Sleeps With Angels [Neil Young]

Par le Bison le 27 mars 2013

Le Neil Young du mois !

It’s better to burn out than fade away”. Mieux vaut exploser en vol que s’éteindre à petit feu. Une citation tirée d’une chanson du loner – Hey Hey, My My – de l’album « Rust Never Sleeps ». 1994, une lettre posthume sur laquelle Kurt Cobain griffonne ces mots avant de s’envoler. Dort avec les anges. Nul doute que Kurt valse là-haut avec sa rage et son cœur. Sa mort m’a marqué, mais pour Neil Young, cela semble également être le cas. 1994 sort « Sleeps With Angels », l’un des tous meilleurs Neil Young que je me passe et repasse, justement depuis 1994. Depuis, à chaque écoute, j’ai l’impression d’être un ange parmi les anges. Je vole avec toutes ces âmes flottantes, bercé par les éclairs de guitare de Neil et par la mélancolie d’une profonde tristesse de ses mélodies.

La tristesse, qu’elle soit profonde et introspective, résume bien la teneur de ce chef d’œuvre. Le mot n’est pas galvaudé. Il s’agit bien pour moi d’un album essentiel et indispensable du canadien. Tu mets le disque dans l’autoradio de ta Ford Thunderbird verte poussiéreuse, et tu files droit, le long de la route sous la pluie. Plus rien ne t’arrête sur cette autoroute de l’infinie, pas même le vent, ni l’orage. Tu enlèves même la capote pour sentir les gouttes froides couler dans ton cou, tremper ta chemise et frémir.

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Au sommet, les 14 minutes 40 de Change Your Mind. Émotion à l’état brut. Écoute cette guitare lourde et puissante. Titre déchirant. Mais ce n’est pas le seul. Je peux te les citer tous. En fermant les yeux – je sais c’est dangereux au volant de ma Ford Thunderbird verte poussiéreuse – mais je ne peux faire autrement – je ne ressens que trouble. Ma vision devient flou, la pluie perle sur mon front et rentre dans mes yeux, et cette musique m’embarque au-delà du précipice qui se trouve à ma droite. Un aller direct avec les anges. Pourquoi pas ? Surtout quand l’album finit avec quelques notes d’harmonica d’outre-tombe.

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C’est Beau et c’est Triste. Cela pourrait s’appeler Tristesse et Beauté comme un roman de Kawabata.  C’est beau une ville la nuit, il parait, comme un album mélancolique du loner, la tristesse en plus. L’émotion me caresse sur My Heart, elle m’enveloppe sur Driveby avec ses chœurs chaloupés, elle m’électrise sur Western Hero, elle me transporte sur Change Your Mind, elle me bluesifie (du verbe I got the Blues) sur Blue Eden et sa complainte déchirante, elle me berce sur Safeway Cart et sa voix susurrante, elle me trouble sur Train of Love et son murmure lancinant, elle me fait pleurer sur Trans Am. C’est beau un bison qui pleure la nuit, comme un album triste du loner, la mélancolie en plus.

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Rendez-vous donc le mois prochain pour le nouveau Neil Young du Ranch !

5 commentaires
  1. 28 mars 2013 , 8 h 11 min - Eeguab prend la parole ( permalien )

    Dans mes bras,cher Bison.Voilà qui est parler du rock,ou écrire.Hier justement au volant de ma Ford Thunderbird 307 Peugeot crème poussiéreuse,sur les départementales de Picardie où règne comme chacun sait l’esprit du Loner,j’écoutais NY et CH,le vieux Live at the Filmore,qui date de 40 ans.Ton article sur Sleeps with angels est beau comme un motel de mes 20 ans,comme un disque de Buffalo Springfield,comme la couleur d’une jolie bière quand j’étais amoureux de Martine.Je connais mal ce disque mais il est,à l’évidence,somptueux.
    P.S.Avec Martine ça n’a pas marché.Elle était fille de notaire et n’aimait pas Blood,Sweat and Tears.Incompatible.C’était ma rubrique people.

    • 28 mars 2013 , 9 h 08 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Je suis désolé d’apprendre pour Martine. Mais si ça se trouve elle n’avait pas de gros seins…

      De Picardie à Fillmore, je comprends qu’il te faut toute la discographie du loner plus celle de Blood Sweat and Tears pour les pauses. La route est longue mais quand on a 20 ans, la vie défile aussi vite qu’un accompagnement du Crazy Horse, qu’une jolie bière ou qu’un disque de Buffalo Springfield.

    • 28 mars 2013 , 16 h 12 min - phil prend la parole ( permalien )

      Das ces pattes? tu n’as pas peur toi ! Tu sais qu’il a un air Bukowski sous son cuir doux et tane de Bibison quand meme.
      Pi je trouve qu’a la 40taine la vie défile encore plus vite (ben oui c’est le double!). Sais pas ce que l’on fait du temps mais ca passe !
      En tout cas c’est la journee des decouvertes. Connaissait pas cet album (oui je sais chutttt ! ! ! devais etre avec des anges ou des flamants roses sais pas !). Mais erreur reparee pour le coup !
      Lien avec tristesse et beaute oui super, y’a plus que billet a faire !
      Et tes extraits bien bien meme si un a ma preference …

  2. 30 mars 2013 , 10 h 08 min - manU prend la parole ( permalien )

    « Hier justement au volant de ma Ford Thunderbird 307 Peugeot crème poussiéreuse… »

    J’ai bien rigolé en lisant ça !! ^^

    • 30 mars 2013 , 10 h 17 min - le Bison prend la parole ( permalien )

      Et toi, t’as quelle modèle de Ford Thunderbird ?

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