Holy Motors [Leos Carax]

Par le Bison le 4 juillet 2013

4 Juillet 2012 sortait le dernier film de Leos Carax. Encensé par la critique, prix de la jeunesse au Festival de Cannes, plus un nombre incalculable de prix à différents festivals et rencontres cinématographiques. Je perçois une grande originalité dans le film, j’ai envie, je veux le voir, j’ai peur…

4 Juillet 2013. Un an s’est écoulé. J’ai perdu quelques poils et bu quelques bières. Je m’installe dans mon canapé, devant mon petit écran. Le Bison pépère fait sa séance perso de cinéma, prêt pour une balade nocturne sous les illuminations parisiennes. La Tour Eiffel, les quais de Seine – rive gauche, rive droite -, la Samaritaine, toujours avec Carax, en plein chantier avant sa transformation en hôtel de luxe qatari…

Ce « Holy Motors » ressemble à un recueil de nouvelles. Des petites histoires qui se succèdent. Histoires ? Oups, je devrais dire scénettes ou sketchs, parce que d’histoire, je n’ai rien vu – ou rien compris. Ce n’est pas pareil mais au final ressort dans les deux cas un sentiment de frustration. Alors assis-toi, prends un verre – tu en auras besoin – je te raconte quelques passages.

Un homme, Monsieur Oscar incarné par Denis Lavant, le plus fidèle acteur-saltimbanque de Leos Carax, se balade dans une immense limousine blanche. Il se grime en vieille  pour faire la manque sur le pont Alexandre III, psalmodiant des plaintes en romani. Cinq minutes plus tard, retour à la limousine, il s’habille de cuir et de capteurs électroniques et fait une danse dans ce qui ressemble à un studio d’animation. Danse nuptial ou combat martial, il s’accouple avec une femme tout de cuir vêtu également. Sensualité. Bestialité. Mon regard reste scotché sur l’écran comme hypnotisé. Troisième rendez-vous, Monsieur Oscar devient Monsieur Merde, déjà vu dans le précédent « Tokyo ! ». Il sort des égouts, enlève la belle Eva Mendes, et retourne dans les égouts. Il est sale et dégoutant. Abject même, à détourner le regard. Puis, il devient père monsieur tout-le-monde allant chercher sa fille après une soirée, et cætera, et cætera…

En tout, une douzaine de mini-scènes entre loufoqueries et bizarreries. Aucun rapport entre elles, si ce n’est mon incompréhension. Je passe à côté du film. Pourtant, je le suis jusqu’au bout ; pas parce que je n’ai rien d’autres à faire, mais par volonté et par curiosité. Il ne me plait pas vraiment, mais j’ai envie de le suivre. Une force supérieure que je ne maîtrise pas et qui m’emporte au-delà de cet ennui. Mais l’intérêt est ailleurs, du moins me semble-t-il. Au-delà de cet ennui, je peux y voir comme une accumulation de cliché cinématographique. La limousine me fait penser à l’USS Enterprise, vaisseau spatiale navigant dans un univers inconnu et rencontrant des êtres différents. Le film, lui, mélange allégrement les allégories et étale une vision cinématographique éclatée : le mélodramatique, la science-fiction, la comédie musicale, les arts martiaux, le film à caractère social, le fantastique…

Belle Eva Mendes. C’est l’image que je retiendrai de ce film ‘Bizarre et étrange’. Une Belle kidnappée par Mr Merde….

« Holy Motors » [2012] ou l’art de regarder un film sans rien comprendre.

4 commentaires
  1. 4 juillet 2013 , 22 h 37 min - manU prend la parole ( permalien )

    Bon ben j’éviterai de perdre mon temps si je tombe dessus par hasard… ^^

    • 4 juillet 2013 , 22 h 48 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      J’ai pas perdu mon temps.
      J’ai rien compris, c’est pas pareil.
      Peut-être que tu as une vision plus poétique et plus pure de la Capitale, des Hommes et de l’Âme. Alors peut-être que tu sauras décrypter les messages subliminaux que je n’ai su percevoir.
      Ce film, c’est comme une peinture, une toile d’un grand maître ou d’un illustre inconnu. Tu la regardes et après ce n’est qu’une question de perception.

  2. 23 juillet 2013 , 21 h 16 min - dasola prend la parole ( permalien )

    Bonsoir le Bison, pas vu, pas tentée et pourtant il faudrait que j’arrive à voir un Leos Carax un jour rien que pour ma culture cinématographique. Bonne soirée.

    • 24 juillet 2013 , 8 h 36 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Et tu auras des chances de voir Denis Lavant, le plus fidèle de Carax, et grand comédien, danseur, saltimbanque…

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