me Coffee or Tea ferait référence à la rencontre entre Holger Czukay et Damo Suzuki. Augmn ne comporte aucune parole, mais une longue suite d’incantations psalmodiées par Irmin Schmidt. Enfin, il est difficile de trouver un sens à Peking O, puisqu’il s’agit d’une suite de « cris scandés dans une langue inconnue » improvisée par Suzuki. »

Incontestablement indescriptible et absolument incontestable…

Can avait déjà sévi avant TAGO MAGO, Can commettra d’autres méfaits après TAGO MAGO. Si la qualité est indéniable et incontestable avant et après, TAGO MAGO reste le chef d’œuvre absolu de Can, du Krautrock, de la musique douce et harmonieuse en général ! J’ai passé de longues heures face à cette galette numérique de soixante-treize minutes et trente secondes, enchaînant et déchaîné. Je continue toujours à halluciner devant cette Œuvre magistrale qui à coup sûr me persécutera jusqu’à la fin de ma vie éternelle.

TAGO MAGO, on n’en ressort jamais indemne.

Attention, je vais vous parler d’un disque frappadingue comme jamais, mais aussi d’une perle absolue, et d’un énorme chef d’oeuvre. [...] En fait, disons que cet album est à l’image de sa pochette: mystérieux, taré. Ecouter ça, c’est se plonger dans un cycle infernal et infini de tortures diverses, et les subir sans grand dérangement. Bref, Tago Mago est une grande expérience psychologique. Un disque… dur. [...]

La vision éclairée de Blog’n Rock !

Et là, imaginez une suite entêtante de 18 minutes qui vous saute à la gueule sans prévenir. C’est l’effet Halleluwah. Dans ce morceau grandiose, tout est inoubliable, la batterie, la basse, la gratte, le chant, TOUT.

[...] c’est de l’expérimentation à fond, [...] et fait rentrer l’auditeur dans un labyrinthe infernal, proche de la folie totale. Tout d’abord, laissez-moi vous présenter Aumgn. 17 minutes insoutenables. Morceau terrifiant se terminant par un solo de batterie long et glauque. [...] batteur fou-furieux. Aumgn est sensé faire perdre définitivement la tête à l’auditeur, qui n’est absolument pas préparé à entendre ça. Ce morceau vous hantera à vie et vous désintègrera intérieurement peu à peu, même si vous ne l’écoutez qu’une fois. Un morceau de schizophrènes, et encore, cette appellation n’est qu’un pléonasme !

Entre Halleluwah et Aumgn, mon esprit se déchire tandis que mon cœur est à deux doigts d’un infarctus spontané… Il penche vers l’un, avant de s’effondrer vers l’autre. Il est transporté dans un autre monde et au final il n’a pas envie de faire le choix. Il enchaîne les deux morceaux et rien que pour ça, le bison devient totalement fou, frappadingue, schizophrène, irrémédiablement perdu dans un ranch sans nom totalement illuminé de torpeurs nocturnes. Tago-Mago est mon disque de prédilection (et même face à certains Pink Floyd) !

Mais bon pour apprécier, à sa juste valuer, Tago-Mago, deux cas se présentent :

  • Ceux qui sont totalement frappadingues et irrémédiablement perdus pour la société.
  • Ceux qui ont atteint l’illumination suprême, le Nirvana, et qui de ce fait n’attendent plus rien de la société.

Et vous, dans quelle configuration êtes-vous formatés ?

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