L’escalier où le chat m’attend [Sang-hui Yi & Hye-jeong Tak]

Par le Bison le 31 juillet 2013

Catégorie : 4 étoiles, Asie

J’habite tout en haut d’une colline.

Pour rentrer chez moi,

Je dois monter un grand escalier.

Ce matin, il a plu. La pluie aussi rentre chez elle.

Pliquiploc pliquiploc plaf !

Pliquiploc pliquiploc plouf !

Goutte à goutte, la pluie descend les marches.

Et moi je les monte.

Franchement, j’ai dû abuser du Bowmore, hier soir. J’ai fait un drôle de rêve. Je me suis pris pour une petite fille coréenne rentrant chez elle après une longue journée d’école. S’il n’y avait que ça, mais non, c’est bien pire – c’est dire la cuite ! Sur le chemin, pas une voiture prête à me happer, pas un brin de pollution prêt à m’asphyxier, pas un pédophile prêt à me kidnapper. Non, rien de tous ces petits tracas quotidiens que devraient affronter une petite fille seule dans un monde urbain et bouillonnant de violence.

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Les feuilles rouges des érables dansent au vent.

L’ombre des feuilles dans au soleil.

A la place, je découvre un monde poétique, où les acacias diffusent un parfum enchanteur, où une colonie de fourmis travaille soudée, patte dans la patte, où le soleil danse le tango avec les nuages, et les feuilles d’érables la salsa.

Je monte un escalier interminable pour mes petites gambettes pleines de bleues que ma jupette virevoltant à la brise ne saurait protéger des chutes. Car en montant, je découvre d’autres dangers : les fourmis à ne pas écraser, la peinture fraiche de la rambarde, le petit caillou rond qui se cache sur la marche pour me faire rouler par terre… Oui, être une petite fille et monter cet escalier ne sont pas de tout repos.

Loin, très loin, je vois les montagnes au-delà des toits.

Des nuages blancs flottent dans le ciel.

Un vent frais souffle,

Chargé du parfum des acacias.

Mais une fois au sommet de cet escalier, le repos. L’horizon en face de moi, ce paysage grandiose et vertigineux. J’imagine que derrière ces collines se trouve le Japon. Si je plisse les yeux, est-ce que je verrais le Mont Fuji ? Et encore plus loin, le soleil. Cette boule de feu qui fait cramer en ce moment mes poils de bison.Mais au sommet de cet escalier, il y a surtout un chat qui m’attend, et je n’ai plus envie de me réveiller. Je veux rester dans ce monde si paisible si poétique si lyrique lorsque quelques gouttes tombent sur mes genoux… Je viens de pisser dans mon pieu, je me lève. Finie de jouer à la gamine coréenne, retour à la triste réalité de ma vie. Je me sers un verre de Single Malt pour entretenir ma gueule de bois, et pour respirer cet air frais et pur aux parfums d’acacias. Vivement un retour à une littérature faite de pédophiles, de sexe et de grosses murges !

Second verre, j’écoute la profondeur de l’âme coréenne avec Lee Jae-hwa.

Une cithare, six cordes en soie: le geomungo. Un instrument traditionnel coréen.

Musique chamanique et improvisation d’une musique de chambre, le sanjo est une suite pour instrument mélodique. D’abord calme et méditative à la manière d’un impromptu, la pièce, composée de plusieurs parties enchaînées, gagne peu à peu en rapidité et en virtuosité, m’entraînant dans un plaisir physique et émotionnel. ;)

« L’escalier où le chat m’attend » ou l’art d’entendre le bruit de la pluie en version coréenne.

7 commentaires
  1. 31 juillet 2013 , 23 h 00 min - manU prend la parole ( permalien )

    Une petite bisonette attendrissante qui gambade dans sa robe à fleurs, ses couettes au vent… :D

    • 1 août 2013 , 8 h 30 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Yeap ! Gare aux voyeurs et pédophiles qui trainent dans le coin…

  2. 1 août 2013 , 9 h 11 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Une montée d’escalier qui m’a l’air bien ravissante, reposante et poétique :)

    Moi je voyais plutôt de la harpe pour m’emporter là haut.
    Bon je te l’accorde c’est pas très asiatique, quoi que…..:D

    http://www.youtube.com/watch?v=6E_QIaGaJfI

  3. 1 août 2013 , 15 h 25 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Ooooh, mais qu’elle est mignonne cette petite fille avec les couettes qui trainent dans le vent… et où vas-tu ma petite fille ?? Un bonbon ?
    C’est quoi qui dépasse de ton cartable ? Heu… une bouteille de whisky ?? A ton âge ? Et sous ton nez, là, c’est de la barbe ?? Et des poils aux jambes ?? AU REVOIR !!

    Je t’imagine en petite fille et ça me fait rire, surtout avec ton pseudo… Que voilà donc une jolie lecture que tu viens de faire, mais non, non, non, je ne l’ajouterai pas à ma LAL. Résiste !

  4. 2 août 2013 , 12 h 18 min - Pasdel prend la parole ( permalien )

    Tu as la cuite poétique en ce moment…

  5. 2 août 2013 , 15 h 40 min - Pasdel prend la parole ( permalien )

    Avec le sake tu nous faisais la critique en haikus

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