Les Revenants [Mogwaï]

Par le Bison le 12 avril 2013

Les fenêtres sont fermées, les volets bloqués, la porte verrouillée à triple tour, la cheminée calfeutrée.

Ils reviennent !

Ce soir, cette nuit !

Pleine lune, lune blanche…

Cloisonnés dans ton deux-pièces aux couleurs dépassées, l’odeur de la peur se mélange avec celle de l’humidité et de l’urine.

Tu frémis. Tu te recroquevilles sous l’évier, là où tu caches tes bouteilles de whiskey au milieu de celles d’ammoniaque.

Ils te font peur, ils vont hanter tes nuits.

Ils, toujours ils ?

Tu imagines des zombies pas frais, des sosies de Michael Jackson aux couleurs dépassées, des lutins grignoteurs de cervelles fraîches.

Eux,

Les Revenants.

N’aie plus peur.

Ils n’ont pas les yeux exorbités, ils ne marchent pas en arrière, ils ne portent pas des bonnets verts ridicules avec un grelot.

Non, ce sont juste des écossais en kilt avec rien dessous.

Encore plus effrayant (quoique, il faudrait que je vérifie sous le kilt).

Mogwaï.

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Une série télévisée : des morts reviennent, en chair et en os, un barrage mystérieux, l’ambiance crépusculaire d’une anonyme ville de montagne. En Haute-Savoie, forcément. Il n’y a que dans un endroit aussi perdu que les morts peuvent revivre.

Une musique planante, entre retenue et angoissante. Lente et lourde. Mais aérienne aussi. Elle semble flotter au milieu des fantômes. Elle s’évapore entre les fluides ectoplasmiques et s’étire jusqu’au fond des abysses. Que trouve-ton au fond de ce lac avant la construction de ce barrage ?

La musique ne te donnera pas la réponse, mais ton esprit voguera le long de cette route sinueuse et t’y emmènera.

Tu sens ce brouillard t’envahir ? Tu crois au fog écossais, mais tu gardes une autre image. Celle d’une vallée d’un territoire aussi lointain que la Nouvelle-Zélande qui se niche sous les nuages. La Vallée renommée, obscured by the clouds. Tu ne vois pas trop le rapport, de prime abord. Pourtant, à l’écoute de ce disque, je perçois l’ombre de l’œuvre des Pink Floyd pour le film de Barbet Schroeder.

Les Revenants n’est qu’une musique de film mais au même titre que cette bande psychédélique des années 70, cela donne un album à part entière de leur discographie. Et putain, ça fait un bien fou se sentir son esprit partir au-delà de son imagination.

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Quand tu commences à y croire, que les morts reviennent à la vie, tu t’oublies dans ce monde obscur. Tu as les yeux rivés sur l’écran de contrôle, celui qui te permet de découvrir tous les jeunes talents du renouveau cinématographique. Avec en tête d’affiche, Ana Girardot. Je t’en ai déjà parlé, Amitiés Sincères. Mais la musique n’est pas terminée. Tant que le générique FIN n’apparaitra pas, tu seras encore en vie, les guitares continueront de trancher dans le vif, à scalper l’air, et tu respireras la pureté de ces altitudes o’ combien stratosphériques. Après, tu ne seras qu’un des Revenants parmi d’autres.

7 commentaires
  1. 14 avril 2013 , 9 h 56 min - belette2911 prend la parole ( permalien )

    Pffff, le Bison, tu peux te vanter de m’avoir collé des frissons ! De peur, je précise… Mais cette façon d’écrire ton article en t’adressant à tes lecteurs/lectrices à la deuxième personne du singulier, et bien, j’avoue que ça fou les jetons.

    Non, sous l’évier je ne cache pas mes bouteilles de whisky. Jack Daniel’s est bien en évidence dans la cuisine et j’en ai fichu une bonne rasade dans mes pommes caramélisées car je n’avais plus de calva.

    Je confirme que les Écossais ne portent rien sous leur kilt. Économie de slip oblige et puisque le tout est aéré, ils économisent aussi l’eau de leur douche.

    • 14 avril 2013 , 12 h 21 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      tu peux te vanter de m’avoir collé des frissons ! De peur, je précise…

      C’est déjà ça !

      j’en ai fichu une bonne rasade dans mes pommes caramélisées car je n’avais plus de calva.

      Mmm ! Ça doit être de sacrées pommes !

      Économie de slip oblige et puisque le tout est aéré

      Rien que pour ça, j’aimerai être écossais. Le kilt ! et les distilleries aussi !

  2. 17 avril 2013 , 17 h 10 min - phil prend la parole ( permalien )

    c vrai, il y aurait presque du pink floyd la-dedans

    • 17 avril 2013 , 19 h 59 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Tout à fait.
      Je te le confirme.
      Et y’a même plus.
      Y’a du Lowlands et Highlands,
      y’a du Speyside,
      y’a de l’Islay !

    • 18 avril 2013 , 11 h 03 min - phil prend la parole ( permalien )

      c sur qu’avec tout ca tu bois jusqu’a la lie !

  3. 17 avril 2013 , 19 h 21 min - La bohémienne prend la parole ( permalien )

    Ah bah le voilà ! Le revenant … non mais ton absence parfois c’est intriguant ;)

    Ce billet arrive à me donner une petite frayeur, c’est fort parce qu’en général ces histoires ne m’émeuvent pas plus que ça.
    J’ai honte, même pas encore écouté la musique… tes billets sont trop biens, ils captent l’attention on se fiche du film, livre ou de la musique…. bon enfin presque ;)

    • 17 avril 2013 , 20 h 04 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      parce qu’en général ces histoires ne m’émeuvent pas plus que ça.

      J’te comprends moi même, je ne suis pas ému par mes propres histoires… C’est pour ça que j’continue encore un peu…

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