Psychedelic Pill [Neil Young]

Par le Bison le 13 juin 2013

Le Neil Young du mois !

Es-tu prêt(e) à vivre à une telle expérience. Je te préviens ce tout dernier Neil Young rend dingue et l’essayer même à petite dose provoque des dommages collatéraux irrémédiables. Un Neil Young, accompagné de ses fidèles compagnons de route, les vieux canassons du Crazy Horse, qui va te surprendre. A commencer par ce premier morceau – la première impression a toute son importance lorsque tu appuies sur le bouton « Play » pour la première fois – Driftin’ back. Des les premières notes, tu sens l’atmosphère acoustique t’envahir et t’émouvoir. Une litanie I’m drifting back récitée comme un mantra, une guitare discrète au début qui au fil des secondes devient plus présente, quelques chœurs chaleureux et chaloupés accentuent la face folk. Puis tout le monde se tait, sauf la guitare, qui devient lourde et puissante. Tu as basculé sur le côté obscur de la force. Le solo succède à un autre solo qui enchaîne sur un nouveau solo. Obscured by the guitar. Neil Young s’invente son disque psychédélique. En plein dans le mille. Il est somptueux, il est long. Pas présomptueux ni pompeux. Il est LE disque de Neil à avoir – en plus de nombreux autres.

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Mais ce « Pychedelic Pill » a une saveur particulière. Un son novateur pour le loner qui prend plaisir sur de longues pièces instrumentales comme au bon temps des années soixante-dix. Le psychédélisme n’est pas mort, et Neil le ressuscite à merveille dans ce long opus. Cela fait tant de bien de se réveiller avec ce vieux canasson, il n’est pas mort le bougre et a encore tant de talent à proposer. Une édifiante discographie, tant de registres explorés, du folk au rock, du blues à la country, du jazz au psychédélisme. Un premier morceau de 27 minutes 37 au compteur, de quoi affoler les grands-mères ou les vieux bourrins de l’époque. , sans une seconde d’ennui ou de riffs inutiles. Juste de la passion, de l’extase et de vieux pur-sang prêts à chevaucher les grandes plaines sauvages.

Une petite pause de quelques minutes s’imposent pour faire souffler les chevaux, se siffler une bière, et tu reprends ta monture pour un nouvel opus de plus de 16 minutes. Neil travaille son endurance sur cet album. Tout est dans le cœur. La route est longue à travers l’Amérique mais au bout de cette piste sinueuse il y a ce Ramada Inn de 16 minutes et des poussières où tu pourras poser tes fesses, étancher ta soif et savourer cette bière fraîche qui dépoussiérera ton palais.

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Bon, je n’en dis pas plus… Il est temps de changer la galette. Ce psychedelic pill propose un second opus tout aussi palpitant (attention au cœur) avec cette même sauce barbecue qui tartine les ribs grillés lorsque les membres du Crazy Horse entonnent les premiers pas de la danse de la pluie au clair de lune. Mais, je te laisse tranquillement le découvrir pendant que je me lèche babines et doigts, que j’entame ma troisième pinte de bière toujours aussi fraîche. Je retiendrais juste ton attention sur les fabuleuses 16 minutes et des poussières de Walk like a Giant qui n’est pas s’en rappeler aux bons vieux souvenirs d’un Like a hurricane d’antan !

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De quoi rugir de plaisir, si ton cœur le permet encore…

« Psychedelic Pills » [2012] où l’art de boire des pils et des poussières.

10 commentaires
  1. 13 juin 2013 , 19 h 22 min - Chrisdu26 prend la parole ( permalien )

    Je t’ai déjà dit « Le bison » d’arrêter de fouiller dans mes vieux vinyles ;)

    J’aimais beaucoup écouter ça ado pourtant ce n’est pas ma génération…..
    Pour moi « Neil Young » c’est Harvest mais j’aime beaucoup « Driftin’ back » très doux, les deux autres morceaux sont trop rock pour moi :D C’est une question de goût…

    Ca ne te fait pas penser au groupe Kansas ? :D

    « Ce n’est pas ma génération » en fait c’est con ce que je dis…La musique est intemporelle ;)

    Merci pour ce moment de nostalgie :D

    • 13 juin 2013 , 19 h 41 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je t’ai déjà dit « Le bison » d’arrêter de fouiller dans mes vieux vinyles

      Y’a pas que dans tes vieux vinyles que je voudrais fouiller. Oups, tu vas me foudroyer du regard !

      Ca ne te fait pas penser au groupe Kansas ?

      J’y reviendrai peut-être un jour… Mais faut que j’ouvre la case nostalgie de ma mémoire, et c’est pas gagné d’avance.

      Pour moi « Neil Young » c’est Harvest mais j’aime beaucoup « Driftin’ back » très doux,

      Pour tout le monde, génération ou pas, c’est Harvest + des autres.

  2. 13 juin 2013 , 20 h 25 min - phil prend la parole ( permalien )

    ben j’veux bien sifflotter avec toi comme dans le dernier extrait qui me parle plus ! y’a des « cris » de guitare des coups de batteries, de basse hummmmmm
    et aussi siffler 2 3 bieres …
    persifleur ? non !
    alala toujours a ramener son sifflet celui-la !

    • 13 juin 2013 , 22 h 17 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      siffler 23 bières, je sais pas si je pourrais encore… ;)
      Ce n’est plus vraiment de mon âge !

  3. 15 juin 2013 , 23 h 22 min - La bohémienne prend la parole ( permalien )

    Siffler 23 bières et laisser passer 1.. 2 samedi soir, sans live ?

    • 16 juin 2013 , 14 h 10 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Chut, j’ai essayé d’être discret… J’ai cru que cela allait passer inaperçu…

  4. 20 juin 2013 , 13 h 06 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Très bon ce disque. Driftin’ back, par le titre, fait un peu testament. Mais l’ensemble sonne vraiment bien. Quant à Bercy que dire? Que vraiment, voir des silhouettes s’agiter à 80 mètres, c’est pas génial. Je m’y attendais bien sûr. Musicalement à la hauteur avec les vieux chevaux fous. Mais cependant, un bon disque, avec un ou deux amis, un joli bourbon ou quelques bières, c’est rudement bien aussi. Et, finalement, plus en phase avec le propos musical. Parce que la chaleur humaine, dans le hangar du POPB, moyen. Et Los Lobos, que j’étais content de revoir, très bons dans leur tex-mex, mais commençant avant l’heure, un peu désordre tout ça. Rançon de la gloire, inévitable. So long Buffalo.
    P.S. Set acoustique de Neil seul guitare harmonica, réduit à Heart of gold et à Blowin’ in the Wind.

    • 20 juin 2013 , 19 h 01 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Les grands espaces, c’est bien pour chevaucher les grandes plaines ou pour pêcher la truite…
      Pour un concert, même du loner, c’est pas pareil…

      Hey, il me reste un fond de bourbon. Je te le sers l’ami, et j’insère Harvest dans la platine.

  5. 20 juin 2013 , 15 h 23 min - phil prend la parole ( permalien )

    Curieusement, ou fait du hasard j’ai ecoute cet album dans son bel ecrin de 2 CD y a tres peu de temps!
    j’ai ecoute et reecoute plusieurs fois pour m’en impregner et bien oui comme Eeguab il est tres bon ce disque. Et a force de l’ecouter, on trouve une alchimie comme une litanie qui se succede de morceaux en morceaux et on retrouve une certaine coherence.
    Et du coup je sifflotte ces quelques notes regulierement ! Merci Bibi !

    • 20 juin 2013 , 19 h 03 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Quel Hasard de programmation !
      Effectivement, la première écoute est bonne.
      Mais les suivantes sont encore meilleures lorsque la musique te pénètre, petit à petit. Ce disque, il se distille à l’intérieur de toi, goutte à goutte, comme une perfusion d’un vieux bourbon.
      Enfin, ce n’est que l’avis d’un bison des grandes plaines !

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