Ton Sang Ne Saurait Mentir [Patricia Tyrrell]

Par le Bison le 24 juin 2013

Lester. Bon bougre ou mauvais gars ? Il a kidnappé la petite Cate à l’âge de 3 ans, sans raison apparente. Marginal et solitaire, pas très évolué ni même futé. Douze ans plus tard, l’histoire reprend. Entre temps, le bon Lester a pris soin de la gamine. Chaque année, il appelle même ses parents pour leur dire qu’elle est ENCORE en vie. Lester s’en occupe du mieux qu’il peut, même si parfois ils dorment à la belle étoile ou dans le vieux pick-up aux abords d’une route isolée, dans le Nouveau Mexique. Mais quinze ans, c’est l’âge de l’adolescence et un fait marquant l’oblige à « rendre » Cate à sa génitrice. Pour Cate, cela fait bien longtemps qu’il n’y a ni mère ni père, juste Les. Entre temps, Cate a aimé Lester comme une figure paternelle, un substitut de parent, quelqu’un en qui elle peut avoir confiance. Mais quinze ans…

« Quand j’ai fini de crier, il n’y avait aucun bruit à part le bourdonnement de ces fichus insectes et le bruissement des feuilles ; l’air pesait sur nous, brûlant et humide, et j’ai à nouveau la conviction que cette femme ne pouvait décidément pas être ma mère, parce que, si elle l’était, elle aurait déjà dû le comprendre, en me regardant et en m’entendant ; elle n’aurait pas pu continuer à nier. Mais elle se tenait là, dans ses habits élégants, avec sa mine inflexible, et ses yeux sur moi n’avaient pas plus d’expression que l’eau. Une eau qui ne bougerait pas sous le soleil ou le vent, une eau indifférente. »

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Retour donc à la maison de Virginie. Cate n’a confiance qu’en ce bon Lester. La mère, elle, n’a confiance en personne, encore moins envers ces deux inconnus aux allures miteuses pour ne pas dire louches. Crimes, arnaques et tests sanguins. « Ton sang ne saurait mentir » et seule une analyse ADN permettra de révéler la vérité si redoutée. Mais en attendant… Les premières démarches sont difficiles, froides et étranges même. Deux étrangères, mère et fille, sous un même toit, les rapports sont délicats. Le roman de Patria Tyrrell n’est ni un thriller, ni un mélo larmoyant. L’auteure propose une étude psychologique sur ces rapports filiaux, sur ces relations humaines unies par le sang. L’amour inscrit dans les gênes, l’instinct maternel fluidifié dans le sang. La notion de confiance est omniprésente dans le récit et les actes de chacun, tout comme l’apprentissage de l’autre. C’est un long processus. Ces douze longues années de séparation peuvent-elles s’effacer des mémoires de chacune pour retrouver un comportement « normal »

Peut-on faire une croix sur le passé ? Une question à laquelle il m’est difficile de répondre comme il m’est impossible de m’identifier à l’une de ces personnes. Ainsi, je ne peux juger le comportement de l’un, de l’une ou de l’autre, juste imaginer ce que je pourrais juger. Mais la vie n’est pas aussi simple et certains vécus me sont étrangers.

« Ton sang ne saurait mentir » ou l’art de découvrir l’utilité de la biochimie dans ma vie de lecteur assidu (plus assidu en tout cas que sur les bancs de la faculté de biochimie).

Challenge Lire sous la Contrainte – Session 8, d’un livre à l’autre.

16 commentaires
  1. 25 juin 2013 , 0 h 00 min - manU prend la parole ( permalien )

    De la valeur des liens du sang
    ou des liens du coeur….

    • 26 juin 2013 , 15 h 17 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      liens du cœur, oui.
      liens du sang, je m’interroge.

  2. 25 juin 2013 , 7 h 44 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Voilà un sujet qui m’intéresse et un titre prometteur….

    Il me semble que les liens du cœur sont plus importants et forts…..on ne choisi pas sa famille.

    Merci pour cette balade « Crash into me » je ne connaissais pas et j’adooore. A quand un billet sur Murray Head, celui des années 70, il va de soit ? ;)

    Livre et chanson : Belle introspection :D

    • 26 juin 2013 , 15 h 16 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Merci pour cette balade « Crash into me » je ne connaissais pas et j’adooore.

      Dave Matthews Band, une bande de Virginie.
      Rock-folk made in Charlottesville.

  3. 25 juin 2013 , 18 h 14 min - phil prend la parole ( permalien )

    Tu vois que la bioch sert a qqchose et pas qu’a reluquer entre les pans de la blouse blanche de la belle voisine au coeur tres genereux !

    • 26 juin 2013 , 15 h 19 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      je ne me souviens plus trop de son cœur, je ne regardais pas aussi profondément que toi, je restais à la surface…

  4. 25 juin 2013 , 21 h 52 min - Philippe D prend la parole ( permalien )

    Voilà une lecture qui pourrait m’intéresser.
    Merci pour cette nouvelle participation et à bientôt.;

    • 26 juin 2013 , 15 h 19 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      une contrainte plus difficile que les précédentes. J’avais un choix plus que restreint… Mais c’est la principe de la contrainte.

  5. 25 juin 2013 , 22 h 03 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Le genre de livre qu’on a envie de posséder de suite… lecture intéressante, merci pour la critique, elle donne envie de le découvrir.

    • 26 juin 2013 , 15 h 22 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Pourtant, j’aimerais maintenant que l’auteure écrive un second tome. La même histoire vue et ressentie par Lester. Cet autre point de vue m’emballerait. Même si Lester est ici juste considéré comme un paumé, un pauvre marginal, je voudrais rentrer dans sa tête pour percevoir ses sentiments, son dilemme, ses choix…

  6. 28 juin 2013 , 22 h 19 min - Violette prend la parole ( permalien )

    ça a l’air plutôt brut de décoffrage, pourquoi pas! J’aime bien les photos de ton blog :-)

    • 28 juin 2013 , 22 h 33 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      J’aime bien les photos de ton blog

      C’est la meilleure partie du blog, la seule digne d’intérêt.
      C’est grâce à elles que je ramasse tous les alcoolos et les pochetronnes de la prairie.

  7. 30 juin 2013 , 16 h 33 min - Pasdel prend la parole ( permalien )

    Lecture sous la contrainte? On t’a obligé de boire de l’eau pour lire ou quoi, en tout cas très intéressant comme souvent…

    • 30 juin 2013 , 16 h 41 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      que de l’eau !
      Le pauvre Lester est un ancien alcoolique… Un demi-verre de bière et il ne sait plus où il en est. Alors pas question de boire !

  8. 5 juillet 2013 , 23 h 02 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    En effet, on change de narrateur, on change de tête et tout change ! Ça peut donner tout autre chose…

    • 6 juillet 2013 , 14 h 21 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      mon coté masculin ou alcoolique. Savoir ce qu’il y a dans la tête de lester…

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