Captain Blood [Michael Blodgett]

Par le Bison le 15 août 2013

Captain Blood, le nouvel héros de l’Amérique urbaine. Un chevalier des temps modernes au style monsieur-tout-le-monde en short de toile beige et lunettes Ray-Ban, concierge bling-bling d’un banal immeuble qui lui laisse pas mal de temps pour des activités diverses et ludiques. Sexe, Drogue et Alcool, le triptyque gagnant pour des soirées aussi bien réussies que les réceptions de l’ambassadeur.

« En voyant la voiture, Captain freina. C’était une berline Buick neuve, à quatre portes, portant la plaque personnalisée : « POPOL 22 CM ». Elle était garée dans un box réservé aux abonnés, et Captain eut la certitude qu’elle appartenait à Reno Bloom. C’était fatal : qui d’autre que lui aurait fait preuve d’un tel mauvais goût ? « Popol : vingt-deux centimètres », dit Captain en remuant la tête. En marche arrière, il gara sa Dodge un peu plus loin. La nuit tombait : l’obscurité envahissait les étages du parking. Une lumière jaune vif éclairait l’autre extrémité du décor grisâtre. Assis à son volant, Captain tendit l’oreille.
Le silence était tellement pesant qu’il semblait se propager comme un écho, envahissant l’atmosphère. [...] »

Pourtant, l’obsession de Captain Blood est des plus louables : la Justice.

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Aider son prochain. Porter secours aux plus faibles. Avec un tel sacerdoce, Captain Blood se prendrait même pour Dieu. Un Dieu extrêmement « beau gosse » et narcissique, aux mœurs plus libertines et inavouables car Captain Blood est aussi un grand obsédé sexuel. Il multiplie les conquêtes féminines et les aventures sexuelles défilent aussi vite que les bouteilles vides de whisky au pied de son lit. Il faut dire que Captain Blood est extraordinairement beau, magnifiquement bâti et surtout particulièrement bien monté (toute ressemblance avec le sus-nommé Bison serait partiellement fortuite mais totalement véridique). Il abuse de l’alcool, de la drogue, du sexe et des femmes, mais reste fidèle à une seule maîtresse : sa sœur Iris avec qui une certaine communion et alchimie sexuelle semblent s’être installées entre ces deux complices. Pour revenir à son sens de la justice, Captain Blood est tout puissant, et ses méthodes, loin du divin, sont légèrement moins orthodoxes. Tous les coups sont admis et permis, la torture ne semble pas le gêner le moins du monde surtout quand il est question de vengeance. Captain Blood, l’impitoyable.

Si je m’amusais à faire une comparaison littéraire de mes héros américains, j’aurais tendance à dire que Captain Blood a le corps et la folie de Patrick Bateman avec le membre et les pulsions de Hank Chinaski… En bref, si tu es passionné par les thrillers violents et sexuels, que tu as une âme amorale et vicieuse, « Captain Blood » de Michael Blodgett est fait pour toi. Dois-je t’avertir que si baiser ta sœur après avoir découpé puis passé au broyeur les restes de son ancienne petite amie lesbienne te parait légèrement choquant, voir un chouia immoral, ce roman serait encore plus fait pour toi, mon ami(e). La vie est courte, le sexe est bon, l’éjaculation jubilatoire et Captain Blood un Dieu au pieu.

« Avec un bref soupir de résignation, Captain passa lui aussi à l’action. D’un coup violent, il expédia le canon du lourd revolver dans la bouche à moitié ouverte de Reno. La puissance du coup envoya à terre le chapeau et la moumoute de Reno ; les yeux lui jaillirent des orbites, injectés de sang, comme s’ils allaient éclater. Captain fut fortement tenté de presser la détente, mais ce n’était pas ce qu’il avait prévu.
La lèvre supérieure de Reno, la majeure partie de sa lèvre inférieure, ses gencives et ses dents de devant avaient été arrachées par l’arme, et enfoncées dans sa gorge. Il commença à s’étouffer. Captain comprit que, dans les secondes suivantes, il tomberait à genoux et se mettrait à vomir, ou à pisser dans son froc.

- Monte dans ma voiture, espèce de salopard immonde, hurla Captain, et avale-moi tout ça. Parce que, si tu salis mes sièges, je te flingue tout de suite. »

« Captain Blood » ou l’art de voir Popol vingt-deux centimètres en pleine action.

Challenge Lire sous la Contrainte – Session 9, d’un livre à l’autre.

6 commentaires
  1. 15 août 2013 , 21 h 17 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    A y réfléchir, Je crois bien que je préfère aller à l’hippodrome avec Bukowski … :D

    Bon choix musical ;)

    • 16 août 2013 , 11 h 23 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Pourtant, coté sexe, Captain Blood assure !
      Moins précoce que Bukowski et surtout beaucoup plus beau.

  2. 17 août 2013 , 8 h 18 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Diantre, « popol 22 cm » quelle plaque de mauvais goût ! J’aime les hommes qui ne se vantent pas, qui ne disent rien mais nous subjuguent en descendant leur pantalon pour nous laisser apprécier toute la beauté de leur membre le plus actif du club.

    Ok, nous savons toutes que ce n’est pas le grandeur qui compte… vaut mieux une petite vigoureuse qu’une grande paresseuse.

    Quel livre tu viens de lire. Il baise sa sœur lesbienne (presbyte ou myope ?) après avoir mixé la petite copine de sa frangine ? On se croirait chez le marquis.

    Un polar au goût de sexe, d’alcool et de sang ? Je le veux ! :)

    • 17 août 2013 , 10 h 19 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Un polar au goût de sexe, d’alcool et de sang ? Je le veux !

      Un polar pour toi, si tu n’as pas peur des 22 cm ;)

      Je ne comprends pas pourquoi c’est le seul méfait de Michael Blodgett. Car ce polar a un truc particulier, l’odeur du souffre !

  3. 22 août 2013 , 8 h 21 min - Philippe D prend la parole ( permalien )

    Je rentre de vacances. Je découvre donc ta participation à mon challenge. Merci. Je ne crois pas que ce bouquin me convienne mais sait-on jamais?
    Bonne journée.

    • 22 août 2013 , 18 h 07 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Tous les goûts sont dans la nature. Et même les dépravés !

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